Médicaments en rupture de stocks (ou presque) : des cas beaucoup plus fréquents que l’ANSM ne le pense

Paris, le jeudi 28 novembre 2013 - La 26ème journée du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP) a été l’occasion pour Jean-Pierre Paccioni, Président du Conseil central B, de faire le point sur l’expérimentation du DP-Rupture. Cette nouvelle extension au dossier pharmaceutique (DP) a été créée cet été pour quantifier les ruptures, en parfaite transparence avec l’ensemble de la chaîne pharmaceutique. Encore en phase pilote et ce jusqu’au 2ème trimestre 2014, son lancement officiel est prévu dans le courant de l’année 2014 après quelques ajustements.  D’ores et déjà, le système fonctionne et la récolte des manquants est bien fournie.

Pour une meilleure gestion de la pénurie

À la mi-octobre, 262 officines, une dizaine de pharmacies hospitalières participaient à la phase d’essai  avec le concours de 50 exploitants.

Au niveau du laboratoire, le pharmacien responsable informe l’ANSM d’un risque de survenue de rupture anticipée (problème technique sur une chaîne de fabrication, difficulté d’approvisionnement en matière première).  L’information est transmise dans des délais très courts aux officines de ville et aux PUI hospitalières avec la durée prévisionnelle.

Dans le sens inverse, lorsqu’une rupture est constatée, le grossiste, le pharmacien d’officine ou le pharmacien hospitalier la signale à l’ANSM et aux ARS. Un modèle qui permet de déterminer l’envergure locorégionale ou nationale de la difficulté d’approvisionnement. L’information remonte vers les laboratoires concernés. 

Dans les deux cas, des produits de secours peuvent être envisagés en amont, un stock de sécurité contingenté…

Les avantages sont une diffusion rapide et ciblée du signalement et la traçabilité de toutes les interventions. Une extension à la gestion des flux d’information sur la remise à disposition des produits via les grossistes, dépôts régionaux et agences locales est envisagée.

Pléthore de manquants

Le logiciel DP-rupture a permis de recueillir 1944 déclarations entre fin aout et le 15 octobre. L'Ordre des pharmaciens a comptabilisé 539 spécialités en difficulté d’approvisionnement tandis que dans le même temps l'ANSM n’en recensait que 45. Aucune classe thérapeutique n’est épargnée. Dans le haut du tableau, on retrouve les médicaments du système nerveux pour 18% à égalité avec ceux du système cardiovasculaire, suivis par les anti-infectieux généraux à usage systémique à hauteur de 12,6% puis les médicaments des  voies digestives et du métabolisme à 11,7%. Viennent ensuite les médicaments du système respiratoire (8, 5%) et les hormones systémiques (à l’exclusion des hormones sexuelles) 7, 2%...

Pour rendre la procédure moins lourde aux officinaux, le signalement sera extrait à terme directement et automatiquement à partir du logiciel de gestion.

Un DP rupture, qui s’il ne résout pas le problème à la source, en permettant d’anticiper, pourrait vite devenir l’outil indispensable en reliant tous les acteurs de la chaîne pharmaceutique…dont le  prescripteur ne fait pas parti.

Marjolaine Labertoniere

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Vos réactions (1)

  • Accord européen

    Le 01 décembre 2013

    La pénurie que connaissent les pays européens tient à l'absence de l'Europe de la Santé. Si les 27 voulaient bien se mettre autour d'une table ils pourraient décider que toutes les molécules soeint fabriquées en Europe. Ces molécules pourraient aussi venir de pays comme les USA, le Canada, le Japon, l'Australie ou la nouvelle Zélande à condition que cela fasse l'objet d'un échange équitable. En ce qui concerne la fabrication, celle-ci devrait être confiée exclusivement à des entreprises européennes réparties équitablement entre les différents pays. Nous serions donc assurés de ne pas avoir de avoir de ruptures qui ne sont dues qu'au fait que nous dépendons de firmes qui fournissent leurs produits aux plus offrants.
    Le fait de relancer la fabrication des molécules en Europe pourrait déboucher sur une reprise de la recherche qui tend à disparaître de nos pays.

    Dr Guy Roche

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