Interpol saisit plus de 420 tonnes de médicaments illicites en Afrique de l’Ouest

Paris, le mardi 29 août 2017 - C’est une information dont on ne sait jamais très bien s’il faut s’en réjouir ou la déplorer. L’agence transnationale de coordination des polices, Interpol, a officialisé le 25 aout dernier les résultats de son opération baptisée Heera qui s’est déroulée du 15 mai au 17 juin dans 7 pays d’Afrique de l’Ouest, le Bénin, le  Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Togo et le Nigeria dont l’objet était le démantèlement de laboratoires clandestins et de chaînes d’approvisionnement de médicaments contrefaits. Et le moins que l’on puisse dire est que le coup de filet a été fructueux…

Durant un mois, plus de 1 000 agents de police et des douanes assistés des agences de régulation sanitaires de ces pays ont effectué des contrôles massifs dans les marchés, magasins, pharmacies, entrepôts et autres unités de production clandestines. Résultat : plus de 41 millions de pilules ont été saisies, de même que 13 000 cartons de produits médicaux et pharmaceutiques (analgésiques, antibiotiques, antipaludiques, vitamines, compléments alimentaires…) pour une  valeur totale de près de 20 millions d’euros. Plus de 150 personnes ont été arrêtées ou laissées en liberté sous contrôle judiciaire.

Nouvelle poule aux œufs d’or des mafias mondiales

Si l’on ne peut que se féliciter de la réussite constante des opérations menées par la division d’Interpol dédiée à la lutte contre la criminalité pharmaceutique, il est également impossible de ne pas constater que les quantités saisies, 420 tonnes de médicaments et autres produits de santé contrefaits dans ce cas, ne cessent d’augmenter et qu’elles correspondent donc à un marché émergent pour la grande criminalité. C’est d’ailleurs ce que confirme Tim Morris, le directeur des services de police d’Interpol lorsqu’il explique que « des opérations comme Heera n’ont pas pour seul but de protéger les personnes contre des produits dangereux, mais servent également à démanteler des réseaux illégaux qui sont le plus souvent connectés à d’autres formes de criminalités ».

Si les organisations criminelles se tournent de plus en plus vers la production et la distribution de médicaments contrefaits c’est en grande partie parce qu’il s’agit d’un trafic extrêmement lucratif : produire un médicament falsifié qui aura toutes les apparences de son modèle authentique sans en avoir la véritable formulation chimique est une tâche aussi aisée que rentable. Selon la Fédération internationale des industries du médicament (FIIM), la contrefaçon d’un blockbuster génèrerait ainsi un bénéfice de 500 000 dollars pour un investissement initial de 1 000 dollars. En plus d’un retour sur investissement rapide et conséquent, les réseaux criminels misent sur l’inadaptation des systèmes pénaux de nombreux pays à l’égard des contrefacteurs de médicaments qui n’écopent pas de peines suffisamment dissuasives. D’après l’OMS, 30 % des pays disposent encore d’une réglementation faible ou inexistante pour faire face à la contrefaçon de médicaments.

Benoît Thelliez

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