> Accueil JIM > Pro & Société > Je suis interdite en Suède depuis 1979, je fus le délice de Rousseau et je serais un facteur de risque de pathologies mentales : qui suis-je ?

Partenaires Partenaire





PRO & SOCIETE

Je suis interdite en Suède depuis 1979, je fus le délice de Rousseau et je serais un facteur de risque de pathologies mentales : qui suis-je ?

Publié le 07/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le samedi 7 juillet 2012 – « J’avais avec une petite mademoiselle Goton des tête à tête assez courts, mais assez vifs, dans lesquels elle daignant faire la maîtresse d’école ». Qu’évoque par cette formulation elliptique celui dont on a récemment fêté le tricentenaire de la naissance ? La fessée, sans aucun doute. Jean-Jacques Rousseau n’hésita pas en effet à en vanter les délices dans ses Confessions, en avouant l’émoi érotique qu’avait provoqué chez lui, enfant, cette correction infligée par Mademoiselle Lemercier. Une façon d’appréhender la chose qui fit dire plusieurs siècles plus tard à Jean Cocteau : « Le derrière de Rousseau est-il le soleil de Freud qui se lève ? J’y verrais plutôt le clair de lune romantique ».

Un risque accru de souffrir de désordres mentaux

Pas sûr que les adultes interrogés par une équipe de chercheurs canadiens au sujet des châtiments corporels dont ils ont été l’objet enfants partagent cette vision « romantique ». Selon ces praticiens de l’Université de Manitoba, dont les résultats publiés par la revue Pediatrics, ont été très commentés cette semaine, les personnes ayant reçu des fessées durant leur enfance (à l’exclusion de ceux ayant subi des sévices sévères) auraient en effet entre 2 à 7 % de risques en plus de souffrir de certaines pathologies mentales par rapport à ceux ayant vécu leurs premières années sans recevoir de telles punitions. Si évidemment, ces résultats sont très difficiles à interpréter, ils n’ont pas manqué de rouvrir l’éternel débat sur le rôle ou la dangerosité de la fessée dans l’éducation.

La fessée interdite en Espagne, en Nouvelle Zélande et aux Pays Bas

Cette question avait ainsi alimenté les colonnes du JIM à la faveur en 2010 de la publication des résultats d’une étude également publiée dans la revue Pediatrics par Taylor et coll. faisant apparaître que les enfants plus souvent soumis à ce type de correction se révélaient plus agressifs que ceux qui en avaient été épargnés. Dans le sillage de cet article, nous avions interrogé nos lecteurs sur leur position quant à une interdiction légale de cette correction. Leur réponse avait été sans appel : 88 % des professionnels de santé se déclaraient opposés à une telle idée ! Pourtant, cette dernière a germé dans de nombreux pays de la Finlande au Costa Rica en passant par l’Espagne, les Pays Bas et la Nouvelle Zélande. Sans parler de la Suède, pionnière en la matière qui a interdit la fessée en 1979. N’en déplaise à Rousseau.

 

http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2012/06/27/peds.2011-2947.full.pdf+html



Léa Crébat



IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE