Une vaste campagne de vaccination contre la méningite lancée sur le campus de Dijon

Dijon, le lundi 2 janvier 2017 – Une nouvelle réunion de crise s’est tenue ce vendredi au siège de l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté (ARS). Après la confirmation de trois cas (dont 2 décès) parmi des étudiants du campus de Dijon, victimes d’infections invasives à méningocoque, l’ARS prépare une vaste campagne de vaccination (par un vaccin quadrivalent A C W et Y conjugués). Devant initialement concerner un millier de personnes, l’opération doit maintenant cibler 30 000 sujets.

En premier lieu, seront concernés le millier d’étudiants en économie et gestion, filière à laquelle appartenaient les jeunes victimes. Puis, l’ensemble des personnes fréquentant la faculté de droit sera convié à participer à l’opération, avant que les 19 000 autres étudiants du campus soient également invités à se faire vacciner. L’opération est complexe à mettre en œuvre, particulièrement en ce lendemain de trêve des confiseurs et alors que l’ARS doit également organiser une passation de pouvoir avec le départ de Christophe Lannelongue qui sera replacé par Pierre Pribile. Aussi, ce n’est que ce 3 janvier que l’ARS donnera des informations complémentaires sur la campagne, lors d’une conférence de presse exceptionnelle.

Des précédents dans toute la France

Si l’opération est importante, ce n’est pas la première fois qu’une région française est ainsi confrontée à un tel défi. En 2001, la découverte de 18 cas de méningite dans le Puy-de-Dôme avait conduit à lancer dans tout le département une vaste campagne de vaccination contre la méningite à méningocoque de type C : 80 000 personnes avaient alors bénéficié de la vaccination. L’année suivante, ce sont les Pyrénées-Atlantiques qui conduisaient une campagne semblable, qui avait permis de vacciner 60 % de la population concernée en Béarn et 40 % au Pays Basque, même si les résultats avaient été moins encourageants auprès des étudiants (avec seulement 10 % de personnes vaccinées dans les universités de Pau et Bayonne). Enfin, on citera encore l’opération conduite en Seine Marne en 2006 qui avait été l’occasion en France d’une première utilisation du vaccin MENBVAC.

Une couverture vaccinale très insuffisante

Les opérations massives de ce type sont indispensables en France où la couverture vaccinale contre la méningite C est encore très décevante bien qu'en progression. En 2014, la couverture vaccinale contre le méningocoque C était ainsi estimée à 64 % chez les enfants de deux ans, 53,6 % entre 3 et 9 ans, 28,7 % chez les 10-14 ans, 20,5 % chez les 15-19 ans  et à seulement 5,4 % chez les 20-24 ans. La vaccination contre la méningite C est aujourd’hui recommandée chez les nourrissons et chez les personnes de plus de 25 ans fréquentant des lieux de convivialité gay. Les infections invasives à méningocoque de type B ou C ont tué 53 personnes en 2015 (et en ont touché 459 au total). Pourtant, les campagnes de sensibilisation, à la différence de celles qui existent outre-Atlantique et outre Manche restent rares (notre illustration). 

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Mesure d'irresponsables !

    Le 03 janvier 2017

    La 1ère des urgences concernant ces méningites à méningocoques qui restent rares, avec ou sans vaccins qui peuvent aussi provoquer des dégâts, et relativement constantes chaque années, est de savoir rapidement les diagnostiquer afin d'instaurer au plus vite un traitement antibio ad hoc, c'est ce qui n'a pas été fait à Dijon pour 2 étudiantes dont une décédée en octobre, alors que le 3è va mieux. Et on met en place une vaccination de masse pour 30.000 étudiants et personnels qui se traduira par un nombre proportionnel d'effets collatéraux dus aux 2 vaccins du marché couvrant la souche W qui sévirait sur place, soit le Nimenrix et le Menveo, contre A, C, W, Y, qui ont eu d'ailleurs bien des déboires depuis leur sortie; le Nimenrix ayant même substitué le Mencevax pour ces raisons. Ces vaccins n'ayant rien démontré ni en efficacité ni en innocuité. Outre le Menjugate et le Neisvac contre le C, il y a le Bexsero contre le B. Je rappelle qu'il existe 13 souches de méningo. Aura t-on vraiment accès aux résultats des examens concernant ces 2 étudiantes? Est ce bien du W qui représente 5 % des 500 cas approximatifs de méningites à méningo annuelles. Donc encore une décision à l'emporte pièces de l'ARS locale, probablement très sollicitée par Glaxo, puisque le président de l'université contacté remet la responsabilité de la décision sur l'ARS. J'espère au bon sens des étudiants pour ne pas répondre à cette invitation. Enfin pour reprendre le propos d'Alain Fischer du Comité de consultation vaccinale, à savoir qu'aucun vaccin antibactérien n'est efficace s'il n'est pas adsorbé sur sels d'aluminium, je fais remarquer que ni Nimenrix, ni Menveo ne le sont ! Ce qui n'est pas le cas pour les 3 autres, en sus du Méningitec a été retiré du marché et qui fait l'objet de six cents plaintes à Clermont Ferrand.

    Serge Rader

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