Recrudescence des violences et agressions à l’encontre des pharmaciens d’officine

Paris, le jeudi 26 mai 2015 - Au-delà de l’insécurité économique qui pèse aujourd’hui sur de nombreuses pharmacies d’officine, l’insécurité physique à laquelle les personnels qui y travaillent sont confrontés est une autre réalité qui prend une ampleur inquiétante. C’est ce que révèle aujourd’hui l’Ordre national des pharmaciens dans un communiqué qui fait état des données accumulées dans son « observatoire 2015 des agressions subies par les pharmaciens ».

Mis en place en 2012, cet outil est alimenté par les fiches de déclarations qui sont transmises à l’Ordre par les pharmaciens d’officine. Il suit, au jour le jour, l’évolution des agressions (physiques, verbales, dégradations matérielles…) dont ils sont victimes. Alain Marcillac,

Référent national sécurité de l’Ordre national des pharmaciens, a d’ailleurs tenu à souligner qu’il était « primordial que les pharmaciens continuent de déclarer les agressions » dont ils font l’objet. L’objectif étant d’établir « un panorama affiné de la situation et de proposer ainsi des solutions adaptées en faveur de la sécurité de l’exercice pharmaceutique ».

80 % des agressions dans des villes de moins de 50 000 habitants

En 2015, l’Ordre déclare avoir reçu 131 déclarations parmi lesquelles 14 % concernaient des agressions avec arme à feu. Une proportion importante qui, pour les autorités ordinales, « témoigne de l’extrême violence subie parfois par les pharmaciens d’officine ». De manière plus générale, et après une stabilisation au cours des trois dernières années, la part des violences à main armée repart à la hausse (+ 3 %). C’est également le cas des agressions avec menace (+ 9 %), alors que les agressions verbales continuent de représenter la moitié des déclarations (48 %).

Peu au fait de la réalité d’un commerce qui brasse peu d’argent liquide, un tiers des agresseurs était pourtant motivé par un vol de caisse. Par ailleurs, l’augmentation de 6 % des agressions liées à la prise en charge (refus de délivrer un produit suite à un défaut de Carte Vitale ou une ordonnance non conforme) témoigne d’un climat dégradé entre les pharmaciens et certains usagers. Concernant la typologie des pharmacies concernées, les chiffres indiquent que les officines de villes de moins de 50 000 habitants concentrent à elles seules 80 % des agressions déclarées. Autre cible privilégiée, les pharmacies des petits centres commerciaux qui enregistrent une hausse de 11 % des agressions. Enfin, et l’actualité récente est là pour le confirmer, l’Ordre rappelle que « les pharmacies rurales ne sont pas épargnées » avec une recrudescence des « razzias » réalisées sur une courte période par un même groupe d’individus à l’échelle d’un ou plusieurs arrondissements départementaux.

Benoît Thelliez

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