Keytruda : MSD et le gouvernement d'accord sur le prix de cette immunothérapie prometteuse

Paris, le mardi 28 novembre 2017 – Keytruda (pembrolizumab) développé par les laboratoires MSD fait partie des immunothérapies considérées comme "révolutionnaires" en oncologie. L’efficacité remarquable de ce traitement dans différentes indications a ainsi été mise en évidence et de nouvelles cibles pourraient s’ajouter.

Réduction du prix de 17 %

Keytruda a, en France, d’abord obtenu une autorisation temporaire d’utilisation (ATU), visant le mélanome. Cette ATU a permis une prise en charge des patients traités par Keytruda. Cependant, ce cadre a empêché l’accès rapide à ce traitement dans d’autres indications. Or, notamment face au cancer du poumon, ce médicament connaît des performances inégalées. Ainsi, chez les patients souffrant de cancer bronchique non à petites cellules métastatique (CBNPC) et dont la tumeur exprime le PDL 1 ≥ 50 % sans mutation EGFR ou ALK, le pembrolizumab permet d’obtenir un taux de survie à un an de 70,3 % (vs 54,8 % sous chimiothérapie) et un taux de survie à deux ans  de 51,5 % (vs 34,5 % sous chimiothérapie). On observe ainsi un doublement de la médiane de survie, qui atteint 30 mois pour les patients sous pembrolizubab, vs 14,2 mois sous chimiothérapie.

De tels résultats imposaient des négociations rapides pour la fixation d’un cadre permettant l’accès à cette spécialité. Un accord vient d’être signé entre le gouvernement et MSD. Il a abouti à une diminution du prix de Keytruda de 17 % ; désormais, le tarif du flacon de 50 mg est de 1 314,30 euros HT (les injections sont à renouveler en moyenne toutes les trois semaines). Ce prix est applicable pour toutes les indications actuelles de Keytruda : le CBNPC 1ère ligne et 2ème ligne et le mélanome métastatique. Alors que l’évaluation de la Haute autorité de santé (HAS) pour deux autres indications (lymphome de Hodgkin et cancer de la vessie en 2ème ligne) est en cours, de nouvelles négociations tarifaires sont à prévoir en 2018.

Les multiples aspects de l’approche médico-économique

Cet accord s’inscrit dans la lignée des discussions entreprises par le gouvernement afin de restreindre le poids économique des médicaments innovants tout en assurant leur accès au plus grand nombre de patients possibles. D’autres négociations cruciales sont attendues, concernant notamment la prise en charge des thérapies géniques reposant sur les cellules CAR-T. Plus globalement, la question du prix des traitements innovants est l’objet de nombreux débats, qui ont notamment mis le doigt sur l’absence de transparence qui prévaut parfois sur ces dossiers (des remises non publiques existent en effet probablement pour certaines molécules). Il est probable que ces discussions n’appréhendent pas toujours le phénomène dans son ensemble. Ainsi, l’aspect médico-économique doit également tenir compte des dépenses évitées grâce à des conditions d'administration différentes et plus souples de ces traitements que celles des produits "classiques" et une diminution des complications et des hospitalisations, comme l’a souligné ce matin à l’occasion d’une conférence organisée par MSD le docteur Aurélien Marabelle (directeur clinique du programme d’immunothérapie de Gustave Roussy). Ce dernier soulignait également les différences existant entre les ressources budgétaires des CHU et celles des centres anticancéreux, qui ne bénéficient pas des mêmes souplesses. Enfin, ce praticien invitait à ne pas sous-estimer le caractère révolutionnaire des nouveaux traitements comme le Keytruda et insistait sur l’importance de développer les essais cliniques en France, qui connaît encore, malgré des progrès récents, de nombreux freins administratifs en la matière.

Léa Crébat

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