Le non remboursement du belatacept ulcère les patients atteints d’insuffisance rénale chronique

Paris, le mercredi 4 décembre 2013 - Les avis de la Haute autorité de Santé sont des chefs d’œuvre d’écriture paradoxale. A propos du Nulojix (belatacept) traitement anti-rejet indiqué chez les patients greffés du rein dont la sérologie du virus d’Epstein-Barr est positive, elle notait en 2011 que son service médical rendu était important, mais tout en même temps que l’amélioration du service médical rendu était « mineure » par rapport aux autres spécialités existantes. Aussi, vient-on d’apprendre que le belatacept ne serait pas pris en charge par la Sécurité sociale. Cette décision suscite la colère des associations de défense des insuffisants rénaux. Dans une lettre adressée au ministre de la Santé, Marisol Touraine, elles dénoncent cette décision qu’elles considèrent comme fortement préjudiciable pour les patients. Elles affirment que ce traitement apporte une « réelle innovation thérapeutique, dont les avantages sont démontrés, alors que les traitements antirejets actuels n’ont pas connu d’évolution notable sur les trente dernières années et que leurs limites sont connues ». Elles précisent notamment que le belatacept réduit le risque de complications métaboliques et permet une « amélioration notable, de l’ordre de 15 à 30 %, de la fonction des reins greffés par rapport aux inhibiteurs de la calcineurine (ICN) ». Pour l’association Renaloo et la Fédération nationale des insuffisants rénaux, cette décision est en outre une aberration en terme de santé publique, alors que les listes de patients en attente d’une greffe de rein ne cessent de s’allonger et qu’il a été rappelé à plusieurs reprises que la transplantation est le meilleur traitement de l’insuffisance rénale chronique terminale. Elles soulignent également qu’elle est contre productive d’un point de vue économique, puisque le médicament permet d’éviter de recourir à la dialyse.

Front commun entre associations de malades et certains néphrologues

Les spécialistes de la greffe rénale reconnaissent eux aussi les effets bénéfiques du belatacept. « En raison de son absence de toxicité, il apporte une amélioration significative de la fonction rénale par rapport aux traitements actuels. On peut ainsi espérer qu'il va augmenter l'espérance de vie des greffons, qui se situe actuellement entre 12 et 15 ans pour un rein provenant d'un donneur décédé » indique par exemple au Figaro le Pr Philippe Grimbert, de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, qui a participé aux essais cliniques. Cette position française fait en tout cas exception puisque le traitement est pris en charge dans nombre de pays d’Europe. Les associations espèrent que leurs protestations seront comprises et entendues par le ministère.

M.P.

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