Tampa, le vendredi 31 août 2012 – Si le discours du candidat
républicain à l’élection présidentielle de novembre prochain, Mitt
Romney, à l’issue de la convention de son parti hier, a été
largement consacré aux questions économiques (et notamment à
l’emploi), il n’a cependant pas failli à un passage obligé de tout
discours politique aux Etats-Unis en affirmant qu’il défendrait,
s’il était élu, le caractère « sacré de la vie ». Cette allusion
est clairement une référence à l’avortement, qui demeure aux
Etats-Unis un sujet d’affrontement majeur pendant toute campagne
électorale. En la matière, la position de Mitt Romney est délicate,
tiraillée entre des convictions personnelles sans doute plus
libérales que celles affichées par les Républicains et les
positions parfois extrêmes affichées par plusieurs membres de son
parti.
Une évolution (opportuniste) sur la question de
l’avortement
On se souvient en effet que lorsqu’il était candidat au Sénat
dans le Massachusetts en 1994, Mitt Romney s’était déclaré
personnellement favorable au droit à l’avortement. Dix-huit ans
plus tard, il ne peut guère plus afficher une telle tolérance.
Cependant, il est loin de se risquer à des déclarations aussi
outrancières que l’élu républicain Todd Akin, qui est allé jusqu’à
affirmer que les femmes victimes d’un « véritable viol »
se retrouvaient rarement enceintes ! Si ces propos ont été très
fermement condamnés y compris par le parti conservateur, on sait
que le colistier de Mitt Romney, Paul Ryan a pu défendre par le
passé l’idée selon laquelle l’avortement ne devrait pas même être
autorisé en cas de viol. Le candidat républicain, quant à lui, a
clairement rappelé cette semaine qu’il était favorable au droit à
l’avortement en cas de viol, inceste et risque pour la santé de la
mère ou l’enfant.
Prise en charge de l’avortement : un des aspects de la bataille
contre l’Obamacare
Ces débats sans fin autour de l’avortement (qui paraissent en
Europe occidentale assez archaïques) dépassent la seule sphère
éthique pour empiéter sur le champ économique. Les discussions sont
ainsi nombreuses sur le point de savoir si un employeur peut être
contraint de faire bénéficier à ses employées d’une assurance
prenant en charge l’avortement ! Derrière cette question bien loin
d’être anodine aux Etats-Unis, se cache un débat plus large encore
sur le financement des dépenses de santé. Toujours, la bataille
contre ce que l’on appelle l’Obamacare fait rage. En la matière,
les Républicains usent actuellement d’une méthode plutôt habile en
affirmant que le système créé par le gouvernement Obama a mis à mal
le programme Medicare qui bénéficie aux plus âgés… une façon de
séduire les très nombreux seniors.
Aurélie Haroche
Copyright © http://www.jim.fr