Paris, le mardi 3 juillet 2012 – La Saint Valentin 2012 ne
restera sans doute pas dans le souvenir des médecins et des
pharmaciens comme une date marquée par la célébration de leur
union. Au contraire, depuis ce jour, s’est cristallisé un conflit
entre les représentants des officinaux et ceux des médecins autour
de la question des médicaments génériques. L’Académie de médecine a
en effet publié le 14 février dernier un rapport contrasté sur ces
produits. Pas question d’en discuter de manière générale
l’efficacité ou la pertinence économique, mais les Académiciens se
sont attelés à une réflexion nuancée sur les précautions à
observer. Les sages de l’Académie conduits par Charles Joël Menkès
rappelaient ainsi la nécessité d’observer à l’égard des génériques
la même vigilance que pour les produits princeps concernant leur
efficacité, leurs effets secondaires et leur méthode de
fabrication. Ils relevaient par ailleurs que « la
bioéquivalence entre produit référent et générique ne signifie pas
qu’il y a automatiquement une équivalence thérapeutique, en
particulier lors de la substitution d’un générique par un
autre ». Enfin, forte de ces différentes mises en garde, elle
insistait sur l’importance de préserver la liberté de prescription
des praticiens et notamment leur droit d’utiliser, à chaque fois
que cela leur semblait nécessaire, la mention « non substituable
».
L’intérêt économique ne doit pas primer sur celui du
patient
Dans un contexte marqué par un léger recul du taux de
substitution des princeps par les médicaments génériques
équivalents, ce rapport a été lu comme une déclaration sans nuance
de défiance. Il a rapidement été accusé de favoriser les réactions
anti génériques tant chez les médecins que chez les patients. Une
responsabilité que refuse d’endosser l’Académie de médecine qui
souligne dans un communiqué récemment publié : « Ce rapport n’a
jamais eu pour objectif de freiner le développement des génériques
en France ». Cependant, les sages confirment leur position et
la légitimité de leur appel à la vigilance. Pour eux en effet,
l’impératif économique ne saurait « l’emporter sur l’intérêt du
patient ». Aussi réitèrent-ils leurs mises en garde qui
concernent notamment les médicaments à marge thérapeutique étroite
« dès lors qu’une faible variation de biodisponibilité ou de
composition peut entraîner une différence d’activité »
expliquent-ils. Enfin, ils réitèrent leur défense de l’utilisation
libre de la mention « NS ». De quoi raviver une nouvelle fois les
réticences et les critiques des pharmaciens.
Léa Crébat
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