> Accueil JIM > Pro & Société > La limitation de la prise en charge des frais de transport aux patients en ALD non autonomes validée par le Conseil d'Etat

Partenaires Partenaire





PRO & SOCIETE

La limitation de la prise en charge des frais de transport aux patients en ALD non autonomes validée par le Conseil d'Etat

Publié le 03/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris le vendredi 3 août 2012. Le Conseil d'Etat a finalement validé le décret n°2011-258 du 10 mars 2011 qui limite, depuis le 1er avril 2011, la prise en charge des frais de transport aux patients en ALD non autonomes. Ce décret a été adopté dans le cadre des mesures d'économies annoncées par le gouvernement Fillon en septembre 2010, accompagnant la mise en oeuvre de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2011. Les pouvoirs publics estimaient pouvoir faire ainsi 20 millions d'euros d'économies sur les dépenses de transports injustifiées de certains patients en ALD. La décision du Conseil d'Etat validant ce décret a été publiée dans un arrêt rendu vendredi, mentionné au recueil Lebon.

Plusieurs associations de patients avaient déposé des requêtes pour demander l'annulation du décret : l'Association des malades des syndromes de Lyell et de Stevens-Johnson (Amalyste), l'Association des accidentés de la vie (Fnath), le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) et la Fédération nationale d'aide aux insuffisants rénaux (Fnair).

« Au-delà des irrégularités de procédures ou de compétences relevées contre ce décret, nous soulevons qu’il constitue un obstacle supplémentaire à la garantie constitutionnelle d’accès aux soins, car il exclut du remboursement des frais de transport ceux qui se déplacent avec leurs propres véhicules ou par les transports en commun » estimaient ces organismes. « Or, dans un contexte d’augmentation des restes à charge et de difficultés d’accès à une complémentaire santé, le Conseil d’Etat accepte de contrôler le respect des exigences de solidarité nationale figurant dans la Constitution, notamment à l’égard des personnes les plus vulnérables et les plus défavorisées » ajoutaient les associations dans un communiqué commun. 

Le Conseil d'Etat estime que le décret fixe des conditions et des limites pour le droit à remboursement des frais de transport par l'assurance maladie conformes au code de la sécurité sociale. Contrairement à ce que supposaient les requérants, il indique qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation au pouvoir réglementaire de consulter au préalable la Haute autorité de santé (HAS).

Si le Conseil d’Etat reconnaît que le décret instaure une différence de traitement en réservant, pour les assurés en ALD, le remboursement systématique des frais de transport à ceux seulement qui présentent les déficiences ou incapacités justifiant le recours à des modes de transport particuliers. Toutefois, il estime que cette différence de traitement « ne crée pas d'effet de seuil excessif » et « n'apparaît pas manifestement disproportionnée au regard de la différence de situation qui la justifie », eu égard à l'ensemble des autres cas de prise en charge (frais liés aux hospitalisations, aux trajets de plus de 150 kilomètres ou aux transports en série) dont continuent de bénéficier les patients qui relevaient des dispositions abrogées par le décret.

Le Conseil d'Etat rejette également l'argument de méconnaissance du principe de sécurité juridique jugeant que les nouvelles règles n’ont pas entraîné une « atteinte excessive aux intérêts des malades concernés ou à des situations contractuelles légalement formées ». Il estime que l'argument de méconnaissance du principe d'égalité n’est pas plus valable, étant donné que le pouvoir réglementaire n’est pas tenu de traiter différemment des personnes se trouvant dans une situation différente.



Amandine Ceccaldi



IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE