Paris, le samedi 7 juillet 2012 – On ne parle pas seulement de
ses maux lorsqu’on franchit la porte d’un cabinet médical. Ou
plutôt si : on parle de tous ses maux, y compris ceux qui, a
priori, n’intéressent que peu la médecine. Il n’est pas rare en
effet que l’antre du praticien devienne un refuge où l’on peut
confier ses tristesses, ses appréhensions et ses regrets. On conte
également les menus faits du quotidien : l’habitude que l’on a
prise de ranger de telle manière ses chaussures, la pharmacie que
l’on préfère fréquenter, les vêtements que l’on évite. On hésite
pas même à aborder les sujets tabous : l’argent que l’on gagne et
celui que l’on dépense. Tous ces menus secrets échangés semblent
tisser une intimité, trahir l’essence d’une vie. Et un jour au
détour d’une phrase, le médecin comprend que cette apparente
logorrhée, cette fausse impudeur, ces révélations qui semblaient
légions ne disaient pas tout – et voire ne disaient rien. Rien d’un
événement majeur, profond et bouleversant. Avec son sens inné de la
chute, son humour toujours en embuscade et son rythme soutenu,
l’auteur du blog « Juste après dresseuse d’ours » que nous
avions déjà évoqué dans ses colonnes raconte ces jours où l’on
découvre que l’on ne connaît jamais vraiment ses patients. Et comme
l’écrit J. Jaddo : « Est-ce que ça a la moindre importance
? ».
http://www.jaddo.fr/2012/07/02/dark-passenger/
A.H.
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