Exclusif : les antennes relais protègent des troubles digestifs et des vertiges !

Paris, le mardi 22 novembre 2011 – La phobie des antennes relais ne fait plus nécessairement la une des journaux,  détrônée par le bisphénol A et autres aspartames. Néanmoins, certaines associations demeurent toujours très vigilantes sur ce sujet et ne désespèrent pas de révéler au grand jour les méfaits de ces installations. Ainsi, l’Association santé environnement France (ASEF) qui compte 2 500 professionnels de santé a décidé de lancer une grande enquête auprès des riverains d’antennes relais. Premier site visé : la cité HLM des Pinettes, proche d’Aix en Provence. Là, les riverains de ces immeubles sociaux, côtoient entre 12  et 14 antennes relais. Pour savoir si leur santé en est affectée, les enquêteurs de l’ASEF ont fait du porte à porte et ont recueilli le sentiment de 143 personnes. Cette méthode en elle-même n’est pas sans présenter certains biais : on peut supposer que les habitants acceptant de répondre aux questions d’une organisation indiquant faire une enquête sur l’impact sanitaire des antennes relais seront préférablement ceux considérant que ces installations nuisent à leur santé plutôt que ceux estimant ne pas devoir s’en plaindre.

Ca va mal, n'est-ce pas?

Cependant, le secrétaire général de l’organisation, le chirurgien Patrice Halimi, assure dans la Dépêche du Midi : « Notre démarche n’est pas de décréter d’emblée un lien de cause à effet, mais de donner la parole à ces personnes en listant précisément leurs symptômes et leurs troubles divers ». Cette déclaration suggère que le questionnaire de l’ASEF aura tout mis en œuvre pour éviter des interrogations trop orientées. Pourtant, le résumé des résultats téléchargeable sur le site de l’organisation indique que la première des questions aura été : « Avez-vous l’impression que votre santé est impactée par : l’usage du portable, les antennes relais, l’usage du portable et les antennes, l’usage du portable, les antennes et le wifi, les antennes et le wifi ». On remarquera que l’éventail complet de ce choix de réponses ne prend pas en compte deux possibilités : une santé nullement impactée, une santé impactée par un autre élément. On notera également sans surprise que 72 % des personnes interrogées déclarent que les antennes relais seules influent sur leur santé. Enfin, les éléments pertinents qui permettent aux personnes interrogées d'imputer des troubles au wifi plutôt qu'au portable ou aux antennes ne sont pas précisés.

Les habitants d’HLM pas différents de la « population générale » ?

Second sujet évoqué avec les personnes interrogées : l’énumération des troubles ressentis assortie d’une comparaison avec la « population générale ». Il n'est à cet égard pas précisé de quelle étude les chiffres présentés sont tirés et apparemment il n'y a pas eu de comparaison avec d’autres habitants de HLM non exposés aux ondes d’antennes relais.

Une fois ces réserves (capitales) faites, l'examen des chiffres bruts parait édifiant : on découvre en effet que par rapport à la "population générale", les troubles du sommeil seraient beaucoup plus fréquents chez les répondeurs qui sont soumis aux ondes émises par une antenne relais (55 % vs 32 %). La différence est également nette en ce qui concerne les acouphènes (43 % vs 15 %) et les troubles de la concentration (27 % vs 4 %). Concernant la fatigue, les maux de tête et l’état dépressif, il existe également un "risque" légèrement accru chez les personnes résidant près d’une antenne relais selon l’enquête d’ASEF mais de façon très modérée (61 % vs 59 % par exemple en ce qui concerne la fatigue). A contrario, fait plutôt en faveur de ces antennes relais : les troubles digestifs seraient moins fréquents dans la population sondée par l’ASEF (21 %) que dans la population générale (38 % selon les chiffres donnés par l’organisation). Cet "effet protecteur" (stupéfiant) des antennes relais se retrouve également en ce qui concerne les vertiges : moins de 15 % des riverains d’installations de téléphonie mobile en souffrent contre 22 % des personnes dans la population générale !

Des vacances sans ondes

L’enquête ne dit pas si lorsqu’ils s’éloignent de leur lieu d’habitation, ces riverains d’antennes relais se plaignent plus fréquemment de troubles digestifs et de vertiges. Il est par contre souligné de façon très insistante que 83 % des personnes interrogées voient leur symptôme disparaître quand ils s’éloignent de leur lieu de résidence, notamment pour des vacances (!). L’idée (élémentaire) qui voudrait que pour des personnes vivant dans un HLM, le fait de s’échapper quelques jours, voire semaines de sa condition sociale pourrait favoriser une amélioration du bien être n’est pas évoquée dans le communiqué de l’ASEF. Cette association voit plus certainement dans ses résultats la confirmation de la nécessité de baisser l’émission des antennes relais, tel que cela a déjà été pratiqué dans d’autres pays d’Europe. En attendant, elle poursuit son enquête et projette d’envoyer les résultats au ministère de la Santé lorsqu’elle aura totalisé 1 000 réponses.

Décidemment, comme aurait dit Kant, l'écologie sanitaire  n'est pas encore entrée dans la voie royale de la science.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Double aveugle

    Le 22 novembre 2011

    Mais comment s'assurer qu'ils s'éloignent également des antennes?! La couverture du territoire est assez dense et je connais dans ma campagne des antennes très discrètes.
    De plus je ne connais toujours pas le résultat d'études en double aveugle de la sensibilité aux courants et ondes electromagnétiques qui me semblent bien simples à réaliser.

    Robert Chevalot

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