Qui remplacera Jean Marimbert à la tête de l’Afssaps ?

Paris, le lundi 31 janvier 2011 – Des têtes doivent tomber. La réforme de la pharmacovigilance française, annoncée sur fond de scandale, ne sera pas uniquement l’occasion de revoir le fonctionnement des institutions mais également de propulser à la tête des différentes agences et missions des hommes nouveaux, ces remplacements dans l’urgence ayant sur l’opinion un impact plus certain que les changements structurels. C’est ainsi que le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, ne s’est pas contenté de préciser que la direction de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) serait à l’avenir bicéphale (une première personnalité proche du monde de la médecine serait épaulée par un responsable issu de l’administration) mais a également promis qu’un nouveau patron de cette institution serait nommé avant le 1er février (c'est-à-dire demain !). 

Un poste pas très engageant

L’actuel directeur de l’AFSSAPS, Jean Marimbert, avait, il est vrai lui-même devancé l’annonce du ministre de la Santé en faisant part au début du mois de janvier de la fin de sa mission dans une tribune publiée dans le quotidien Libération qui ne se voulait ni « une lettre de départ ni une lettre de démission » mais qui sonnait cependant comme un adieu. De fait, c’est demain, mardi 1er février que Jean Marimbert quittera la direction de l’AFSSAPS pour retrouver probablement le Conseil d’Etat. Des doutes planent encore sur le nom de son successeur. Selon le Journal du Dimanche, hier, recruter l’homme idéal ne serait pas chose aisée. D’une part, le poste proposé est loin d’être un sinécure : l’AFSSAPS s’apprête non seulement à vivre une profonde restructuration qui pourrait augurer quelques conflits sociaux, mais elle pourrait être aussi l’objet d’enquêtes judiciaires. Par ailleurs, prendre la tête de l’AFSSAPS aujourd’hui suppose d’accepter de devenir la cible de très nombreuses critiques. Lors de son discours prononcé le 20 janvier à l’occasion de l’ouverture des Ateliers nationaux de la qualité, Jean Marimbert a ainsi évoqué le sentiment « d’humiliation » de nombreux « agents de cet établissement public » face « à l’image caricaturale et terriblement injuste qui a été donnée récemment de leur travail collectif ». Outre cette situation peu engageante de l’AFSSAPS mais qui pourrait séduire des hommes de défi, à l’heure où les conflits d’intérêt sont traqués, de nombreuses personnalités auraient dû être écartées.

Un médecin conseil de l’Assurance maladie

Un homme cependant semble aux yeux de Xavier Bertrand capable de surmonter les nombreuses épreuves auxquelles sera encore longtemps confrontée l’AFSSAPS et faire preuve de l’esprit « d’indépendance » érigé aujourd’hui en qualité première : le professeur Hubert Allemand. Le Journal du Dimanche indique ainsi que le poste a été proposé à ce professeur de santé publique à Besançon, médecin conseil du régime général de l’Assurance maladie depuis 1997, dont il a en outre dirigé le service prévention. La réponse de celui dont beaucoup louent l’absence de liens avec l’industrie pharmacie est attendue aujourd’hui.

Complaisance

Cette nomination, si elle est confirmée, devra être soumise au Parlement pour approbation en vertu de la promesse du gouvernement, tandis qu’un adjoint au directeur général, au profil plus administratif, devrait également être désigné dans la foulée. Quel que soit son successeur, Jean Marimbert doit réunir aujourd’hui une dernière fois ses collaborateurs. Sans doute, celui que le Journal du dimanche affirme être très affecté par le scandale actuel, profitera de cette dernière rencontre pour défendre une nouvelle fois le travail de l’AFSSAPS. Lors de l’ouverture des Ateliers nationaux de la qualité, il a ainsi rappelé que le dialogue avec les laboratoires était une nécessité mais non « synonyme de complaisance ».

Aurélie Haroche

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