Londres, le vendredi 10 août 2012 – L’été est propice aux
empoisonnements. Les vacances amoindrissent en effet la vigilance
et les accidents peuvent se multiplier chez les plus jeunes comme
chez les adultes. Par ailleurs, le beau temps invite souvent aux
promenades au cours desquelles il est possible de rencontrer
quelques compagnons de route plutôt venimeux. Les établissements de
santé doivent pouvoir parer à l’ensemble des situations
d’empoisonnement, grâce notamment à des stocks d’antidotes bien
adaptés et bien approvisionnés. Or, il semble que certaines
structures fassent défaut. C’est ce que suggère une étude menée en
Grande-Bretagne (mais qui sans doute pourrait s’appliquer dans
d’autres pays occidentaux dont la France).
Morsure de vipère : moins de la moitié des établissements
peuvent fournir un sérum en moins d’une heure
Un questionnaire envoyé à 196 pharmaciens hospitaliers par le
Researchers at the National Poisons Information Service, basé à
Newcastle (Angleterre), dont les réponses viennent d’être
présentées dans l’Emergency Medicine Jounral, révèle en effet que
si 90 % des hôpitaux disposent des antidotes les plus fréquemment
utilisés, la donne est moins encourageante en ce qui concerne les
produits dont l’usage est plus rare. On relèvera par exemple que
neuf établissements sur les 196 interrogés ne disposent d’aucun
produit permettant de traiter les patients empoisonnés au cyanure.
Par ailleurs, 15 % des structures ne détiennent pas dans leurs
stocks le traitement le plus fréquemment utilisé en la matière.
Plusieurs établissements, en outre, n’ont pas un accès simple aux
médicaments devant être administrés en moins d’une heure. Ainsi, un
peu moins de la moitié des hôpitaux interrogés affirmaient pouvoir
obtenir en moins d’une heure un sérum anti morsure de vipère.
Concernant les empoisonnements liés aux pesticides organophosphorés
dont les antidotes devraient être présents dans 95 hôpitaux en
Angleterre, seuls 33 % des établissements signalaient être en
possession des produits. Autant de manquements aux recommandations
en vigueur qui pourraient sans doute être retrouvés si une enquête
similaire était réalisée en France.
Léa Crébat
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