L. DEHEN,
Hôpital Bichat, Paris
Le prurit vulvaire est un signe important en pathologie
vulvaire, car il révèle, dans la majorité des cas, une cause
organique qui doit toujours être recherchée par un examen
locorégional soigneux.
Diagnostic
L’interrogatoire confirme le prurit, sensation de démangeaison
conduisant à un grattage, et précise son ancienneté. Un prurit
récent aigu oriente vers une cause infectieuse avant tout et
parfois vers une pathologie de contact. Un prurit chronique, qu’il
soit permanent ou intermittent, peut révéler une dermatose
inflammatoire ou une lésion néoplasique. On précisera de même, le
mode évolutif cyclique ou capricieux, le siège localisé ou diffus
du prurit, l’existence d’une symptomatologie associée :
leucorrhées, brûlures, sécheresse muqueuse, dyspareunie,
hémorragies. L’examen clinique local doit se faire dans de bonnes
conditions d’éclairage, en position gynécologique, parfois à l’aide
d’une loupe. L’inspection est le temps majeur : d’abord le versant
cutané, grandes lèvres, périnée, région périanale, pubis et peau
environnante, puis le versant muqueux en écartant les grandes
lèvres, les sillons interlabiaux, les petites lèvres, le capuchon
clitoridien ; puis en écartant à nouveau les petites lèvres afin
d’examiner le vestibule. Un examen du vagin et du col au spéculum
est parfois nécessaire, de même qu’il peut être utile d’examiner le
reste du tégument, la muqueuse buccale, le cuir chevelu et les
ongles selon les cas.
Prurit vulvaire aigu
Les étiologies sont dominées par les causes infectieuses
(encadré). Trois cas de figure se présentent selon les données de
l’examen clinique : on peut être en présence d’une vulvo-vaginite,
de lésions vulvaires sans vaginite ou enfin d’un examen vulvaire
quasi normal.
Vulvo-vaginite
Les leucorrhées pathologiques traduisent une inflammation
vaginale (vaginite) et peuvent être associées à une irritation
vulvaire (vulvo-vaginite).
Ce tableau oriente vers une cause infectieuse et doit faire
réaliser un prélèvement mycobactériologique vaginal. Trois
affections principales provoquent des leucorrhées, dont la plus
fréquente est la candidose aiguë.
Candidose aiguë
Elle est liée à la prolifération de levures saprophytes : le
plus souvent Candida albicans, plus rarement d’autres,
tropicalis, cruseï, glabrata. La vulvite
est au premier plan. Dans sa forme typique, elle réalise une
vulvite érythémato-oedémateuse et prurigineuse. L’érythème s’étend
à la région périvulvaire (inguinale et périanale) réalisant un
intertrigo à bords émiettés micropustuleux ou desquamatifs. Des
leucorrhées blanches caillebottées sont présentes. Les facteurs
favorisants doivent être recherchés (antibiothérapie orale,
diabète, grossesse, VIH, corticothérapie générale…). La présence de
nombreuses levures à l’examen direct et de nombreuses colonies en
cultures sur milieu de Sabouraud sont évocatrices du diagnostic
sans qu’il y ait de critères spécifiques de pathogénicité. La
présence de pseudo-filaments ou de filaments à l’examen direct
semble être le meilleur critère. Toutefois, le prélèvement
mycologique n’est pas indispensable dans cette forme aiguë typique.
Le traitement local repose sur les antifongiques locaux en première
intention : ovules imidazolés et crèmes antifongiques appliquées
deux fois par jour pendant 1 à 2 semaines. En cas d’intolérance au
traitement local, le fluconazole per os 150 mg en dose unique peut
être proposé. Le partenaire masculin est rarement atteint ; en cas
de balanite, il faut la traiter par une crème imidazolée et
rechercher un diabète. Le traitement systématique du partenaire
n’influe pas sur l’évolution de la candidose féminine.
Vaginose bactérienne
C’est un déséquilibre de la flore vaginale avec remplacement de
la flore résidente des lactobacilles (flore de Doderlein) par des
micro-organismes commensaux qui prolifèrent : flore anaérobie
polymicrobienne, Gardnerella vaginalis, Mycoplasma
hominis. Cliniquement, les leucorrhées malodorantes sont au
premier plan. Abondantes, elles sont responsables d’irritation
vulvaire et d’un prurit inconstant. Une vaginose sans leucorrhée
notable est toutefois possible.
Le diagnostic repose sur les critères suivants (trois sur
quatre) :
– des leucorrhées homogènes malodorantes ;
– un pH vaginal supérieur à 4,5 ;
– la présence de clue-cells (examen direct à l’état frais)
;
– un test à la potasse positif.
Le traitement repose sur le métronidazole, 500 mg matin et soir
pendant 7 jours, associé ou non à un traitement local. Le
partenaire masculin est très rarement atteint et son traitement n’a
pas d’impact sur le caractère souvent récidivant de la vaginose. De
nouvelles approches thérapeutiques ont vu le jour avec
l’utilisation de pro- ou prébiotiques qui favorisent l’expansion de
la flore lactobacillaire résidente, notamment dans la prévention
des récidives.
Trichomonose
Trichomonas vaginalis est un parasite responsable de
vulvovaginite. C’est une MST. La vaginite est au premier plan :
leucorrhées souvent abondantes jaunes, vertes ou spumeuses avec un
prurit vulvaire et souvent des signes d’urétrite. Dyspareunie et
troubles urinaires sont possibles. On peut noter un érythème
vulvaire discret, parfois une cervicite. Le parasite est mis en
évidence à l’examen direct à l’état frais des leucorrhées et à
l’urètre avec une sensibilité d’environ 70 %. Le traitement repose
sur le métronidazole per os (500 mg matin et soir pendant 7 jours
ou traitement « minute » de 2 g en prise unique) et concerne aussi
le partenaire même asymptomatique.
Autres vulvo-vaginites bactériennes
Elles ne sont en règle pas responsables de manifestations
vulvaires. Elles sont dominées par une symptomatologie cervico-
vaginale et/ou urétrale (Chlamydia, gonocoque).
Vulvite sans vaginite
Les principales étiologies demeurent infectieuses : candidose,
herpès, condylomes. Les vulvites de contact par irritation ou
allergie sont plus rares.
Candidose subaiguë
Dans sa forme subaiguë, elle se présente volontiers avec une
symptomatologie clinique vulvaire isolée, sans leucorrhées, avec un
prurit vulvaire au premier plan et une dyspareunie. À l’examen, la
vulve dans sa portion muqueuse est érythémateuse, vernissée, à
peine oedémateuse, l’érythème déborde volontiers sur la région
périanale et les plis inguinaux. Parfois, la périphérie de
l’érythème est discrètement squameuse. L’examen au spéculum
retrouve quelquefois des sécrétions endovaginales caillebottées peu
abondantes et adhérentes. Dans ces formes modérées, le diagnostic
différentiel avec un psoriasis génital est aidé par le prélèvement
mycologique vulvaire et vaginal.
Herpès
Si la primo-infection réalise un tableau de vulvite hyperalgique
oedémato-vésiculo-érosive, très accessoirement prurigineuse, la
récurrence est volontiers annoncée par un prurit localisé, puis par
des sensations de brûlure toujours au même site. À l’examen
clinique, il est plus fréquent d’observer une érosion polycyclique
qu’un bouquet vésiculeux rapidement rompu dans cette zone, associée
à une adénopathie satellite dans 50 % des cas. Le diagnostic est
confirmé par le prélèvement local précoce pour culture virale ou
par PCR. Si la récurrence est vue précocement, un traitement par
aciclovir (200 mg x 5/j) per os pendant 5 jours ou valaciclovir
(500 mg x 2/j) per os pendant 5 jours peut être proposé. Ce
traitement antiviral, bien qu’efficace, n’a toutefois d’intérêt que
dans les épisodes importants et/ou prolongés et au mieux instauré
dès l’apparition des prodromes. La prophylaxie des récurrences se
discute en fonction de leur fréquence si elles sont supérieures à
six par an.
Condylomes
Ils sont volontiers révélés par un prurit vulvaire et, dans ce
cas, une candidose est souvent associée.
Il faut distinguer cliniquement :
– les condylomes exophytiques accuminés,
– les condylomes plans (maculopapuleux).
Quels condylomes biopsier ?
Le diagnostic de condylome est clinique. La biopsie est réservée
aux lésions atypiques : formes leucoplasiques ou maculopapuleuses
(figure 1) évoquant une papulose bowénoïde, forme résistante au
traitement ou doute diagnostique.
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Figure 1.
Condylomes plans leucoplasiques
et pigmentés : papulose bowenoïde.
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Cette biopsie doit être réalisée à distance de toute application
de podophylline qui pourrait modifier l’interprétation
histologique.
Quel bilan pratiquer ?
Un examen gynécologique avec frottis cervicovaginal sera réalisé
systématiquement puis annuellement. Un bilan complémentaire
(colposcopie, biopsie) dépendra des résultats précédents.
L’anuscopie est effectuée en cas d’atteinte périanale et/ou de
rapports réceptifs anaux. La recherche d’une maladie sexuellement
transmissible associée doit être systématique (prélèvement
mycobactériologique cervicovaginal avec PCR Chlamydiae, sérologies
VIH, hépatite B, TPHA VDRL). Le partenaire doit être examiné
cliniquement. Le traitement repose sur la destruction chimique
(podophylline, podophyllotoxine, 5-fluorouracile topique, acide
trichloracétique) ou physique (azote liquide, électrocoagulation,
laser CO2) des lésions visibles. Les moyens sont multiples, mais,
quelle que soit la thérapeutique choisie, le taux d’échecs et de
récidives est élevé et comparable, ce qui souligne la nécessité
d’une surveillance clinique postthérapeutique. Un traitement
immunomodulateur topique est aussi disponible, dont le taux de
récidives est toutefois inférieur à ceux des autres traitements.
L’imiquimod créme à 5 % (Aldara®) est appliquée 3 soirs par semaine
jusqu’à la disparition des lésions visibles, pour une durée
maximale de 16 semaines.
Vulvites de contact
Les vulvites de contact sont plus rares. On oppose classiquement
les vulvites d’irritation ou caustiques et les vulvites
allergiques. La vulvite caustique est liée à l’effet irritant d’une
substance appliquée trop longtemps de façon trop concentrée sur une
région anatomique où se surajoute un effet d’occlusion et de
macération. La symptomatologie est dominée par les brûlures
davantage que par le prurit, elle est souvent d’apparition brutale.
La vulve est le siège d’un érythème et d’un oedème, voire
d’érosions et d’ulcérations. Le siège des lésions dessine la zone
de contact avec le produit irritant. C’est l’anamnèse qui permet le
diagnostic. La vulvite de contact allergique est secondaire à une
sensibilisation due à une substance non irritante. Le prurit
vulvaire domine la symptomatologie fonctionnelle, le tableau
clinique est moins violent. La vulve est le siège d’un érythème
microvésiculeux, puis desquamatif ; le siège des lésions peut
déborder la zone de contact et même être retrouvé à distance sur le
tégument. La substance sensibilisante n’est pas toujours facile à
identifier : il peut s’agir du latex, de crème et ovule
contraceptifs, voire de crème et d’ovule thérapeutiques contenant
sulfamide, pénicilline, néomycine, anesthésique, baume du Pérou,
lanoline, etc.
Vulve normale
II existe un prurit aigu et l’examen clinique révèle une vulve
normale ou à peine érythémateuse.
Il peut s’agir, là encore, d’une candidose.
L’interrogatoire signale un prurit récurrent et intermittent en
fin de cycle, associé à une dyspareunie et/ou des fissurations
vulvaires intermittentes. L’examen clinique est souvent normal le
jour de la consultation. Le prélèvement mycologique vulvaire et
vaginal, effectué en période symptomatique (souvent en fin de
cycle) et à distance de toute application d’antifongiques, permet
d’écarter le principal diagnostic différentiel : le psoriasis
vulvaire.
Les infections à Gardnerella, Trichomonas et
Chlamydia sont parfois responsables d’un prurit vulvaire lié aux
leucorrhées, associé à une vulve normale chez la femme en période
d’activité génitale.
C’est l’examen direct des sécrétions vaginales et le prélèvement
bactériologique cervico-vaginal qui permet de préciser le
diagnostic.
Prurit vulvaire chronique
Dans ce cas, il est bien rare que l’examen vulvaire soit normal.
En pratique, soit l’examen révèle une lésion non spécifique liée au
grattage (lichénification) et se pose la question de la dermatose
sous-jacente, soit l’examen retrouve une lésion bien individualisée
et se pose alors la question d’une biopsie.
L'encadré ci-contre résume les principales causes de prurit
vulvaire chronique.
Lichénification
Ce terme correspond aux modifications de la peau, secondaires à
un grattage chronique. La portion cutanée de la vulve, sous
l’influence d’un grattage permanent, s’épaissit avec accentuation
du quadrillage ; sa teinte se modifie, grisâtre, blanchâtre ou
érythémateuse. Sur le plan histologique, la lichénification
correspond à une hyperplasie épidermique bénigne non spécifique.
Sur le plan étiologique, une lichénification vulvaire est soit
primitive (névrodermite), soit secondaire à une dermatose
sous-jacente principalement : candidose, lichen scléreux et
psoriasis. Cet aspect lichénifié gêne le diagnostic de la dermatose
sous-jacente.
L’interrogatoire et l’examen physique orientent souvent le
diagnostic étiologique :
– des bords émiettés touchant les plis et la région périanale,
des leucorrhées caillebottées intermittentes, une recrudescence
prémenstruelle évoquent une candidose (figure 2) ;
– une lichénification blanche et une atrophie des reliefs vulvaires
orientent vers un lichen scléreux ;
– une lichénification rouge très bien limitée, un intertrigo
interfessier remontant haut dans le pli, la présence de lésions
cutanées de psoriasis orientent vers une localisation génitale de
la dermatose.
Un prélèvement mycologique vulvaire et vaginal et/ou une biopsie
vulvaire sont parfois nécessaires pour confirmer le diagnostic. Le
traitement consiste à supprimer le prurit. Il repose sur un
dermocorticoïde de classe 1 ou 2 pendant au moins un mois
d’application quotidienne, puis de façon dégressive. En cas de
lichénification secondaire à une candidose chronique, le traitement
par antifongiques doit être entrepris préalablement et un
traitement antifongique local ou per os séquentiel institué pour
pallier les récidives.
Prurit chronique et lésion vulvaire blanche
Il peut s’agir soit d’un lichen scléreux, soit d’une
leucoplasie. La biopsie vulvaire est le plus souvent
nécessaire.
Lichen scléreux
C’est une cause fréquente de prurit vulvaire chronique. Il
survient à tout âge mais surtout après la ménopause. C’est le
principal précurseur du carcinome épidermoïde vulvaire. Le
diagnostic est le plus souvent clinique : lésions blanches nacrées
avec atrophie muqueuse de siège vulvaire interne. Mais il existe un
grand polymorphisme clinique : siège très localisé, couleur
hyperpigmentée, érythémateuse ou vitiligoïde, aspect lichénifié,
formes compliquées : lésion leucoplasique, érosive ou ulcérée.
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Figure 2.
Lichénification vulvaire
secondaire à une candidose chronique : noter les bords finement
squameux et mal limités des zones inguinales et périnéale en « V »
postérieur.
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La biopsie vulvaire doit être réalisée en cas de doute
diagnostique, de même que sur toutes les lésions suspectes.
Histologiquement, le diagnostic de lichen scléreux non compliqué
est confirmé par la présence d’une bande sclérohyaline du derme
superficiel surmontée d’un infiltrat lymphocytaire et d’un épiderme
le plus souvent atrophique.
Le traitement du lichen scléreux non compliqué fait appel à la
corticothérapie locale de classe 1 (Dermoval®, Diprolène®) en
traitement d’attaque, une fois par jour le soir jusqu’à disparition
complète des lésions (1 à 3 mois) puis espacé progressivement sur 3
à 6 mois lorsque la régression clinique est obtenue. Une
surveillance annuelle prolongée est indispensable, car les rechutes
sont fréquentes et pas toujours symptomatiques.
Leucoplasie
Ce terme désigne une lésion blanchâtre, mate, épaisse, bien
limitée. Elle peut être unique ou multiple ou associée à d’autres
lésions qui orientent alors le diagnostic : condylomes des lésions
HPV, atrophie muqueuse et synéchies des processus lichéniens,
atteinte buccale d’un lichen plan. La leucoplasie impose toujours
une biopsie afin d’en préciser son étiologie. Si l’histologie ne
retrouve pas d’atypie cellulaire épithéliale, il peut s’agir d’un
condylome ou d’un lichen. S’il existe des atypies cellulaires
épithéliales, il peut s’agir d’une néoplasie intraépithéliale
vulvaire : maladie de Bowen ou papulose bowenoïde (VIN
indifférenciées) ou d’un carcinome épidermoïde.
La lésion est unique
La maladie de Bowen vulvaire est un carcinome
intraépithélial HPV-induit de la femme âgée et se présente sous la
forme d’une plaque le plus souvent unique, leucoplasique ou
érythro-leucoplasique qui s’étend progressivement sans jamais
disparaître.
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Figure 3.
Psoriasis vulvaire :
érythème diffus bien limité.
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L’évolution vers un carcinome épidermoïde invasif est décrite
dans 30 % des cas.
La biopsie effectuée sur la zone la plus épaisse ou la plus
suspecte montre l’image histologique d’une dysplasie sévère étagée
sur toute la hauteur de l’épithélium (VIN 3 ou VIN indifférenciée).
Son traitement en l’absence d’invasion consiste en une chirurgie
d’exérèse limitée avec une marge de 5 mm et une surveillance
prolongée pendant toute la vie, car des rechutes sont possibles. Un
bilan gynécologique de l’infection HPV doit être réalisé.
Le carcinome épidermoïde peut se présenter
comme une petite plaque leucoplasique. Il survient rarement de
novo, sur une muqueuse saine et normale ; il est le plus souvent
associé à un précurseur (90 % des cas) : lichen scléreux (70 % des
cas) ou maladie de Bowen (30 % des cas).
Les lésions sont multiples et/ou polymorphes
La papulose bowénoïde est une entité qui touche
la femme plus jeune, caractérisée par des lésions cliniques proches
des condylomes, mais avec une histologie de dysplasie sévère
comparable à la maladie de Bowen. L’aspect des lésions est
polymorphe : maculopapules planes ou verruqueuses, leucoplasiques,
pigmentées ou roses, plus ou moins disséminées sur la vulve et la
région périanale.
Malgré une histologie inquiétante, l’évolution est
majoritairement bénigne. Une transformation en carcinome invasif
est toutefois possible sur terrain immunodéprimé et dans les formes
extensives et confluentes. Un bilan de l’infection HPV est
indispensable car, dans plus de 40 % des cas, la papulose bowénoïde
est associée à des lésions de dysplasie sévères du col utérin, du
vagin et/ou de l’anus (frottis cervicovaginal, colposcopie,
anuscopie, biopsie si besoin).
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Figure 4.
Plaque érythroplasique :
maladie de Bowen (diagnostic
histologique).
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Le traitement ne doit pas être mutilant : il associe imiquimod
puis laser sur les lésions résiduelles et chirurgie d’exérèse sur
les zones suspectes ou résistantes pour contrôle histologique.
Prurit chronique et lésion vulvaire érythémateuse
Les lésions sont diffuses
Un psoriasis (figure 3) doit être évoqué dans sa localisation
vulvaire devant un érythème rouge vif, bien limité, non squameux
dans cette localisation muqueuse, volontiers fissuraire (sillons
interlabiaux, fourchette, périnée). L’atteinte associée du pli
interfessier ou des plis inguinaux est très évocatrice. Les lésions
à distance (peau, cuir chevelu, ongles) aident au diagnostic, mais
sont inconstantes. Un prélèvement mycologique vulvaire (et vaginal)
est parfois nécessaire pour écarter une candidose subaiguë. Le
traitement repose sur la corticothérapie locale en poussée, mais
les récidives sont fréquentes.
La lésion est unique
L’érythroplasie est une plaque rouge brillante, bien limitée, de
siège muqueux, fixe, dont le diagnostic ne peut être établi que par
un examen histologique.
Toute érythroplasie doit conduire à une biopsie qui précisera le
diagnostic : lésion bénigne – lichen plan – ou néoplasique.
Les néoplasies vulvaires pouvant se présenter sous forme
d’érythroplasie sont : la maladie de Bowen (figure 4), le carcinome
épidermoïde et la maladie de Paget.
Conclusion
Aigu, le prurit doit faire réaliser des prélèvements
mycobactériologiques vulvo-vaginaux pour détecter une cause
infectieuse. Chronique, il peut révéler une lésion néoplasique ou
précancéreuse. Toute lésion chronique bien individualisée doit être
biopsiée.
Pour en savoir plus
• Dehen L. Prurit vulvaire. Thérapeutique dermatologique.
Médecine-Sciences Flammarion 2001 en ligne www.therapeutique-dermatologique.org
Copyright © Len medical, Gynecologie pratique, juin 2010