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L'homme de la semaine : Janus

Publié le 16/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Chicago, le samedi 16 juin 2012 – Depuis quelques années, les campagnes de sensibilisation portant sur des sujets de santé publique ne se privent plus d’utiliser de « vraies » images pour présenter aux yeux de tous les effets du tabac, de l’alcool ou encore d’une mauvaise alimentation. Pour le soleil, cette méthode semblait plus difficile à employer. La photographie d’un mélanome n’est que rarement impressionnante  (si ce n’est pour les dermatologues habitués à scruter la peau). Les images de peaux fripées par le soleil ne sont guère plus frappantes : difficiles en effet pour le spectateur d’être conscient que les rides qu’il voit sont le fait d’une exposition trop importante au soleil plutôt que celui du temps.

Mais les dermatologues ont trouvé. L’homme s’appelle William McElligott. Cet ancien livreur de lait de Chicago de 66 ans ne s’attendait sans doute pas à connaître un jour la notoriété. Rien de fait ne l’y disposait. Pendant vingt-huit ans, il a réalisé avec opiniâtreté la même tâche : au volant de son camion, il livrait le lait aux habitants de Chicago, suivant scrupuleusement le même trajet. Pourtant, aujourd’hui, ce quotidien imperturbable lui vaut de voir la photographie de son visage connue dans le monde entier. En effet, la surexposition du côté gauche de son visage par rapport au côté droit a entraîné un vieillissement différencié de sa peau : accéléré à gauche, normal à droite. William McElligott s’en est ému quand ses petits enfants lui ont demandé pour quelles raisons il était affublé de « bosses » d’un côté mais non de l’autre. Sa dermatologue, le docteur Jennifer Gordon de la Norhtwestern University à Chicago a pour sa part trouvé que ce visage asymétrique pouvait servir d’illustration parfaite pour dénoncer les méfaits du soleil. Ainsi l’a-t-elle récemment envoyé au New England Journal of Medicine. Heureusement, William McElligott ne souffre d’aucune autre pathologie liée à ses années passées sous le soleil de Chicago.



A.H.



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