Délivrance gratuite et anonyme de la contraception aux mineures : une pilule difficile à avaler pour le gouvernement

Paris, le mardi 15 novembre 2011 – L’opportunité de permettre aux jeunes filles d’accéder anonymement et gratuitement à la contraception a été l’objet ces derniers mois de nombreux commentaires et propositions. Les régions Ile de France et Poitou Charentes ont d’ailleurs franchi le pas en mettant en place des « pass contraception », tandis que dans un rapport qu’il doit prochainement remettre à Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat à la jeunesse, le professeur Israël Nisand plaide une nouvelle fois en faveur de dispositifs similaires. Prenant en considération ces expériences et points de vue d’experts, le député UMP Bérengère Poletti a déposé hier une proposition de loi organisant la délivrance gratuite de la pilule contraceptive aux mineures. Le dispositif imaginé par celle qui a conduit un rapport sur le sujet reposerait sur la mise en place d’une facturation spécifique. « Tout médecin doit pouvoir prescrire un contraceptif à une adolescente (et un pharmacien la délivrer, ndrl) sans que cela apparaisse sur le relevé de la carte vitale de ses parents » explique Bérengère Poletti, citée par le Monde. Pour justifier son projet, le député fait valoir qu’il « n’est pas logique que l’IVG et la pilule du lendemain soient gratuites et anonymes et pas la pilule ». Elle estime par ailleurs que ce type de système devrait permettre de faire reculer le recours à l’avortement chez les mineures.

Des parents inquiets et des ministres silencieux

Ce raisonnement ne semble pas avoir aujourd’hui convaincu l’ensemble de la majorité, qui paraît considérer que ce qui prévaut pour les situations d’urgence (face auxquelles la pilule du lendemain ou l’avortement sont choisis comme les seuls recours) ne doit pas s’étendre à la vie quotidienne des adolescentes. Le 26 octobre dernier, le secrétaire d’Etat à la Santé, Nora Berra a ainsi clairement affiché son opposition à la proposition de loi de Bérengère Poletti. Elle considère qu’une telle évolution équivaudrait à donner le sentiment que la pilule n’est pas un médicament. « Je ne veux pas laisser penser que c’est une petite pilule sans risque qu’on peut prendre facilement ». Elle s’est également montrée opposée à ce contournement de l’autorité parentale, une position que la fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP) partage sans surprise également. Les autres ministres du gouvernement se montrent plus silencieux sur le sujet et Bérengère Poletti a décidé aujourd’hui de les inciter à prendre position par le biais d’une lettre ouverte.

Léa Crébat

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