Au pays du vin, Agnès Buzyn s’exprime-t-elle en vain ?

Paris, le lundi 26 février 2018 - Il y a quelques semaines, le ministre de la santé, Agnès Buzyn affirmait avec fermeté qu’on ne pouvait dissocier vin et autres alcools et elle proposait que la formule « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé » soit remplacée par « l’alcool est dangereux pour la santé ».

Salon de l’agriculture et défense de la filière viticole obligent, plusieurs membres du gouvernement ainsi que le Président de la République se sont désolidarisés de ces propos.

Pompidou à la rescousse !

L'avant-veille de l'ouverture du Salon de l'agriculture, Emmanuel Macron a ainsi réitéré son opposition à tout durcissement de la loi Évin et a expliqué, dans un entretien accordé à plusieurs titres de la presse régionale « moi, je bois du vin le midi et le soir. Je crois beaucoup à la formule de Pompidou : "n'emmerdez pas les Français" (…) Il y a un fléau de santé publique quand la jeunesse se saoule à vitesse accélérée avec des alcools forts ou de la bière, mais ce n'est pas avec le vin ». Christophe Castaner a abondé en ce sens en déclarant sur BFM TV : « ne nous emballons pas sur ce sujet (…) évidemment qu'il y a de l'alcool dans le vin, mais c'est un alcool qui n'est pas fort et qui du coup fait partie de notre tradition, de notre culture, de notre identité nationale, il n'est pas notre ennemi ». 

Déjà, Édouard Philippe, quelques jours auparavant avaient semblé désavouer son ministre, en répondant à un député qu’il fallait faire « respecter cette place particulière à laquelle nous sommes tous attachés du vin dans la culture et l’agriculture française ».

Soulignons également la tribune de « l'Académie du vin de France », dont fait notamment partie le cancérologue David Khayat, qui appelle Agnès Buzyn à cesser « de diaboliser le vin, qui est une part de la civilisation française »…

F.H.

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Vos réactions (4)

  • Les politiques contre la santé publique

    Le 26 février 2018

    Les décès attribuables à l'alcool sont évalués à 49 000 par an en France et sont la 2ème cause de mort évitable après la tabac. Les propos du président de la république sont irresponsables et dénotent un mépris et une ignorance de la santé publique. La dépendance à l'alcool concerne toutes les boissons: bière, alcools forts, vin et 10g d'alcool ont le même effet quelque soit le type de consommation.

    Les propos sur le resvératrol contenu dans le vin rouge n'ont aucune valeur scientifique; tous les essais faits avec cet antioxydants portent sur des critères intermédiaires et aucune étude n'a montré de bénéfice clinique.
    La consommation d'alcool en France a diminué de moitié entre 1970 et 2009 entrainant une baisse de mortalité indiscutable; or cette diminution porte essentiellement sur la consommation de vin .
    Quant à David Kayat, il est plus à l'aise comme leader d'opinion, que comme épidémiologiste et a pour habitude de prendre des distances avec la vérité(voir ses propos sur le dépistage du cancer du sein).

    Reprocher à une ministre de la santé qui fait son boulot en tenant des propos parfaitement conformes aux données de la science, de prôner la prohibition est une contre-vérité.
    Il n'y a aucune diabolisation du vin à rapporter certaines données.

    Dr Alain Siary

  • M Castaner et la chimie

    Le 26 février 2018

    Christophe Castaner devrait apprendre que c'est la même molécule (CH3CH2OH) d'alcool qui est présente dans un verre de vin rouge, un cognac,un whisky ou un demi de bière; la quantité d'alcool y est d'ailleurs équivalente. Tout comme il n'existe pas de drogues dures et de drogues douces, c'est un non sens de faire le distinguo entre alcool présumé fort (celui du whisky et du cognac) et alcool convivial plus "doux " du vin.

    Dr Michel Pinson

  • Bravo quand même Mme Buzin !

    Le 27 février 2018

    Le lobby pinardier est trop puissant en Fance et sa propagande trop diffusée pour que même un ministre s'y attaque avec l'ombre d'un succès. Ce n'est pas pour cela qu'il ne faut pas le faire. Après tout même les Américains semblent commencer à engranger des progrès dans la lutte contre la NRA et la consommation de vin ne cesse de diminuer en France...Cela fera peut-être à la longue diminuer aussi le nombre de déments alcooliques et de polynévrites éthyliques. L'espoir fait vivre.

    Dr Jean Pierre Huber

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