Ces derniers jours, plusieurs cas de foudroiement ont été
rapportés dans la presse : dimanche, deux femmes ont été touchées
par un éclair sur la plage de la Gautrelle située sur l'île
d'Oléron. L'une d’elles, victime d’un arrêt cardiaque, a été
transportée en hélicoptère vers le centre hospitalier de La
Roche-sur-Yon. Elle est aujourd’hui hors de danger. Hier, cinq
adultes et enfants ont été foudroyés alors qu'ils faisaient de
l’accrobranche dans un parc d'attraction des Hautes-Pyrénées. Si le
pronostic vital des blessés n'est pas engagé, trois d'entre eux
sont « susceptibles de blessures profondes » et ont donc été
placées en service de réanimation.
En France, on recense plus d'une centaine de foudroyés chaque
année, dont une trentaine succombe à ses blessures. La plupart des
victimes sont des sujets jeunes, de sexe masculin. Les accidents
surviennent majoritairement au cours des mois de juillet et d’août,
qui sont à la fois les plus orageux de l'année et ceux qui
coïncident avec la période la plus propice aux activités de plein
air. Si la grande majorité des victimes de la foudre survivent,
elles présentent très fréquemment des séquelles. Le Dr Elisabeth
Gourbière, médecin spécialiste de la foudre, rappelle sur le site
de l'association Protection Foudre que « les foudroiements sont
globalement graves: 10 % des victimes décèdent, plus de 70 % des
survivants ont des séquelles permanentes et invalidantes ».
Lors du coup de foudre, la plus grande partie du courant
(environ 300 000 volts) contourne la victime. Mais l’énergie qui
traverse le corps est parfois suffisante pour provoquer des
perturbations cardiovasculaires et neurologiques graves, voire
mortelles. Les séquelles sont très diverses (troubles cardiaques,
troubles visuels ou auditifs, lésion des organes internes, perte de
mémoire, choc psychologique) et peuvent se développer lentement,
d’où la nécessité de suivre médicalement les victimes.
Utiliser son portable
L'association Protection Foudre rappelle que des gestes simples
permettent de minimiser le danger par temps orageux. Il est ainsi
recommandé aux personnes circulant en groupe
de s'écarter d'au moins trois mètres les unes des autres car le
foudroiement peut se propager d'un individu à l'autre par un
phénomène d' « éclair latéral ». Plus une victime est proche
du point d'impact de la foudre et plus l'écart entre ses deux pieds
est important, plus le potentiel du courant est élevé. C’est la
raison pour laquelle on recommande de ne pas marcher
à grandes enjambées ni de se tenir debout les jambes écartées. Tout
objet dépassant la tête peut transmettre la foudre s’il est
conducteur d'électricité. Les objets métalliques comme le parapluie
doivent donc être déposés au sol, à au moins 3 mètres de distance.
Le téléphone portable peut, lui, être utilisé car son volume est
trop petit pour attirer la foudre, une information cruciale à
retenir puisque son usage est recommandé pour appeler au plus vite
les secours.
Un risque multiplié par 50 en forêt
Par temps orageux, il faut éviter de sortir et de pratiquer des
activités de plein air, notamment près d'un point d'eau. Si
on se trouve en forêt quand l’orage éclate, le risque d'être
foudroyé est multiplié par cinquante. Il faut donc s’éloigner le
plus vite possible des arbres en se réfugiant si possible dans un
abri comme une grotte ou une construction en pierre. L’idéal est de
s’y tenir accroupi en prenant soin de ne pas toucher les murs et le
plafond. Les cabines téléphoniques sont des lieux à proscrire en
cas d’éclair. À l’inverse, les voitures à l’arrêt, bien que
métalliques, constituent de bons refuges si elles ne sont pas
décapotables et ne possèdent pas de toits en plastique. Elles
forment alors une cage de Faraday, enceinte métallique close
isolant une portion d'espace des champs électriques. A défaut
d'abri, l'association Protection Foudre recommande de se plaquer au
sol, les jambes repliées sous soi.
À l’intérieur d’une habitation, quelques précautions sont
également à prendre. Il faut éviter de toucher les conduites d'eau
et les robinets, ne pas prendre de bain ni de douche, débrancher
les appareils électriques, ne pas téléphoner ou utiliser
Internet.
Enfin, l’association rappelle qu’il n’y a aucun risque à porter
secours à une victime. Après avoir alerté les secours, on peut
débuter les manœuvres habituelles de réanimation
cardio-respiratoire si elles s'avèrent nécessaires.
Amandine Ceccaldi
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