Accès aux soins : les médias voient-ils tout en noir ?

Paris, le lundi 20 juin 2011 – L’étude portant sur « les distances et temps d’accès aux soins en France métropolitaine » publiée d’abord par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) puis par la Direction de recherche et d’études statiques (DREES) du ministère de la Santé apparaît à bien des égards comme un cas d’école. Publiée il y a déjà quelques semaines, cette enquête n’avait guère défrayé la chronique médiatique, probablement en raison des bonnes nouvelles qui l’émaillaient. Elle faisait en effet apparaître qu’en ces temps où l’on évoque de plus en plus fréquemment un accès de plus en plus difficile aux soins 95 % de la population a accès à des soins de proximité en moins de quinze minutes. « De même, la plupart des médecins spécialistes libéraux et les équipements médicaux les plus courants sont accessibles en moyenne à moins de vingt minutes par la route. Concernant les soins hospitaliers courants, 95 % de la population française peut y accéder en moins de quarante cinq minutes, les trois quarts en moins de 25 minutes ». Dans le détail, on pouvait même se féliciter de quelques évolutions inattendues : depuis 1990 certains spécialistes se sont « rapprochées » de la population : les urologues de façon très nette mais aussi les dermatologues, les pneumologues, les gastro-entérologues, les cardiologues et les rhumatologues ! Par ailleurs, on observait que « les médecins généralistes ne se sont guère éloignés en moyenne » depuis 1990.

Naître en Corse : un destin pas si impérial

Bien sûr, le panorama dressé par les chercheurs de l’IRDES n’est pas qu’enthousiasmant. Les auteurs ont su mettre en exergue certaines disparités territoriales dont notamment l’accès plus difficile aux praticiens de secteur 1 en Ile de France. Et c’est sans surprise sur ces inégalités que les médias s’appesantissent aujourd’hui. Ainsi le Parisien ce 20 juin souligne que « l’accès aux maternités reste difficile dans certaines régions ». De fait si seulement 2 % des Françaises en âge de procréer résident à plus de 45 minutes par la route d’une maternité, cette proportion atteint 7 % en Poitou Charentes, 11 % en Limousin et 31 % en Corse. De même, concernant l’accès à une maternité de niveau 3, c’est dans l’île de Beauté que la situation est la plus critique. Aucune femme n’a accès à une maternité de ce niveau à moins d’une heure et demi de route, alors que c’est la situation qui prévaut pour 94 % des Françaises.

Aurélie Haroche

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