Clause de conscience et IVG : la réponse du berger à la bergère

Paris, le mardi 14 août 2018 – Le 26 juillet, la sénatrice (PS) Nadine Grelet-Certenais interpellait le ministre de la santé sur la situation du centre hospitalier du Bailleul dans la Sarthe où l’accès à l’IVG est rendu impossible du fait que trois des quatre obstétriciens y exerçant font jouer leur clause de conscience pour ne pas avoir à les pratiquer.

En substance, l’élue s’étonnait qu’alors « que Simone Veil est entrée au Panthéon, près de 45 ans après la reconnaissance du droit à l’avortement, il est intolérable que les femmes ne puissent pas exercer leur droit essentiel parce que des médecins, au mépris de l’accès aux soins, font valoir des réticences d’ordre personnel ou éthique ».

Dans un communiqué, le SYNGOF (Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France) lui répond a distance et rappelle en premier lieu qu’une « élue de la nation ne reconnaisse pas la liberté de conscience des soignants est intolérable ».
Pour l’organisation, «  ce cas exceptionnel dans la Sarthe » met plutôt en évidence « un problème de fond dans l’organisation de l’accès aux soins sur le territoire » et « la pénurie de gynécologues annoncée par la profession depuis vingt ans » qui « s’aggrave depuis plusieurs années » et que « les gouvernements successifs n’ont pas jugé utile de corriger ».

Le SYNGOF souligne enfin « ce n’est pas en retirant leur éthique et leur conscience aux médecins » que l’on permettra « un égal accès à l’avortement pour les françaises qui le demandent ». Il conclut «  comme Madame la sénatrice a une éthique et une conscience, qu’elle souffre que les médecins en aient une et que l’Etat la respecte ».

F.H.

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Vos réactions (2)

  • Bravo au SYNGOF

    Le 14 août 2018

    Le SYNGOF mérite un grand coup de chapeau, sa réponse est exactement ce qu'il fallait dire à la Sénatrice en cette période où le pouvoir médical, le secret médical et l'éthique personnelle ou professionnelle sont attaqués de toute part.

    Dr.P.Morgenstern

  • Objecteur de conscience

    Le 01 septembre 2018

    Je ne pense pas que la SS (sénatrice socialiste) ait "une éthique et une conscience". Si elle a une conscience (au sens du score de Glasgow), elle est sûrement étique. Ce qu'elle a, c'est un désir de sortir de l'anonymat et de faire parler d'elle, ce qui n'arrive en effet pas souvent. Il faudrait lui rappeler que c'est le contribuable qui la paie (et, en ce qui me concerne, bien contre mon gré). Je ne vois pas pourquoi on accorderait le droit de ne pas porter les armes à un objecteur de conscience, et pas celui de refuser l'IVG à un accoucheur. Ce qui était interdit sous peine de prison avant la loi Weil ne peut pas devenir obligatoire par le bavardage d'une triste sénatriste.

    Dr JF Warlin

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