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Classement des services de cardiologie de l’Express : un bilan à prendre à cœur ?

Publié le 17/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le lundi 17 septembre 2012 – Tous les grands hebdomadaires sacrifient désormais à l’exercice, avec plus ou moins de régularité, plus ou moins de détail et avec des angles de vue parfois différents. La lutte contre les infections nosocomiales est ainsi la « spécialité » du Nouvel Observateur, tandis que le Point préférera des classements pathologie par pathologie. Enfin, l’Express a décidé cette semaine d’ajouter sa propre pâte, en proposant un palmarès des cent meilleurs hôpitaux et cliniques de France en cardiologie.

Mortalité divisée par trois en quinze ans

Le magazine rappelle tout d’abord, en guise de préambule, que la prise en charge des infarctus s’est considérablement améliorée dans notre pays ces dernières décennies. Une étude menée par Etienne Puymirat et Nicolas Danchin (hôpital Européen Georges Pompidou) dont les résultats ont été publiés à l’occasion du récent congrès de la société européenne de cardiologie à Munich a en effet mis en évidence une nette diminution de la mortalité à 30 jours après infarctus, passée de 13,7 % à 4,4 % entre 1995 et 2010. Par ailleurs, cette enquête indiquait que le nombre de patients traités par angioplastie avait augmenté de 12 à 61 % durant la même période.

Plus de patients, est-ce forcément gagnant ?

Ces données très encourageantes ne doivent cependant pas masquer les différences qui existent encore en fonction des centres. Des inégalités difficiles à admettre par les pouvoirs publics (même si des efforts de transparence importants sont réalisés ces dernières années) et que des classements, tel celui de l’Express, permettent de mettre en évidence. Son enquête a été réalisée avec l’appui de Swiss Life, à partir de données publiques transmises par l’Agence technique d’information sur l’hospitalisation (ATIH) et « traitées » par Santé Value. Trois palmarès différents ont été établis : le premier concerne le « traitement de l’infarctus » de manière générale, le second l’angioplastie des coronaires par stent et le dernier le pontage. Pour ces trois « domaines », l’Express s’est appuyé sur sept critères dont certains ne sont pas sans comporter quelques « biais ». Ainsi, un nombre de séjours élevé offre un score plus important aux établissements. Or, si le nombre de patients est de fait un critère plutôt positif, gage notamment d’une plus grande expérience, il n’est pas uniquement corrélé à des questions de compétence (mais également à de nombreuses considérations géographiques et tenant à l’organisation locale des soins). De même, le critère de « notoriété » qui se « mesure à partir de la distance séparant l’établissement du domicile des patients » n’est pas appréciable de la même manière dans toutes les régions françaises, en raison de la disparité de l’offre de soins.

La prime à l’angioplastie

On pourra enfin regretter que l’Express ait attribué un score majoré aux établissements présentant une proportion plus élevée de patients bénéficiant d’une angioplastie. Or, au sein même de son dossier, le magazine souligne que le choix de la technique ne saurait être automatique et que l’angioplastie ne peut être considérée comme la meilleure des solutions dans tous les cas. Il est de fait certain que ce « résultat » ne tient pas uniquement de la compétence des équipes mais également du profil des patients reçus, de l’offre de soins locale… D’autres éléments retenus semblent cependant moins sujets à discussion : la durée des séjours (pour des groupes homogènes de malades) le taux d’équipement, la diversité et la complexité des cas traités semblent de fait, permettre de bien apprécier la compétence des équipes « étudiées ». Enfin, on pourra se demander s’il n’aurait pas été intéressant d’intégrer un dernier item s’appuyant sur les taux de mortalité, mais ils auraient dû être en partie pondérés en fonction de la « complexité » des cas reçus par les hôpitaux.

A Toulouse, le cœur voit la vie en rose

Ces différentes réserves faites, reste le palmarès, qui a le mérite d’offrir un bilan assez précis de l’offre de soins en cardiologie en France (même si pour les patients, il reste un outil assez peu utile, l’infarctus étant une urgence qui empêche souvent de choisir l’hôpital qui vous reçoit). On retiendra que c’est à Toulouse et à Dijon, arrivés ex-aequo avec une note de 19,8 sur 20 que l’infarctus paraît le mieux traité. Dans ces deux villes, la part de patients bénéficiant d'une angioplastie atteint respectivement 66,7 et 64,3 % et la durée de séjours n’excède pas 6,8 jours. Suivent les CHU de Nancy, d’Henri Mondor et le CHR de Metz Thionville. Corollaire de ce premier classement, dont nous l’avons dit l’un des critères s’attache à la part d’angioplasties, l’établissement jugé le plus performant sur cette technique est le CHU de Toulouse (19,6 sur 20) suivi de la clinique Pasteur de Toulouse et du CHU de Nancy. Enfin, concernant le pontage, c’est Paris et l’Ile de France qui tirent leur épingle du jeu : avec en première place le Groupe hospitalier Pitié Salpêtrière et le centre Jacques Cartier de Massy. Le CHU de Bordeaux prend la troisième place de ce podium devant le CH Félix Guyon à la Réunion et la clinique Saint Augustin à Bordeaux.



Aurélie Haroche



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