Enurésie nocturne : de nouveaux axes de recherche

En France, 6 % des enfants âgés de 6 à 10 ans et 3 % des 11-14 ans sont énurétiques (avec une proportion de quatre garçons pour une fille). Cette affection fréquente se manifeste dans 80 % des cas par une énurésie nocturne primaire isolée (EnPI), autrement dit une incontinence intermittente qui intervient pendant le sommeil, sans période continue de continence supérieure à six mois et sans symptôme diurne associé. 46 % des enfants concernés présentent une forme sévère qui se traduit par des mictions involontaires 3 à 7 nuits par semaine.
Si faire pipi au lit peut « passer » tout seul (le taux de guérison spontanée est de 15 % chaque année), une prise en charge adaptée est recommandée pour éviter des répercussions sur le plan psychologique, la vie sociale et scolaire. 86 % des enfants concernés se disent en effet gênés par l’énurésie et 63 % n’osent pas parler de ce problème avec leurs amis. La baisse de l’estime de soi est un symptôme psychique courant chez les enfants atteints.

Du TDA/H aux…

Des travaux de recherche ont récemment mis en évidence une association entre l’énurésie nocturne et le trouble du déficit de l’attention (TDA/H). 20 % des enfants atteints du TDA/H présentent une énurésie nocturne primaire isolée et 10 % des enfants touchés par l’EnPI souffrent de TDA/H. Cette comorbidité doit être désormais recherchée au moment du diagnostic et faire l’objet d’une prise en charge pluridisciplinaire.

Troubles du sommeil

Le lien entre EnPI et troubles du sommeil est un autre axe majeur de recherche. Les problèmes respiratoires tels que le ronflement et le syndrome apnée du sommeil sont plus fréquemment retrouvés chez les enfants énurétiques. Un petit qui respire mal la nuit sera davantage confronté au problème de pipi au lit car la mauvaise oxygénation du cerveau qui découle de ses difficultés respiratoires va de pair avec une polyurie nocturne. « Les enfants souffrant d’énurésie nocturne ont un sommeil fragmenté et de mauvaise qualité. Ils ont des phases d’éveil pouvant se traduire par des mouvements périodiques des membres inférieurs », ajoute le Docteur Henri Lottmann, chirurgien-urologue, spécialiste de l'enfant à l'hôpital Necker. Ces pathologies associées à l’EnPI font actuellement l’objet de travaux, tandis que les notions de sommeil profond et de seuil d’éveil anormal continuent d’être explorées. 

Amandine Ceccaldi

Références
Le site www.pipi-au-lit.net met à disposition des professionnels de santé une série de documents pédagogiques pour les aider à prendre en charge les enfants énurétiques.
Communiqué de presse 20 janvier 2015. Ferring France.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article