Euthanasie et troubles psychiatriques : ça dérape ?

Amsterdam, le jeudi 7 décembre 2017 - Deux psychiatres néerlandais initient une pétition à destination de leurs confrères, inquiets face à la  pratique de l’euthanasie sur des personnes atteintes de troubles psychiatriques.

C’est une émission télévisée qui a relancé le débat. Plusieurs psychiatres universitaires y critiquaient les agissements de la « Levenseinde Kliniek » (LEK, clinique de fin de vie), qui concentre à elle seule 80 % des 60 euthanasies de malades mentaux chaque année.

Celle-ci aurait euthanasié des patients « alors que tout n’aurait pas été tenté pour les soigner bien qu’aujourd’hui l’éventail thérapeutique des troubles psychiques soit de plus en plus large ». En outre, « ces cas d’euthanasies qui posent question ont tous été jugés conformes par les commissions de contrôle RTE à l’exception d’un seul », s’inquiète le professeur Van Os (Université de Maastricht et King’s Collège de Londres). Au total, il craint un phénomène d’« escalade » qui ferait de l’aide à mourir un acte médical banal.

Une simple question d’offre et de demande…

Le directeur de la LEK, Steven Pleiter, se défend lui de tout "dérapage", « le nombre important d’euthanasies pratiquées n’est pas dû à un abaissement du seuil d’admissibilité à l’euthanasie, mais à une augmentation des demandes ». Pour lui, ces récriminations traduisent l’hostilité fondamentale des psychiatres, dont 60% ont récemment réaffirmé dans une enquête ne « pas vouloir pratiquer d’euthanasies ».

Soulignons que les mêmes disputations ont cours en Belgique, où une cinquantaine de psychiatres et psychologues viennent de publier une lettre ouverte soulignant des dysfonctionnements dans cet usage controversé de l’euthanasie.

Frédéric Haroche

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Vos réactions (1)

  • Des suicides, tout simplement

    Le 08 décembre 2017

    Encore une fois, il ne s'agit pas ici d'écourter l'agonie d'un patient condamné, mais d'aider des personnes à se suicider.
    Ce n'est pas de l'euthanasie, ou alors les mots ne veulent rien dire. Mal nommer les choses, c'est non seulement ajouter au malheur du monde pour citer Camus, mais pour un journaliste c'est une faute qui obscurcit la réflexion des lecteurs.

    On attendrait d'un professionnel de la langue qu'il s'efforce d'utiliser des termes adéquats, d'en éclaircir le sens, et de souligner les ambiguïtés du jargon hypocrite de ses interlocuteurs.

    Dr Pierre Rimbaud

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