Paris, le jeudi 26 juillet 2012 – Dans une pièce de théâtre
classique, les premières scènes offrent de découvrir les
personnages et leurs interactions. Elles permettent aux spectateurs
de déterminer qui jouera le rôle du héros, qui empoignera la
mission de héraut et qui au contraire aura pour destin tragique de
trahir. Si la tradition classique la plus pure est respectée, il
est rare que des « surprises » s’observent dans ces scènes
d’ouverture. Pour le spectacle joué cet été à Paris, à savoir la
négociation autour de l’encadrement des honoraires des praticiens
de secteur 2, il en est de même. Le premier acte donné hier n’a
offert aucune péripétie, aucun rebondissement, aucun coup de
théâtre. Du côté de l’Assurance maladie, le directeur, Frédéric Van
Roekeghem, a ainsi enchaîné les répliques de bon aloi. « Je n'ai
pas senti de blocage pour tenter d'avancer dans un cadre négocié »
a-t-il affirmé aux spectateurs journalistes. Mais dans les
coulisses, le ton était un peu moins enjoué. Il a en effet admis
aux représentants des syndicats qu’il ne disposait que d’une très
faible marge de manœuvre pour offrir les revalorisations du secteur
1 souhaitées par les organisations, dont il reconnaît lui-même
qu’elles seraient légitimes.
Oh rage, oh désespoir !
Les représentants des syndicats avaient eu aussi parfaitement
appris leur texte : aucun n’a changé une ligne de son discours
habituel. Le syndicat des médecins libéraux (SML) a promis qu’il
défendrait corps et âme le secteur 2, MG France et la Fédération
des médecins de France (FMF) ont juré que leur cause serait
toujours celle de la hausse des tarifs de secteur 1 et la
Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a commenté
sagement sur la difficulté de ces négociations.
Car si cette première journée n’aura été l’occasion que de
discuter de la méthode et du calendrier, elle a révélé en filigrane
que lors du prochain lever de rideau, les conflits pourraient être
nombreux. « Nous ne signerons pas un accord coûte que coûte. S’il
faut en passer par la loi, ce sera alors aux politiques de prendre
leurs responsabilités. Je veux simplement qu’ils sachent que s’ils
souhaitent encadrer le secteur 2 de façon arbitraire, ce sera la
mort de la médecine libérale » a en effet déjà déclaré le président
du SML Christian Jeanbrun. De son côté, Jean-Paul Hamon, à la tête
de la FMF pestait déjà contre les « promesses éternelles » jamais
réalisées. Bref, il est probable qu’à partir du 5 septembre, date
fixée de la prochaine rencontre, la tragédie des négociations se
déploie totalement. Des coups de théâtre pourraient également être
préparés fomentés par des personnages demeurés muets hier : les
représentants des étudiants et des jeunes médecins.
Aurélie Haroche
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