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L’innovation médicamenteuse est-elle vraiment « en panne » ?

Publié le 09/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le lundi 9 juillet 2012 – Si elle n’a pas été aussi frontalement touchée par les conséquences de ce que l’on appelle « la crise du Mediator » que l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (devenue sous l’effet de ces turbulences l’Agence national de sécurité du médicament, ANSM), la Haute autorité de Santé (HAS) n’a cependant pas pu faire l’économie l’année dernière d’une certaine refonte de ses modes de fonctionnement. La suspicion généralisée de « conflits d’intérêts » ne l’a notamment pas épargnée : l’exemple le plus marquant ayant été l’annulation par le Conseil d’Etat de ses recommandations concernant le diabète de type 2 suivie du retrait avant même la décision des juges de celles contre la maladie d’Alzheimer. Les responsables de la HAS ne nient d’ailleurs pas le caractère particulier de cette année 2011 pour l’ensemble des institutions sanitaires. Le communiqué de presse qui accompagnait vendredi la publication du rapport annuel de la HAS soulignait ainsi qu’elle avait été « marquée par un contexte particulier du fait de la « crise du Mediator » et de la crise de l’économie et des finances publiques dont chacune a eu des conséquences sur les activités de la HAS ». Cependant, les dirigeants de la haute autorité semblent considérer qu’elle sort grandie de cette période troublée : « L’institution a (…) vu ses missions confirmées et mêmes étendues renforçant son rôle d’acteur de la régulation par la qualité ».

C’est ce que souhaite notamment mettre en avant le rapport d’activité qui vient d’être publié et qui passe en revue l’ensemble des missions de la HAS réparties en deux champs : « l’évaluation médicale des produits et prestations de santé d’une part et l’amélioration de la qualité des soins et de la sécurité des patients, d’autre part ».

Amélioration importante du service médical rendu : vide sidéral ou sévérité croissante ?

La façon dont la HAS a exercée cette année son rôle d’évaluation des médicaments retient tout particulièrement l’attention. En 2011, la Commission de transparence de la HAS a ainsi rendu près de 1 000 avis en la matière. Le service médical rendu de 240 produits nouvellement inscrits a notamment été analysé. Il apparaît que pour la grande majorité d’entre eux (191), il a été jugé « important ». Cependant, ces premiers résultats encourageants ne préjugent en rien de « l’amélioration » rendue par rapport aux produits déjà disponibles. En l’espèce, le rapport paraît totalement inversé : puisque pour 197 produits, l’Amélioration de service médical rendu (ASMR) a été considérée comme « insuffisante » et faible pour 14 médicaments. Seul un médicament, l’anti hémorragique Riastap (fibrinogène humain du groupe CSL) a été jugé comme offrant une ASMR importante. Une même répartition se retrouve concernant les dispositifs médicaux. Sur les 99 dispositifs examinés qui faisaient l’objet d’une première inscription, l’amélioration du service attendu a été considérée comme « insuffisante » pour 56 d’entre eux et aucun n’a été considéré comme un plus thérapeutique « important ». Sans doute ces résultats témoignent-ils d’une « panne » de l’innovation, mais peut-être plus encore d’une sévérité accrue des instances de contrôle, destinée à témoigner du changement opéré.

91 % des établissements visités certifiés… mais pas toujours sans réserve

Autre tâche phare de la HAS : la certification des établissements de santé qui se poursuit depuis 2010. Quelque 927 hôpitaux ont été depuis lors visités (dont 739 pour la seule année 2011), dont 652 ont désormais achevé la phase initiale de certification. La proportion de centres déjà inspectés certifiés est très élevée puisqu’elle atteint 91 %. Cependant, des recommandations et réserves ont été émises dans une majorité de cas (75 %) et trois établissements se sont vus refuser cette fameuse certification. Parallèlement, se poursuit la mise en place de l’évaluation des pratiques professionnelles. L’année 2011 a ainsi vu agréer dix-huit organismes habilités à « accréditer » les praticiens.

Au menu pour l’année à venir : télémédecine, parcours de soins et chirurgie ambulatoire

Enfin, concernant l’élaboration des recommandations de bonnes pratiques, autre axe majeur de l’activité de la HAS, on retiendra que dix recommandations ont été publiées cette année, deux auditions publiques ont été menées (concernant la dangerosité psychiatrique et le syndrome du bébé secoué) et douze protocoles nationaux de diagnostic et de soins (PNDS) ont été présentés. Pour l’année 2012 (déjà bien entamée), la HAS « a défini plusieurs priorités (…) la pertinence des actes, la chirurgie ambulatoire et la télémédecine ». La notion de « parcours de soins » a en outre été mise au centre de la réactualisation des différents « guides médecins » publiés au cours des sept dernières années par l’institution.



Aurélie Haroche



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