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Déploiement du logiciel ORBIS : tout est-il à refaire ?

Publié le 16/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 16 octobre 2012 – On ne compte plus les audits menés par des agences internationales et les déclarations de « spécialistes » dénonçant le retard pris par la France en ce qui concerne l’informatisation de ses hôpitaux. La voie sur laquelle se sont engagés nombre d’établissements il y a quelques années pour remédier à cette lacune majeures sera-t-elle pire que le mal ? Un article publié ce dimanche par le Parisien le laisse redouter.

Pas de logiciel unique dans tous les établissements de l’AP-HP avant au moins 2015

Du Mans à Montpellier en passant par l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), nombreux sont les centres qui ces dernières années ont fait le choix d’utiliser le logiciel Orbis, afin de permettre l’informatisation du dossier patient, de la prise de rendez-vous ou encore de la gestion des stocks de médicaments. L’installation d’Orbis est souvent l’occasion pour les établissements de présentations à la presse au cours desquelles on se félicite de l’accomplissement de telle ou telle étape. Au sein de l’AP-HP, le ton est cependant un peu différent. D’une part, les délais fixés initialement ne seront certainement pas tenus. L’objectif était d’obtenir une mise en place du logiciel dans les 39 établissements d’ici 2014. Or, aujourd’hui, il n'est encore en phase d’expérimentation qu'à Ambroise Paré. Responsable du programme au sein de l’AP-HP, Eric Lepage reconnaissait dans les colonnes du Parisien : « On aura un ou deux ans de retard, mais toutes nos simulations montrent que le déploiement est possible ».

Un logiciel même pas installé déjà dépassé ?

Au-delà de ce "petit" contretemps, Eric Lepage est confiant quant aux bénéfices que tirera l’organisation des services de l’installation d’Orbis. D’autres, pourtant, n’en sont pas si sûrs. Un « audit » interne tenu secret mais que les journalistes du Parisien ont pu lire en exclusivité révèlerait les nombreux dysfonctionnements du système et dénoncerait son obsolescence et son coût. Ce logiciel conçu en 2009 ne fera « au mieux (…) que remplir le rôle de l’ancien dossier papier. Mais il ne répondra pas aux attentes des soignants de l’AP-HP » affirme ainsi le responsable des services informatiques d’un des hôpitaux, dont le nom n’est pas révélé par le Parisien. Par ailleurs, son déploiement pourrait entraîner un surcoût de 175 millions d’euros, grevant le budget déjà fragile de l’AP-HP, calcule un des auteurs de « l’audit ». Surtout les résultats observés à Ambroise Paré, seul établissement qui pour l’heure l’utilise, mettraient en évidence de nombreuses difficultés d’utilisation.

Un mal généralisé dans l’administration française

Un bilan catastrophique que dément la direction de l’AP-HP qui préfère évoquer les réticences qu’entraîne systématiquement l’installation de dispositifs nouveaux et qui affirme par la voix d’Eric Lepage que « ça marche à 90 % ». Pourtant, les « bugs » existent bel et bien et certains, concernant par exemple le module de gestion du circuit du médicament, ont été signalés par le fabricant lui-même. En tout état de cause, les hôpitaux français ne sont pas les seuls à connaître de graves difficultés concernant leur informatisation. Interrogé par le Parisien, le député Gérard Bapt indique que sur les « 263 programmes d’informatisation des services publics en cours, 30 % sont en retard et 20 % en échec ».



Aurélie Haroche




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