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L’industrie pharmaceutique refuse d’être un dommage collatéral de la crise

Publié le 25/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le lundi 25 juin 2012 – Les secteurs épargnés par la crise économique actuelle sont rares et le marché du médicament ne fait pas exception. De nombreux reportages et articles, y compris dans ces colonnes, ont ainsi déjà évoqué la situation de la Grèce. Le pays a en effet pratiquement cessé d’honorer les factures de l’industrie pharmaceutique : ainsi seules 34 % des sommes dues aux laboratoires pour l’année 2011 ont été payées et moins de 1 % des médicaments livrés au premier semestre 2012. Si ces défauts de paiement très important sont à l’origine de quelques ruptures d’approvisionnement, l’industrie pharmaceutique continue cependant de délivrer les médicaments essentiels. Par ailleurs, elle a adopté il y a un mois, un plan d’urgence organisant la continuité de l’approvisionnement en produits de santé de la Grèce en cas de sortie de la zone euro. Mais l’industrie pharmaceutique ne doit pas uniquement affronter les conséquences de la crise grecque.

Dans plusieurs autres pays, les impayés s’accumulent. Surtout, les diminutions de prix se multiplient dans les états du Sud. Or, cette tendance pourrait bientôt se propager à l’ensemble des états européens. « De nombreux gouvernements en Europe et ailleurs utilisent les prix pratiqués dans le sud de l’Europe pour fixer leurs propres prix » déplore ainsi la Fédération européenne des industries et associations pharmaceutiques (EFIPA) dans une lettre adressée aux dirigeants de l’UE à la veille d’un nouveau sommet européen. Dans cette missive, l’EFIPA exhorte l’Europe à protéger l’industrie pharmaceutique de l’austérité et des conséquences ravageuses de la crise. Les industriels demandent notamment que soient exclus des « paniers servant de référence à la fixation des prix des médicaments » les pays engagés dans un programme de restructuration budgétaire. Ils souhaitent en outre que l’Union interdise temporairement la réexportation de médicaments : certains grossistes « profiteraient » en effet des distorsions de prix existant entre les pays du Sud et les pays du Nord pour revendre des médicaments achetés en Italie ou en Grèce en Allemagne ou les tarifs sont bien plus élevés.



M.P.



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