> Accueil JIM > Pro & Société > Dépassements d’honoraires : une nuit de négociations et toujours (presque) rien

Partenaires Partenaire





PRO & SOCIETE

Dépassements d’honoraires : une nuit de négociations et toujours (presque) rien

Publié le 23/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 23 octobre 2012 (13 heures). – La manifestation bon enfant organisée par les internes devant le siège de la CNAM hier soir leur aura peut-être mis du baume au cœur. Certes, la présence de 600 étudiants comme comité d’accueil venait leur rappeler l’enjeu crucial des discussions qu’ils allaient mener, mais avant une soirée de négociations qui s’annonçait longue (et qui fut plus laborieuse encore qu’ils ne l’avaient envisagé), la vue de ces jeunes médecins souriant malgré tout et dont le dynamisme n’avait d’égal que leur ténacité ne manquait pas d’être revigorant.

De l’énergie et de l’ardeur, les représentants des syndicats de médecins libéraux, les dirigeants de l’Assurance maladie et les porte-parole des mutuelles qui se réunissaient pour la dernière fois afin de conclure un accord visant à réguler les honoraires des médecins de secteur 2 en avaient en effet plus que jamais besoin. Car entrés à 19 h 30 dans la salle des négociations, ils n’en étaient toujours pas sortis (à l’exception de quelques pauses) à l’heure où nous écrivons ces lignes (13 h).

Plafond : dire ou ne pas dire

Si elle ne permit pas d’aboutir à un accord satisfaisant l’ensemble des parties, la nuit fut néanmoins prolixe. Pas moins de trois versions d’un avenant conventionnel ont en effet été rédigées. Quels sont les points qui font encore et toujours débat ? L’opportunité ou non de préciser explicitement dans le texte le plafond au-delà duquel un complément d’honoraires pourra (devra ?) être considéré comme abusif est le premier d’entre eux. On le sait pour la première fois, la semaine dernière, le patron de la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM) a proposé de retenir le plafond de 150 % du tarif de la Sécurité sociale pour les dépassements (soit une somme ne devant pas excéder 2,5 le tarif opposable). Ce n’est pas ce montant, qui séduit également le ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui est rejeté par les syndicats, mais la pertinence de l’inscrire noir sur blanc dans l’accord. MG France est seul à défendre la nécessité d’y faire mention, quand les autres organisations, le Syndicat des médecins libéraux (SML) en tête s’opposent à tout plafond prédéterminé. Néanmoins, une issue pourrait être trouvée : l’évocation du seuil dans le préambule du texte.

Ne pas compter sur les complémentaires trop précises

Autre sujet de crispation : la revalorisation parallèle des tarifs de secteur 1. C’est sur ce front que se bat MG France, qui estime ce matin ne pas avoir été entendu. Il n’a en effet pu obtenir qu’une revalorisation de cinq euros par an et par patient du forfait accordé aux médecins traitants pour la prise en charge de patients de plus de 60 ans. « Avec les propositions que j’ai, le compte n’y est pas » a déploré le patron de MG France, Claude Leicher, en quittant la table des discussions vers 8 h et laissant ses collaborateurs le soin de poursuivre (on s’en doute sans conviction) les négociations. Enfin, dernier motif d’incertitude et de fâcherie : l’indolence des représentants des complémentaires qui ne se montrent toujours pas assez précis sur leur participations aux différents dispositifs mis en place selon la Confédération des syndicats médicaux français. Malgré l’ampleur des difficultés encore en présence, à 9 h 30 l’infatigable Michel Chassang, président de la CSMF voulait encore y croire. D’ailleurs, à 13 h, beaucoup d’observateurs estiment que les syndicats et l’Assurance maladie seraient sur le « point de s’entendre » après plusieurs signes de tension plus tôt dans la matinée. Il faut dire que la « menace » d’une loi, brandie tant par le ministre de la Santé que par le Président de la République ces derniers jours est un moteur puissant pour inciter les syndicats à poursuivre jusqu’au bout les discussions.

Nous y reviendrons dans l'après midi si nécessaire.



Aurélie Haroche



IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE