Vaccin hépatite B : vers un non lieu

Paris, le mardi 5 janvier 2016 – En 1994, les pouvoirs publics lançaient une vaste campagne de vaccination contre l’hépatite B, concernant notamment les collégiens inscrits en sixième et de manière obligatoire les professionnels de santé hospitaliers. Près d’un tiers de la population aurait au total été concernée par cette vaccination. Une telle ampleur a inévitablement été accompagnée du développement d’affections neurologiques concomitantes, dont certaines ont rapidement été associées dans l'esprit de certains à la vaccination. Tandis que beaucoup remettaient en cause la pertinence d’une campagne aussi massive (le choix de cibler principalement les adolescents et les adultes n’a pas été retenu dans les autres pays) et que les témoignages de "victimes" se multipliaient, le doute s’installait.

Procédures inutiles et trompeuses

En 1998, une instruction judiciaire pour « tromperie aggravée » est ouverte et confiée au juge d’instruction spécialiste des affaires sanitaires, Marie-Odile Bertella-Geoffroy, qui recensera une soixantaine de plaintes. Bientôt, trois anciens responsables des laboratoires pharmaceutiques concernés sont mis en examen. En 2002, un rapport d’expertise accablant est en effet remis par le docteur Marc Girard à la justice, ciblant notamment de prétendues "dissimulations" des pouvoirs publics et l’influence supposée des firmes pharmaceutiques. Cependant, les conclusions de ce rapport seront très rapidement contestées de même que les compétences du rapporteur en matière d'épidémiologie et de neurologie, comme le rappelle aujourd’hui un éditorial du Parisien.

Une nouvelle mission est alors confiée à trois professeurs de médecine spécialisés qui présentent une analyse très différente. D’abord, ils rappellent que « les études ne révélaient aucun risque ou un risque faible de déclencher une sclérose en plaques ». Par ailleurs, ils justifient la recommandation de vaccination des nourrissons et des sujets à risque, mais se montrent plus circonspects quant à la pertinence d’une immunisation massive. Après la remise de ce rapport, l’enquête s’enlise, d’autant que se multiplient les études scientifiques écartant d’une manière globale l’existence d’un lien entre le déclenchement d’une sclérose en plaque et la vaccination contre l’hépatite B et qu’au cas par cas, la plupart des dossiers sont rejetés. En 2013, Marie-Odile Bertella-Geoffroy quitte le pôle judiciaire de Paris, laissant inachevée son instruction, comme tant d’autres. Deux ans plus tard, comme le révèle aujourd’hui le Parisien, les deux magistrats qui ont hérité du dossier s’apprêtent à prononcer un non lieu général après la réquisition du Parquet dans ce sens cet été, mettant fin à dix-sept années de procédures inutiles (a posteriori). Les avocats des parties civiles déplorent cette issue qui privent leurs clients d’un espoir d’indemnisation (qui sans doute n’aurait jamais dû être aussi longtemps entretenu), même si, dans le cas de vaccinations obligatoires, des dédommagements ont bien été versés par l’Etat, bien que le lien n’ait pas été formellement établi entre l’affection rapportée et la vaccination.

Lutte manquée contre l’hépatite B

En terme de santé publique, il est peu probable que cet épilogue judiciaire ait un impact suffisant pour que soient enfin reconnues l’utilité et la nécessité de la vaccination contre l’hépatite B. La France reste le pays d’Europe où le taux de protection des nourrissons est un des plus bas d’Europe et même si des progrès ont été observés ces dernières années, une méfiance tenace demeure encore. Pourtant, dans les pays n’ayant pas connu les mêmes tempêtes qu’en France, les campagnes organisées (ciblant prioritairement les plus jeunes) ont permis d’obtenir des succès durables et importants contre l’hépatite B, sans que l’incidence de la sclérose en plaques ne soit augmentée.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (4)

  • A propos du Dr Girard.

    Le 06 janvier 2016

    Les propos concernant le Dr. Girard illustrent le parti pris général quant au sujet des vaccinations et le besoin de discréditer toute thèse qui dérange et ceux qui les expriment.
    Le Dr Girard ne peut être accusé d'incompétence. Il a toujours agi avec rigueur et en toute indépendance au risque de s'exposer aux critiques et inimitiés de tous bords.
    Son travail d'expert en pharmacovigilance ne peut, en aucun cas, être mis en doute ni contesté.

    Jean-Pierre Eudier

  • 17 ans et une décision cynique !

    Le 10 janvier 2016

    Ce dossier, comme tous ceux concernant les affaires de Santé Publique, est cousu de fil blanc et montre clairement les dysfonctionnements de notre Justice sur le modèle des républiques bananières avec des experts d'institutions à la solde du lobby pharmaceutique. Notre justice est empêchée de fonctionner, comme l'avoue l'ex-juge Marie-Odile Bertella-Geffroy. On a remis en cause l'expertise indépendante du Dr Marc Girard qui en a même perdu ses fonctions d'expert près la Cour d'Appel de Versailles, au prétexte qu'il n'était que généraliste donc non qualifié, alors que le Pr Bégaud, vice-Pt de la Com. de Pharmacovigilance (avec 9 autres experts), déclarait le 15.2.2002 qu'il s'agissait d'une des plus grosses vagues d'effets collatéraux depuis 1974 pour cette vaccination HB, effectuée sur plus de la moitié de la population française, alors que cette maladie était en régression par les mesures de prévention mises en place, notamment l'accès aux seringues pour les toxicomanes. La campagne de 1994 a été mise en place par Douste-Blazy avec des arguments mensongers (l'HB tue en 1 jour plus que le Sida en 1 an !), pour récompenser GSK d'avoir financé une partie de sa campagne législative de 1993, acte tout à fait normal comme le reconnaît le Pt du SNIP de l'époque, aussi Pt de SKB (Engerix B). SKB a fait mieux en Italie puisqu'il a soudoyé le Ministre De Lorenzo à hauteur de 600 millions de lires pour sortir la loi d'obligation vaccinale de 1991 avec aussi une multitude d'effets collatéraux. Ces derniers n'ont pas manqué d'apparaître aussi en Nlle-Zélande (campagne 89/91).... D'ailleurs ces raisons ont amené B. Kouchner à stopper la campagne vaccinale dans les collèges en 1998.

    A propos de compétence, fait-on le même reproche à Mme Françoise Weber, médecin généraliste aussi, pourtant directrice de l'INVS de 2007 à 2014 (H1N1 2009/10) et présidente du CDC européen depuis décembre 2012 ? Il est clair qu'il ne fait pas bon s'opposer à Big Pharma ! De plus le Tribunal de Paris a refoulé l'audition en décembre 2014 des Prs Gherardi et Authier, experts de la myofasciite à macrophages (un des effets secondaires avec près d'un millier de cas en France) et de la neurotoxicité de l'aluminium comme plusieurs autres experts internationaux (Shoenfield, Exley, Tomljenovic, Shaw, Lee...) au prétexte que cela n'apportait rien au dossier !

    Donc une décision d'autant plus scandaleuse que l'incidence des SEP est passée de 5 stationnaires pour 100.000 avant la campagne à plus de 8 pour 100.000 après l'arrêt, soit une augmentation de 65% (étude Le Houezec). Elles doivent probablement tomber du ciel ! En plus de l'aberration et du danger que représente cette vaccination associée dans l'hexavalent (Un 3è vaccin Vaxilis arrive sur le marché) pour les nouveau-nés, il est scandaleux de lire dans la nouvelle loi santé, parue le 17 décembre, la possibilité d'en vacciner les mineurs sans le consentement des parents. Jusqu'où ira-t-on dans le business délétère au détriment de la Santé Publique ? Quid des responsabilités avec des praticiens vaccinateurs, non formés à la vaccinologie très chronophage, dépourvus d'esprit critique non enseigné dans les facs et manipulés par l'industrie des vaccins, toujours irresponsables pénalement, enclin avec la ROSP à plonger dans le système, avec une justice non indépendante dont les conclusions perpétuelles sont le classement sans suite des affaires ou le non-lieu systématique et des victimes hélas laissées pour compte.

    L'Italie a fait sa révolution à ce sujet, l'état perd ses procès les uns après les autres grâce aux experts indépendants qui restent dans l'ombre dans notre pays où je ne perçois pas d'espoir pour le moment. Faudra-t-il mettre la population dans la rue pour y parvenir ?

    Serge Rader

  • Parole des victimes

    Le 11 janvier 2016

    Je vous invite à donner également la parole aux victimes: http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/vaccination-contre-l-hepatite-b-176205
    Les membres du Conseil d’administration du Revahb sont surpris des articles parus dans la presse concernant le réquisitoire de non-lieu portant sur le dossier pénal de la vaccination anti-hépatite B.

    Ces articles tendraient-ils à vouloir faire pression de façon détournée sur la justice ?

    Certes, la juge d’instruction en charge du dossier a reçu ce réquisitoire, mais elle a également les documents des avocats des victimes et elle est libre de donner suite ou non.

    Les plaintes ont été déposées pour que soient éclaircies les conditions dans lesquelles a été lancée cette vaccination de masse, soutenue par une campagne publicitaire particulièrement agressive et mensongère : « L’hépatite B tue en un jour plus que le Sida en un an ». Emissions radiophoniques, télévisées, dépliants, camion sillonnant toute la France et agitant les peurs… Vaccination massive des élèves de sixième dans les établissements scolaires, alors que l’OMS ne préconisait à l’époque que la vaccination des nouveau-nés, des personnes à risques et des personnels médicaux et paramédicaux, et alors même que la France n’était qu’un pays de faible endémie et que l’hépatite B se guérit spontanément dans 90 % des cas.

    Cette campagne a provoqué la plus grande vague de vaccination jamais vue en France : plus de 20 millions de personnes se sont fait vacciner, la plupart sans raison, et ce sont les neurologues qui ont tiré la sonnette d’alarme quand ils ont constaté une augmentation inattendue du nombre de scléroses en plaques. Bernard Kouchner a alors décidé d’arrêter la vaccination dans les collèges.

    De très nombreux autres effets secondaires sont apparus : scléroses latérales amyotrophiques, syndrome de Guillain-Barré, lupus érythémateux, polyarthrites rhumatoïdes, spondylarthrites ankylosantes, diabètes insulino-dépendants, aplasies médullaires, hépatites auto-immunes, syndromes néphrotique, myofasciites à macrophages, syndromes de fatigue chronique,... Les victimes se sont regroupées en association, le Revahb, créé en 1997 : Réseau vaccin hépatite B.

    Depuis 1986, les premiers cas de troubles auto-immuns avaient été répertoriés et publiés dans la littérature scientifique internationale. En France, la pharmacovigilance n’a pas été à la hauteur. C’est le Revahb qui, bénévolement, a assuré à hauteur de plus de 72 % le recensement des effets indésirables, actés par l'Agence du Médicament, puis par l’AFSSAPS devenue l‘ANSM après le scandale du Médiator.

    Le réquisitoire du Parquet a fait étrangement l’impasse sur tous les chefs d’accusation, notamment sur la tromperie et la publicité mensongère pour lesquelles les preuves sont extrêmement nombreuses.

    A la justice désormais de prendre ses responsabilités vis à vis de ceux et celles qui sont restés lourdement handicapés ou sont morts.

    Le dernier mot appartient par principe aux juges d’instruction.

    Catherine Gaches

    REVAHB Courriel : asso.revahb@orange.fr

    6 rue du Général de Gaulle Site internet : www.revahb.fr

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