> Accueil JIM > Pro & Société > Génériques : l’Académie de médecine ne se dédit pas

Partenaires Partenaire





PRO & SOCIETE

Génériques : l’Académie de médecine ne se dédit pas

Publié le 03/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 3 juillet 2012 – La Saint Valentin 2012 ne restera sans doute pas dans le souvenir des médecins et des pharmaciens comme une date marquée par la célébration de leur union. Au contraire, depuis ce jour, s’est cristallisé un conflit entre les représentants des officinaux et ceux des médecins autour de la question des médicaments génériques. L’Académie de médecine a en effet publié le 14 février dernier un rapport contrasté sur ces produits. Pas question d’en discuter de manière générale l’efficacité ou la pertinence économique, mais les Académiciens se sont attelés à une réflexion nuancée sur les précautions à observer. Les sages de l’Académie conduits par Charles Joël Menkès rappelaient ainsi la nécessité d’observer à l’égard des génériques la même vigilance que pour les produits princeps concernant leur efficacité, leurs effets secondaires et leur méthode de fabrication. Ils relevaient par ailleurs que « la bioéquivalence entre produit référent et générique ne signifie pas qu’il y a automatiquement une équivalence thérapeutique, en particulier lors de la substitution d’un générique par un autre ». Enfin, forte de ces différentes mises en garde, elle insistait sur l’importance de préserver la liberté de prescription des praticiens et notamment leur droit d’utiliser, à chaque fois que cela leur semblait nécessaire, la mention « non substituable ».

L’intérêt économique ne doit pas primer sur celui du patient

Dans un contexte marqué par un léger recul du taux de substitution des princeps par les médicaments génériques équivalents, ce rapport a été lu comme une déclaration sans nuance de défiance. Il a rapidement été accusé de favoriser les réactions anti génériques tant chez les médecins que chez les patients. Une responsabilité que refuse d’endosser l’Académie de médecine qui souligne dans un communiqué récemment publié : « Ce rapport n’a jamais eu pour objectif de freiner le développement des génériques en France ». Cependant, les sages confirment leur position et la légitimité de leur appel à la vigilance. Pour eux en effet, l’impératif économique ne saurait « l’emporter sur l’intérêt du patient ». Aussi réitèrent-ils leurs mises en garde qui concernent notamment les médicaments à marge thérapeutique étroite « dès lors qu’une faible variation de biodisponibilité ou de composition peut entraîner une différence d’activité » expliquent-ils. Enfin, ils réitèrent leur défense de l’utilisation libre de la mention « NS ». De quoi raviver une nouvelle fois les réticences et les critiques des pharmaciens.



Léa Crébat


Vous pouvez lire sur un thème proche :


IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE