Isabelle Adenot réplique à l’IGAS qui préconise de réduire de 10 % le nombre d’officines

Paris le mercredi 22 août 2012. Pour réduire les dépenses de santé, l’Inspection générale des affaires sociales a récemment préconisé la baisse de la marge des pharmaciens sur chaque médicament. L’institution propose dans le même temps de réduire de 10 % le nombre d’officines pour garantir une marge globale à la profession. Dans une interview accordée le 24 juillet à Libération, Isabelle Adenot, présidente de l’Ordre national des pharmaciens, a réagi à cette annonce.

La France est l’un des pays d’Europe qui concentre le plus de pharmacies, avec une officine pour 2 900 habitants contre une pour 4 500 en moyenne dans l’Union européenne.
Dans un récent rapport, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a recommandé de «baisser la marge unitaire des pharmaciens sur les médicaments» et, de « réduire de 10 % le nombre d’officines d’ici 2017 pour [leur] garantir une marge minimale ». Une telle réduction reviendrait à fermer 2 200 des 22 080 pharmacies françaises et à supprimer 11 000 emplois d’ici cinq ans. Une évolution qui fait bondir Isabelle Adenot « parce que derrière ce chiffre de 10 %, il y a des êtres humains ».

Tout en reconnaissant « comprendre qu’il y ait un besoin d’optimiser le réseau », la présidente de l’Ordre estime que « cette question ne peut pas se résoudre au niveau national mais au niveau local ». Ses réserves portent sur le risque de fermeture des officines au sein de « zones blanches » : « dans certains endroits, supprimer la pharmacie c’est aller vers le désert sanitaire complet ». Et Isabelle Adenot d’ajouter « rappelons qu’il n’y a pas aujourd’hui de désert pharmaceutique en France : cette loi permet que personne n’ait à se plaindre de ne pas avoir accès aux médicaments, c’est une très bonne chose ».

L’autre question que pose la présidente concerne le choix des pharmacies destinées à disparaître : «10 %, d’accord, mais lesquelles ? Quels critères feront que l’une reste et que la pharmacie voisine ferme ? De quel droit ? Il faudrait plutôt inciter des confrères à partir, quand cela ne pose pas de problème de santé publique ». La solution passe sans doute, selon elle, par des « leviers qui relèvent d'avantages professionnels, d’incitations fiscales ou de retraite ».

Isabelle Adenot se dit également concernée par la précarisation de la profession. Le nombre d’intérimaires dans la profession a bondi de 9 % l’an dernier. Pire encore, « 26 % des jeunes diplômés en pharmacie n’exercent pas cette profession, pour laquelle ils ont été formés » après de longues étude, se désole-t-elle.

Amandine Ceccaldi

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Vos réactions (1)

  • D'encore meilleures idées

    Le 22 août 2012

    Heureuse idée, au moment où l'on tente de mettre en place l'éducation thérapeutique !
    J'en ai une meilleure : réduisons l'accès au soins en diminuant le nombre de médecins pour évoluer vers un système à l'anglaise.
    Cela va réduire la qualité des soins, donc les chances des malades (hormis ceux qui préconisent de telles mesures et continueront à bénéficier de filières privilégiées) ? Quelle importance ! Il s'agit de réduire les dépenses...

    Jean-Pierre Basuyau

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