Le Conseil national du Sida favorable à la prévention médicamenteuse de l'infection à VIH

Paris, le mardi 15 mai 2012 – Un groupe d’experts de la Food and Drug Administration (FDA) a créé la surprise la semaine dernière en se déclarant favorable à l’autorisation de l’utilisation de l’antirétroviral Truvada (Ténofovir + FTC) à titre préventif. Cette prise de position a cependant été l’objet de nombreuses critiques outre-Atlantique. Le risque d’un relâchement de la prévention classique par le préservatif est notamment mis en avant par ceux qui expriment des réticences à l’égard du développement de la prophylaxie pré exposition (PrEP). Ces controverses et inquiétudes ont, on le sait, un large écho en France, comme en témoigne notamment la polémique actuelle autour de l’essai Ipergay destiné à évaluer l’efficacité d’une stratégie de PrEP chez les homosexuels ne vivant pas en couple et ayant des pratiques à risque.

Mieux vaut la PrEP que rien !

Le Conseil national du Sida (CNS) vient de faire entendre sa voix dans ce débat en se déclarant favorable au déploiement de la PrEP. Cette organisation dont les recommandations sont toujours lues avec une grande attention par la communauté médicale et les institutions publiques rappelle en guise de préambule que les études menées à ce jour confirment qu’en « complément de l’usage des moyens classiques de prévention, la PrEP réduit significativement le risque de contamination ». Dès lors, le CNS considère que la PrEP revêt un intérêt « préventif (…) pour les personnes les plus fortement exposées au risque d’acquisition du VIH ». Il évoque notamment le cas des personnes souhaitant « desserrer, de façon assumée, les contraintes de la prévention conventionnelle (…). La PrREP est alors un moyen de réduire le risque, préférable à l’absence de toute protection » écrivent les membres du CNS.

Une stratégie à surveiller

De fait, l’institution ne semble pas estimer que la prévention médicamenteuse représente un risque majeur pour le suivi des mesures classiques de prévention. Le relâchement, en effet, est déjà fortement observé au sein des populations « cibles de la PrEP et obéit à de multiples déterminants ». Fort de cette analyse, le CNS juge que l’utilisation de ce type de traitement préventif (de manière ciblée) ne devrait pas avoir « d’effet contre productif massif sur la prévention » et s’y déclare donc favorable. Il note cependant que « l’offre de PrEP devra s’inscrire dans une approche globale articulant prévention, dépistage et traitement » et estime que « l’impact du nouvel outil devra être évalué à la fois sur le plan médical et sanitaire (…) et sur le plan comportemental et social ».

AH

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