Paris, le vendredi 28 septembre 2012 – « Vous avez les
questions, nous avons les réponses » claironnait il y a
quelques années une publicité. Le directeur de l’assurance maladie,
Frédéric Van Roekeghem ne pourrait pas facilement reprendre ce
slogan à son compte. Car si le patron de l’UNCAM a bien sérié les
questions soulevées par l’application des dépassements d’honoraires
dans certains territoires, il manque encore fortement de
propositions concrètes pour y pallier. C’est ainsi qu’hier à
l’occasion d’une nouvelle séance de négociation autour des
compléments d’honoraires des médecins de secteur 2, il s’est
principalement contenté de dresser un bilan et de circonscrire les
problèmes. « Lorsque l’hôpital public a une activité réduite
(…) que le secteur 2 est dominant et que les tarifications sont
élevées, se pose la question de la part d’accès aux soins à tarif
opposable » a ainsi résumé avec sagacité Frédéric Van
Roekeghem. Il est même allé plus loin considérant que les
spécialités les plus souvent concernées par ce phénomène dans
certaines localités très précises sont la chirurgie orthopédique et
viscérale, l’obstétrique et la dermatologie. Et enfin, il a posé la
question centrale : « Comment favoriser le secteur 1 et comment
inciter les praticiens de secteur 2 à réaliser plus d’activités au
tarif opposable ? ».
Gagner (ou perdre) du temps
Oui comment ? Pas de réponse. Si ce n’est encore une fois une
vague allusion à des « solutions contraignantes » pour les
médecins « qui ne s’engageraient pas dans le contrat d’accès
aux soins » dont les grandes lignes ont été présentées il y a
quinze jours, mais dont les contours précis (et notamment les
fameux plafonds à ne pas « dépasser ») ne sont toujours pas connus.
Le patron de l’UNCAM n’a livré aucun projet concret que les
syndicats auraient pu discuter, au-delà d’une délimitation assez
précise des territoires et actes concernés. Sans doute, Frédéric
Van Roekeghem a-t-il cherché à « gagner du temps » (ou
plutôt à en perdre ce qui est plutôt paradoxal pour quelqu’un qui
n’a plus que trois semaines pour achever ses négociations). Il
manque en effet d’informations sur la marge de manœuvre financière
dont il pourrait bénéficier et sera mieux fixé après la
présentation la semaine prochaine du projet de loi de financement
de la sécurité sociale pour 2013.
Rien à signaler
Cet attentisme n’a pas échappé aux représentants des syndicats
qui sortaient plutôt déçus de leur nouvelle rencontre avec le
patron de l’UNCAM. « C’est une réunion dont je n’ai pas compris
la finalité » concluait le président de la Confédération des
syndicats médicaux français (CMSF), Michel Chassang, avant
d’espérer que les choses sérieuses commenceraient (enfin) le 3
octobre. De son côté, le président du Bloc (qui représente les
chirurgiens, obstétriciens et anesthésistes réanimateurs) exprimait
une certaine lassitude. « On tourne toujours autour des mêmes
questions, à savoir comment revaloriser le secteur 1 et quelle est
l’implication des complémentaires ». Enfin, le président du
Syndicat des médecins libéraux (SML), Christian Jeambrun se faisait
plus laconique affirmant qu’il « ne s’était rien passé
».
Aurélie Haroche
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