Hackathon Médicament : 5 projets innovants sélectionnés

Paris, le jeudi 4 février 2016 - Lancé le 14 décembre dernier à l’occasion de la mise en ligne par la Caisse nationale de l’Assurance Maladie des travailleurs salariés (Cnamts) d’un jeu de données annuelles sur la consommation de médicaments (Open Medic), le Hackathon Médicament « a suscité un vif intérêt », selon ses organisateurs. Au total, 42 équipes candidates ont déposé un projet d’applications numériques innovantes au service du bon usage du médicament. A l’issue de la phase de présélection, 15 d’entre elles ont pu défendre leur dossier au siège de la Cnamts devant un jury composé de spécialistes du médicament (représentants du Collectif interassociatif sur la santé, des autorités de santé, médecins…) et de représentants de l’Assurance Maladie.

Si les projets retenus présentaient des finalités aussi variées que la détection des risques de iatrogénie médicamenteuse, l’accompagnement de l’observance des traitements, le partage de bonnes pratiques entre praticiens, ou encore la simplification de l’information disponible sur les médicaments, tous répondaient à l’objectif d’amélioration de l’information des patients et des professionnels de santé sur leur pratique et de responsabilisation de chacun des acteurs impliqués dans l’usage des médicaments. Après évaluation de la qualité, l’originalité, la faisabilité et l’intérêt des dossiers présentés, ce sont finalement cinq équipes qui ont été retenues pour la phase finale de ce concours au cours de laquelle elles bénéficieront d’un accompagnement de la part d’experts du médicament pour finaliser leur projet.

Renforcer l’observance et éviter la iatrogénie médicamenteuse

A l’issue de cette journée de sélection, Claude Gissot, directeur de la Stratégie, des études et des statistiques de la Cnamts s’est déclaré « très satisfait, car les différentes équipes ont présenté des projets couvrant plusieurs problématiques majeures du bon usage du médicament ». Pour les concepteurs de « Beyowi », un écosystème web, mobile et objets connectés, l’objectif est de fournir aux utilisateurs une plateforme en ligne pour mieux s’informer sur les médicaments. Un pilulier intelligent prendra également en compte le profil de l’utilisateur ainsi que l’historique de ses traitements afin de l’alerter, par exemple, sur les éventuelles interactions médicamenteuses et le dépassement de la posologie recommandée. De son côté, « Eurêka Med », un site internet développé à partir des données en open data, propose une cartographie régionale interactive et dynamique qui permettra de consulter les prestations de remboursement et les volumétries de médicaments par classe thérapeutique, par spécialité et par catégorie de prescripteurs.

« Inventons la santé de demain » est, quant à lui, un service qui s’attache à déterminer le profil des personnes non observantes dans le cas des traitements médicamenteux anticancéreux pour que cette information soit ensuite partagée par l’hôpital, le pharmacien d’officine et le patient. Plus orienté vers les médecins, « Track Medoc » est un site internet qui proposera à partir des données de la base Open Medic des éléments de réflexion et d’analyses sur les pratiques de prescriptions par pathologie. Pour chacune d’entre elles, le prescripteur pourra ainsi comparer les contre-indications, les effets indésirables, la littérature médicale, mais aussi recueillir l’avis des experts et de ses confrères et trouver des informations sur les coûts des options thérapeutiques. Enfin, l’application mobile « Valwin » est destinée à accompagner le patient dans le suivi de son traitement au quotidien par une information renforcée et une meilleure compréhension des causes de non observance. Elle vise également à sensibiliser le patient au coût réel de son traitement et permet de l’alerter sur l’existence d’alternatives thérapeutiques plus efficientes ainsi que sur les risques d’iatrogénie médicamenteuse. La dernière étape de ce concours se tiendra le 10 mai 2016, date à laquelle le classement définitif sera réalisé lors d’un jury final. Les cinq lauréats seront tous récompensés d’une dotation selon leur classement.

Benoît Thelliez

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Vos réactions (2)

  • 15 boîtes de Préviscan non utilisées !

    Le 04 février 2016

    Vous pourrez mettre n'importe quel système connecté pour améliorer l'observance, vous n'arriverez à rien.
    J'ai récemment récupéré d'un patient décédé 15 (quinze!) boîtes de Préviscan° et le reste de son traitement à l'avenant. Et pourtant, nous parlions à chacune de ses visites de la nécessité de bien suivre son traitement. Et jamais nous n'avons pu suspecter un tel non respect de la prescription.

  • Observance contre tiers-payant

    Le 15 février 2016

    Le tiers-payant intégral est un véritable frein à l'observance et à la prise de conscience par le patient du coût de son traitement pour le contribuable.
    En effet, il est facile de prendre des médicaments qui ne seront pas utilisés quand ils sont "gratuits"!
    Le tiers-payant ne devrait être que partiel comme le font certaines caisses comme la MGEN.
    Si le patient ne voit pas l'intérêt de son traitement, il ne sera jamais observant.
    Malheureusement, seul l'argent motive les gens. Donc améliorer l'observance reviendrait à les sensibiliser en les faisant payer!
    Généralement une consultation en partie payante est en général plus motivée qu'une gratuite...
    L'argent est le nerf de la guerre et de l'observance!

    Dr Vittorietti

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