Mariposa, le lundi 3 septembre 2012 – Le numéro vert mis en
place par le ministère de la Santé français pour répondre aux
interrogations des personnes ayant séjourné au sein du Curry
Village dans le parc national de Yosemite aux Etats-Unis est
opérationnel depuis moins de vingt-quatre heures et déjà les appels
ont été si nombreux que le docteur Michel Nahon (Samu de Paris)
peut en proposer une typologie. Deux groupes distincts de personne
contactent depuis hier soir le 0 800 636 636 : « les gens qui ont
mal compris et sont allés aux Etats-Unis, mais pas dans le parc ou
pas dans le camping Curry village, où la contamination (par
l’hantavirus, ndrl) s’est produite. Et ceux qui y sont allés et ont
des symptômes tels que courbatures, fièvres, et qui se trouvent
encore dans la période d’incubation possible » explique le
praticien qui confirme « Beaucoup téléphonent par excès ».
Un hantavirus bien plus dangereux aux Etats-Unis qu’en
France
Ce petit accès de panique s’explique par la gravité du syndrome
pulmonaire dû à l’hantavirus (SPH) qui fait l’objet d’une alerte
par les Centres de contrôle des maladies (CDC) depuis ce week-end
aux Etats-Unis. Si le développement d’un SPH après contact avec des
rongeurs ou des excréments de rongeurs infectés reste rare, la
mortalité est pour sa part très élevée. Ainsi, depuis le premier
signalement de SPH dans le Sud Ouest des Etats-Unis en 1993, moins
de six cent cas ont été recensés dans l’ensemble de l’Amérique du
Nord. De même, alors que 10 000 personnes ayant été installées dans
une des 91 tentes baptisées Signature du Curry Village dans le parc
Yosémite entre le 10 juin et le 24 août pourraient avoir été
exposées au virus (en raison de la présence confirmée de souris
potentiellement porteuses de l’hantavirus dans la double cloison
des tentes), seuls six cas ont pour l’heure été confirmés.
Cependant, rapportée à ce très petit nombre de cas, la mortalité
est très élevée : deux patients sont décédés. La littérature fait
elle-même état d’une mortalité s’élevant à 36 %. L’hantavirus
présent outre-Atlantique est ainsi bien plus dangereux que celui
véhiculé en France par le campagnol roussâtre. Dans notre pays, «
il y a moins de 1 % de mort pour les cas hospitalisés en France,
c’est une maladie qui ne tue pas » explique Jean-Marc Reynes,
responsable du Centre national de référence (CNR) des hantavirus à
l’Institut Pasteur, interrogé par 20 minutes.
Le parc Yosemite dans la tourmente
Les données américaines légitiment donc l’extrême vigilance
adoptée par les autorités sanitaires, aux Etats-Unis, comme partout
dans le monde. En France, le ministre a recensé 53 familles de
touristes ayant séjourné dans les maisons de toile concernées par
la contamination par l’hantavirus. Parmi ces vacanciers, deux cas
font l’objet actuellement d’investigations plus poussées. Les
autres voyageurs sont actuellement contactés par le ministère de la
Santé : l’objectif est de leur rappeler les symptômes qui doivent
alerter, car en l’absence de traitement curatif, une prise en
charge précoce est essentielle pour limiter le risque d’issue
fatale.
Aux Etats-Unis, l’affaire a également suscité un vent de panique
et soulevé une importante polémique sur les mesures de précaution
adoptées par le parc Yosémite où en 2010 un visiteur avait déjà été
touché par le SPH.
Aurélie Haroche
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