Paris, le lundi 16 juillet 2012 – Rendez-vous incontournable
pour l’ensemble des spécialistes du Sida et les militants du monde
entier, la 19ème Conférence internationale bisannuelle sur le Sida
se tiendra du 22 au 27 juillet à Washington. Cette manifestation
est résolument placée sous le signe de l’optimisme, comme en
témoigne un des thèmes qui sera à l’honneur : « Renverser la
tendance de la pandémie pour parvenir à une génération libérée du
Sida ». Cet objectif n’apparaît désormais plus comme une
utopie, mais bien comme un objectif réalisable grâce aux moyens
actuels.
Toutes les cartes en main
« Nous disposons de traitements efficaces permettant aux
sujets infectés, qui doivent les prendre indéfiniment, de rester
relativement en bonne santé », rappelle en guise de préalable
le docteur Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des
allergies et des maladies infectieuses (NIAID) aux Etats-Unis et
qui cette année encore devrait tenir un rôle de premier plan lors
de la conférence. Pour Anthony Fauci, ces antirétroviraux sont la
clé de ce « monde sans sida » auquel il est désormais
possible de croire. Plusieurs essais, dont deux souvent cités et
qui viennent d’être publiés dans le New England Journal of
Medecine, ont en effet montré comment chez des couples
sérodifférents la prise d’antirétroviraux par les partenaires
séronégatifs leur offrait une protection importante face au virus
du Sida. Par ailleurs, on le sait, d’autres études l’ont démontré,
la transmission du virus est fortement freinée grâce à l’action des
antirétroviraux. Ainsi, la conjonction d’une utilisation
prophylactique des traitements et d’une augmentation du nombre de
malades traités (comme c’est le cas désormais en Afrique) doit
contribuer à la diminution du nombre de nouvelles infections. Déjà,
au cours des dix dernières années, le taux d’infections annuel a
baissé de 1,5 % par an. Si ce rythme est trop lent pour permettre
d’envisager l’émergence d’une génération non menacée par le Sida à
une échéance raisonnable, il est certain que les moyens dont nous
disposons aujourd’hui sont parfaitement suffisants pour accélérer
ce processus. Tel est le point de vue d’Anthony Fauci dont les
déclarations ont été reprises dans le monde entier : « Nous
commençons à réaliser qu’il est possible de réellement agir sur
l’infection et de changer la trajectoire de la pandémie »
a-t-il ainsi déclaré. Le spécialiste est d’autant plus confiant
qu’il n’est guère inquiet des phénomènes de résistance qui
pourraient altérer l’efficacité des antirétroviraux. « Je
n’aime pas dire cela, car on va penser que je prends ce problème à
la légère, mais franchement ce n’est vraiment pas un problème
sérieux » a-t-il commenté.
Vaccin : un long chemin encore à parcourir qui n’aboutira
peut-être pas
Cependant, s’il paraît donc parfaitement réaliste d’envisager
une maitrise de l’épidémie, l’objectif dessiné dès les premières
conférences internationales de « guérir » le Sida demeure lui plus
difficile à atteindre. Certes, de récents progrès dans la recherche
d’un vaccin, enregistrés en Thaïlande, sont considérés comme
encourageants. Néanmoins, l’ensemble des experts et Anthony Fauci
lui-même s’accordent pour convenir « qu’il y a encore un long
chemin à parcourir » avant de disposer d’un vaccin efficace et
fiable. D’une manière générale, Anthony Fauci considère que l’on «
ne sait pas encore si nous pourrons parvenir » à guérir
cette maladie. Il semble donc nécessaire de tout mettre en œuvre
pour contourner cet obstacle en épuisant l’épidémie. Pour parvenir
à cette fin, le nerf de la guerre reste l’argent. Anthony Fauci
constate à cet égard que « les financements octroyés pour la
lutte contre le Sida continuent d’être restreints ». Si « la
recherche se porte bien », constate-t-il, « pour mettre en
œuvre des programmes de prévention, de traitements et de soins,
nous devons nous assurer que nous donnons la priorité aux plus
importants ».
Aurélie Haroche
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