Et si on supprimait le concours de première année de médecine et pharmacie ?

Paris, le vendredi 1er février 2013 – La réforme des études médicales, qui a notamment instauré une première année commune des études de santé (PACES) ne semble avoir rien modifié à l’écueil principal de ce cursus : le « gâchis » que représente l’échec après deux années de dur labeur de milliers de jeunes gens laissés sans perspectives d’avenir séduisantes et devant abandonner leur rêve. Pire, beaucoup et notamment l’Académie nationale de pharmacie dénoncent les dysfonctionnements du nouveau système et son défaut majeur : avoir créé une « hiérarchie » entre les disciplines (médecine, pharmacie, maïeutique et dentisterie) qui bénéficie à la médecine et nuit aux autres. Ce constat ne semble pas être uniquement celui d’une Académie gardienne du temple, jalouse de préserver sa spécialité, mais est également celui du député socialiste Jean-Yves Le Déaut qui a remis il y a une dizaine de jours au Premier ministre un rapport de conclusion des Assises 2012 de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le système de classement qui s’est naturellement mis en place est « particulièrement pénalisant pour certaines disciplines, par exemple la pharmacie », note-t-il en effet.

Choix et sélection après une licence

Surtout, Jean-Yves Le Déaut observe que le système d’une sélection à la fin de la première année ne semble que rarement s’être imposé à l’étranger. « Dans d’autres pays, la sélection se fait soit directement sur dossier à l’issue du baccalauréat (Allemagne), soit après un premier cycle universitaire (Etats-Unis). Enfin, comme en Belgique, certains pays ne sélectionnent pas ». Il semble que Jean-Yves le Déaut soit partisan d’une reproduction du dispositif américain. Il appelle en effet à une suppression du concours de première année et « à la mise en place d’une spécialisation progressive dans le cadre d’une licence par grand domaine (médical, pharmaceutique, rééducation, soins infirmier, maïeutique) ». Ce n’est qu’à la fin de la troisième année que les étudiants devraient faire leur choix et alors passer le fameux concours leur ouvrant les portes du master et du doctorat. Ainsi, « l’orientation active progressive aboutira à l’amélioration du taux de réussite au concours », veut croire l’auteur du rapport. En outre, après une licence, les réorientations et passerelles seront facilitées. Des « passerelles » que le député socialiste souhaite également se voir développer dans la direction inverse. « Des étudiants ayant validé brillamment leurs premières années d’études supérieures, notamment en sciences, pourrait, dans le cas où ces études seraient compatibles, rejoindre le parcours santé sans avoir pour autant fait les premières années de ce cursus (par exemple chimie, vers pharmacie) ».

Quelle suite ?

Ces propositions établies, reste à savoir quelle sera la position des représentants des différentes disciplines (professeurs et étudiants) face à cette « révolution ». Quelle sera également la réponse du gouvernement ? Pour l’heure, Geneviève Fioraso, ministre de la Recherche, a indiqué que le rapport de Jean-Yves Le Déaut, devait constituer un « livre blanc » pour l’élaboration d’une future loi sur l’enseignement supérieur mais elle ne s’est guère prononcée sur des points de détail.

Aurélie Haroche

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