Rome, le samedi 26 mai 2012 – La pénurie de greffon s’observe
tout particulièrement en pédiatrie et notamment en cardiologie. Et
ce d’autant plus, qu’à la différence de ce qui existe pour les
adultes, les dispositifs permettant de maintenir le patient en vie
pendant la période d’attente sont moins nombreux. Un état de fait
qui semble cependant en passe d’évoluer, comme en a témoigné à deux
reprises et avec brio, l’hôpital Bambino Gesu de Rome ces deux
dernières années. En octobre 2010, c’est déjà au sein de ce centre
de référence international dans le domaine des greffes
pédiatriques, qu’était implanté pour la première fois un cœur
artificiel chez un adolescent de 15 ans. Jamais alors une telle
intervention n’avait été réalisée chez un sujet aussi jeune. Déjà à
l’origine de cette première, c’est également l’équipe du professeur
Antonio Amodeo qui a implanté en mars dernier un cœur artificiel
chez un enfant de 16 mois.
Le nourrisson souffrait d’une cardiopathie congénitale
compliquée d’une infection du système d’assistance ventriculaire
qui lui avait été auparavant implanté. Sans greffe, il était
condamné à très court terme. L’utilisation d’un cœur artificiel lui
a permis de pouvoir patienter pendant les treize jours nécessaires
pour qu’un greffon compatible soit disponible. Ce dispositif,
encore à l’état de prototype, a été envoyé des Etats-Unis par les
National Institutes of Health (NIH) après l’accord de la Food and
Drug Administration (FDA) et du ministre de la Santé italien. Il
s’agit d’une pompe en titane de onze grammes, à peine plus grand
qu’un capuchon de stylo, capable de pomper 1,5 litre de sang par
minute. L’intervention pour son implantation a duré huit heures et
a nécessité, on s’en doute, une extrême précision pour anastomoser
les minuscules vaisseaux de l’enfant au cœur artificiel. La
batterie à laquelle était relié le dispositif a pour sa part été
disposée derrière l’oreille gauche.
Aujourd’hui, greffé, l’enfant est dans un état tout à fait
satisfaisant.
L.C.
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