Dengue : aujourd’hui la Réunion, demain la métropole ?

Paris, le mercredi 10 juillet 2019 – Alors que l’île de La Réunion est en proie à une épidémie de dengue d’une ampleur inédite, le dernier numéro du BEH (Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire), s’intéresse à la pénétration grandissante, en France métropolitaine, d’Aedes albopictus (ou moustique-tigre) vecteur de la dengue, du Zika et du chikungunya.

Sur le plan épidémiologique, en 2018, on collige 16 cas de chikungunya, tous importés, 333 cas de dengue, dont 8 autochtones et  10 cas d’infection à virus Zika, tous importés. On signale aussi 1 cas importé présentant une sérologie positive à la fois pour la dengue et le Zika « ne permettant pas de différencier ces deux flavivirus (possibles réactions croisées) ».

Pour les épidémiologistes de Santé Publique France « l’extension d’Aedes albopictus en 2019 à neuf nouveaux départements pose la question de la soutenabilité du dispositif actuel de surveillance ».

Ne pas confondre beaucoup intervenir et bien intervenir

En effet, comme le souligne Christine Ortmans Responsable du département Veille et sécurité sanitaire à l’Agence régionale de santé (ARS) de la région PACA (Provence Alpes Côte d’Azur) « en raison de la non-spécificité des symptômes des arboviroses, une proportion très élevée de ces cas suspects a été par la suite infirmée. Or, ces situations ont fait l’objet d’interventions de LAV (Lutte anti-vectorielle), au risque de développement de résistances aux traitements insecticides ».

Dans ce contexte, et alors que la population « exposée » augmente chaque année, proportionnellement au nombre de départements colonisés ainsi qu’au nombre de voyageurs de retour des zones à risques « il devient urgent de recentrer » les moyens de LAV sur les risques avérés « afin de réduire les risques de résistance aux traitements insecticides ».

Aussi,  elle propose de  « limiter les interventions de LAV autour des seuls cas confirmés ; de renforcer la sensibilisation et la formation des professionnels de santé ; de s’assurer de disposer de moyens humains et logistiques conséquents lors d’apparition de cas autochtones ».

La bataille ne fait que commencer

Santé publique France appelle aussi les métropolitains, comme les ultra-marins avant eux, au civisme.

« Il est de la responsabilité de chacun de nos concitoyens d’entretenir terrasses et jardins, afin de limiter la prolifération de ces hôtes indésirables et particulièrement pugnaces. Il faut par ailleurs inciter les voyageurs à se protéger des piqûres de moustiques lors de leurs déplacements en zone à risque, mais aussi lors de leurs retours en France, et à consulter dès l’apparition de symptômes évocateurs d’arboviroses ».

« Face aux arboviroses, dans un contexte de changement environnemental et de mondialisation, notre système de santé doit se préparer » tranche, enfin, Christine Ortmans.

Xavier Bataille

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Vos réactions (2)

  • Sur l'ivermectine contre les épidémies

    Le 10 juillet 2019

    Ce n’est pas la lutte contre les moustiques qui a fait disparaître la filariose de Bancroft, mais la distribution à toute la population de ce quartier de Saint-Paul de la Notézine.

    40 ans après, je ne peux m’expliquer ce succès contre la filariose que par le fait que le moustique Aedes, quand il piquait pour son repas de sang, une personne qui prenait de la Notézine, succombait dans les heures qui suivaient sa piqûre.

    Quand l’épidémie de Chikungunya est survenue en 2006, j’exerçais l’urologie à Strasbourg. Sur le moment, je n’ai pas pensé à ce que m’avait appris l’épidémie de filariose et la Notézine.

    En 2019, l’épidémie de Dengue commence sur la côte Ouest essentiellement. Elle se propage de façon beaucoup plus ralentie que l’épidémie de Chikungunya.

    Ceci tient au fait que les moustiques y sont beaucoup moins nombreux. Cependant, j’émets l’hypothèse que la lutte contre les moustiques par des insecticides sera incapable d’empêcher l’épidémie de se propager mais heureusement à petite vitesse.

    J’en tire la conclusion que pour lutter contre cette épidémie, il faut donner aux personnes porteuses du virus de la Dengue, soit un médicament pour soigner la Dengue, soit un médicament pour tuer le moustique qui vient piquer successivement deux personnes, celui qui est atteint de la Dengue, et celui qui ne l’est pas encore, son épouse, ses enfants, ses voisins.

    Or nous disposons d’un médicament beaucoup plus puissant que la Notézine. Il s’appelle l’Ivermectine.

    L’Ivermectine a la particularité de cibler électivement la totalité des parasites invertébrés. Cette molécule s’attaque à la neurotransmission de tous les parasites invertébrés.

    Cependant, l’Ivermectine ne modifie pas la neurotransmission des vertébrés. L'absence de canaux chlorures glutamate-dépendants chez les mammifères semble rendre compte en partie de la spécificité de l’action de l'ivermectine sur les parasites invertébrés et son manque relatif d'effets secondaires sur leurs hôtes mammifères.

    En l'absence d'effets secondaires chez les vertébrés nous devrions la prescrire, à toutes ces parasitoses, mais aux personnes atteintes de la dengue et des autres affections des arbovirus

    En conclusion, je propose que l’épidémie de Dengue de la Réunion soit traitée en premier dans ce département, puis que ce traitement soit proposé aux autres DOM TOM, puis ensuite, puis à l’ensemble des pays infestés des parasitoses dont les vecteurs sont les insectes hématophages.

    La bataille contre les moustiques tigre n'est pas inutile, loin de là. Il n'est pas question de trouver des solutions autres que les insecticides, sauf que les moustiques mâles stérilisés seraient assassinés.

    Mais cette bataille est largement insuffisante. En réalité depuis 60 ans, nous avons combattu ces mêmes moustiques. Dans les années 50 et 60 avec le DDT avec une victoire incontestable sur le paludisme.

    Deux victoires mal expliquées puisqu'il ce moustique n’a pas du tout disparu. Mais, en revanche, novons vus des éradications du paludisme. Cependant l'épidémie de la filariose a cessé, grâce à la Notézine.

    A la place de la Notézine l’ivermectine est devenue le traitement officiel des filarioses à Wüchereria Bancroft, Brugia Malawi, Brugia timori, Loa Loa, Onchocerca volvulus.

    Dr Jean Doremieux DOREMIEUX, urologue en retraite à La Réunion

  • Ivermectine ?

    Le 11 juillet 2019

    La Notézine n’est plus remboursée. Aujourd’hui c’est l’ivermectine qui est remboursée en cas de filariose ou de gale, deux situations seulement alors que bien d'autres parasites pourraient disparaître avec de l'ivermectine.

    L’ivermectine est un antiparasitaire à large spectre connu depuis 1999 (20 ans) dans divers pays pour traiter avec l’onchocercose, la rosacée aux acariens, la filariose de Bancroft, la filariose africaine, l’anguillulose, l’ascaridiose, l’oxyurose, la mouche pondeuse, la gale et le paludisme.

    Les vétérinaires combattent depuis une vingtaine d’années les parasites invertébrés qui infestent des animaux domestiques vertébrés. Cette absence d’effets secondaires permet de sauter l’étape des essais.

    Les pharmaciens ne savent pas ce qu’ils doivent faire. Ils attendent des ordres de l'ARS ou de la HAS. C'est en effet un problème de santé publique. Les généralistes attendent des consignes qui ne viennent pas (pas même) pour traiter non pas la dengue, mais l’épidémie de la dengue.

    Bien qu’ayant une structure semblable à celle des récepteurs à glycine des canaux ioniques des vertébrés, les canaux chlorures glutamate-dépendants sont spécifiques des invertébrés.

    Deux possibilités se présentent : les moustiques mâles stérilisés à la Réunion. Les moustiques infectés par la bactérie des lâchers de moustiques infectés de bactéries wolbachia comme en Australie.

    Le but serait soit de guérir la dengue, soit de casser l'épidémie de la dengue comme d'ailleurs toute épidémie transmise par les moustiques et les autres insectes hématophages comme les poux rouges des poules, les punaises de lit, les tiques, etc.

    C’est Le Lancet qui a lancé l'idée de prévenir le paludisme africain. Donner de l’ivermectine aux parents paludéens pour éviter que leur enfants leurs voisinages leurs visites ne tombent malades du paludisme.

    Il lui a semblé à BILL GATES et son équipe de médecins plus que probable que les moustiques, ingérant de l’ivermectine dans le sang des personnes paludéennes traitées ne survivront pas à cette prise, réduisant ainsi le risque de transmission dans la communauté.

    A la différence des anciennes stratégies obsolètes peut-t-on reprendre l’idée du Lancet et préconiser, chez nous comme en Afrique, l'usage, inédit, de l'ivermectine un antiparasitaire pour lutter contre le moustique vecteur de l'épidémie de la dengue qui sévit à la Réunion ?

    Avec l'aide de la fondation de BILL GATES au BURKINA FASO.

    Dr Jean Doremieux

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