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Suicide assisté en maison de retraite: le canton de Vaud dit oui (mais non à Exit)

Publié le 18/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Lausanne, le lundi 18 juin 2012 – La législation suisse en matière d’euthanasie et de suicide assisté est unique au monde. Si la confédération helvétique interdit l’euthanasie active directe (soit l’administration d’une substance avec intention de provoquer la mort), elle permet non seulement l’euthanasie active indirecte (administration d’une substance qui pourrait avoir pour effet la mort), l’euthanasie passive (interruption des soins contribuant au maintien de la vie), mais aussi le suicide assisté.

Aucune référence à l’institution soignante

L’accès au suicide assisté est organisé par des associations, telles les célèbres Dignitas et Exit. Cette dernière était à l’origine d’une initiative soumise à la votation, visant à élargir le champ d’action des organisations pratiquant le suicide assisté aux établissements accueillant des personnes âgées. Si cette proposition répondait à une attente ayant pu être exprimée par certains responsables de ces structures, le projet d’Exit ne manquait cependant pas de susciter quelques réticences, chez les partisans même du suicide assisté. La réputation sulfureuse de l’organisation altérait en effet le crédit de cette initiative. Des doutes quant au sérieux des responsables d’Exit et de Dignitas en ce qui concerne l’examen des dossiers ou les méthodes de suicide proposées avaient en effet défrayé la chronique il y a quelques années. Par ailleurs, le texte de l’initiative déposé par Exit péchait par sa trop grande simplicité. « Il y avait clairement un risque de banalisation du suicide » a insisté hier, cité par 24 heures.ch, le ministre vaudois de la santé, Pierre-Yves Maillard. Parmi les failles du dispositif suggéré par Exit figurait notamment l’absence totale de référence à l’institution soignante.

Un contre projet pour éviter les dérives

Aussi, pour pallier ces lacunes, un contre projet a-t-il été rédigé par le ministère de la Santé. « Nous ne serions pas venus spontanément avec un tel projet de loi s’il n’y avait pas eu l’initiative » a reconnu hier Pierre-Yves Maillard. Mais le texte du ministère s’imposait pour éviter tout risque de dérives. Ce projet qui a emporté l’adhésion des électeurs vaudois hier à 61,5 % (tandis qu’était rejetée l’initiative d’Exit par 59,1 % des votants) organise donc pour la première fois en Suisse l’accès au suicide assisté aux personnes âgées vivant en institution. Plusieurs conditions encadrent cependant sa mise en œuvre : la vérification par un médecin de la capacité de discernement de la personne et l’obligation d’avoir discuté avec elle de l’existence de soins palliatifs.

Quid des établissements religieux ?

L’adoption de ce texte risque cependant de ne pas faire taire toutes les polémiques nées pendant la campagne. Ainsi, demeure en suspens la question des établissements religieux subventionnés. « Il n’est quand même pas normal que la loi nous oblige à agir à l’inverse de notre conscience » s’est ainsi ému hier Jacques Chollet, président de deux établissements médicaux catholiques. « La loi s’applique partout. En cas de refus, il y aura un avertissement, puis l’application de sanctions » a répondu Pierre-Yves Maillard, qui s’est félicité de voir que désormais en matière de suicide assisté « les responsabilités sont (…) bien établies ». De son côté, beau joueur, bien que son projet ait été rejeté, Jérôme Sobel, président d’Exit suisse romande s’est félicité : « Le recours à l’assistance au suicide n’est plus seulement une liberté. C’est désormais un droit ».



Aurélie Haroche



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