Acinetobacter baumanii résistant à l’imipénème : tous aux ABRI(s)

Paris, le mardi 24 juillet 2012 – La surveillance des infections nosocomiales, très largement renforcée ces dernières années, repose notamment sur un recensement très précis des bactéries en cause et de leurs éventuelles résistances aux antibiotiques. En la matière, Staphylococcus aureus occupe régulièrement la première place. L’évolution de certaines bactéries doit cependant également appeler à la vigilance : tel est notamment le cas d’Acinetobacter baumanii (AB) et notamment de la souche résistante à l’imipénème (ABRI).

11,1 % des signalements d’infections nosocomiales concernent désormais ABRI

A priori, AB n’est pas une préoccupation majeure pour les services hospitaliers : en 2006, la bactérie n’était à l’origine que de 0,8 % des microorganismes isolés responsables d’infections nosocomiales, soit une prévalence de 0,04 infections à AB pour 100 patients rappelle une étude de l’équipe de Sophie Vaux de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) publiée aujourd’hui dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Cependant, la menace tend à devenir de plus en plus importante, notamment celle lié à ABRI. Les résultats de Sophie Vaux révèlent en effet qu’entre 2001 et 2011 la part des signalements d’infections nosocomiales (SIN) concernant ABRI n’a cessé de progresser, passant de 2 à 3 % entre 2003 et 2008, à 3,2 % en 2009 et jusqu’à 11,1 % pour les cinq premiers mois de 2011. Par ailleurs, en 2006 « les ABRI représentaient 12 % des souches d’AB isolées d’infections nosocomiales ».

28 % des infections nosocomiales chez les grands brûlés sont liées à ABRI

Tous les services et tous les centres hospitaliers ne sont pas pareillement confrontés à cette émergence d’ABRI. Si 40 % des CHU et 40 % des hôpitaux d’instruction des armées ayant procédé à une déclaration d’infections nosocomiales ont rapporté au moins une fois la présence d' ABRI entre 2001 et 2011, ce n’est le cas que de 11 % des centres hospitaliers. Cette différence s’explique par le fait que les services les plus fréquemment concernés sont ceux de réanimation (dans 56 % des cas) mais aussi les services de grands brûlés. Ainsi, 28 % de toutes les infections nosocomiales détectées dans ces unités ont été des ABRI au cours de la période étudiée.

Une forte létalité

Enfin, la dangerosité d’ABRI apparaît très clairement à la lueur des chiffres présentés par l’étude. En effet, sur les 315 infections nosocomiales rapportées pour lesquelles ABRI était le seul microorganisme impliqué, 160 décès ont été déplorés. Dans une majorité de cas, les infections les plus fréquemment rapportées provoquées par la bactérie étaient des infections respiratoires (37 %). Ces résultats doivent inciter à un renforcement de la vigilance spécifiquement consacrée à ABRI. Une action au niveau européen, où le phénomène est également rapporté, est à cet égard souhaitée.

Aurélie Haroche

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