E. MAHÉ,
Service de dermatologie,
hôpital Victor Dupouy, Argenteuil
Illustration/figure 1. : Psoriasis en plaques.
Le psoriasis touche 2 à 5 % de la population. Un début
dans l’enfance est rapporté chez 30 à 50 % des patients et jusqu’à
deux tiers des patients dans les formes familiales. Le diagnostic
est clinique et ne nécessite pas, en général, d’explorations
complémentaires. Toutes les formes de psoriasis sont observées chez
l’enfant. Cependant, la fréquence des différentes formes varie avec
l’âge. Une grande part de la prise en charge est destinée à
expliquer la maladie à l’enfant et à ses parents, et l’objectif,
les moyens et les limites des traitements.
Épidémiologie
On distingue classiquement deux grands types de psoriasis : le «
psoriasis familial » et le « psoriasis sporadique ». Le premier
débute précocement et la composante familiale est retrouvée deux
fois sur trois.
Cette notion familiale peut être utile si le diagnostic de
psoriasis est difficile chez un enfant. Le second type de psoriasis
est de début plus tardif, à l’âge adulte et la composante familiale
n’est retrouvée que dans un cas sur trois. Plusieurs études
récentes ont essayé d’évaluer la fréquence du psoriasis chez
l’enfant avec des données contradictoires. Néanmoins, deux études
européennes ont évalué cette prévalence, avant 18 ans, à environ
0,7 %. Peu de données sont disponibles quant au devenir des enfants
psoriasiques. Une étude récente montre que la forme clinique du
psoriasis est stable entre l’enfance et l’âge adulte, et que la
sévérité du psoriasis à l’âge adulte ne semble pas modifiée par un
début dans l’enfance.
Aspects cliniques
L’aspect sémiologique « typique » de la plaque de psoriasis chez
l’enfant est le même que chez l’adulte. La lésion élémentaire est
une plaque squameuse, à squames épaisses « psoriasiformes », bien
limitée, symétrique touchant les zones bastions. Dans les formes
précoces, les plaques peuvent être plus petites et les squames plus
fines que chez l’adulte, pouvant prendre un aspect volontiers
eczématiforme, trompeur.
Dans les formes précoces,
les plaques peuvent prendre un aspect volontiers eczématiforme,
trompeur.
Les formes cliniques
L’aspect le plus fréquemment observé chez l’enfant
est le psoriasis en plaques (figure 1). L’aspect clinique
diffère cependant avec l’âge : psoriasis des langes chez le
nourrisson, psoriasis en gouttes chez l’enfant, par exemple. Enfin,
certaines localisations semblent plus fréquentes chez l’enfant
comme l’atteinte des organes génitaux externes, du visage et les
pulpites sèches.
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Figure 2. Fausse teigne
amiantacée.
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Les plaques du cuir chevelu peuvent avoir l’aspect classique.
Cependant, un aspect de fausse teigne amiantacée (figure 2) peut
être observé chez l’enfant et être révélateur du psoriasis.
L’enfant se présente avec un casque de squames-croûtes grisâtres,
épaisses, adhérentes aux cheveux. Il n’y a classiquement pas
d’alopécie associée.
La présentation qui semble la plus fréquente durant
les deux premières années de vie est le psoriasis des langes.
Il débute dans les plis et peut diffuser sur toute la zone des
couches. L’aspect typique est celui d’un érythème fessier bien
limité, vernissé, peu squameux, prédominant sur les convexités
(figure 3). La localisation au siège s’observe aussi chez l’enfant
plus grand. Il se localise alors au niveau des organes génitaux
externes.
La fréquence du psoriasis en gouttes est plus
élevée chez l’enfant que chez l’adulte. Ce serait la première
manifestation de 20 à 40 % des enfants. C’est un psoriasis éruptif
qui peut secondairement se chroniciser. Il est constitué de petites
macules, souvent rosées, prédominant sur le tronc et la racine des
membres. Il disparaît spontanément dans 50 % des cas en quelques
mois. Le psoriasis en gouttes succède fréquemment à une infection à
streptocoque bêta-hémolytique (groupe A, mais aussi C ou G),
surtout à type d’angine, mais aussi de vulvite, d’anite ou de
balanite. Un prélèvement bactériologique (ou un test de diagnostic
rapide) est systématiquement pratiqué en cas de suspicion clinique
d’infection streptococcique. La réalisation d’un prélèvement afin
de rechercher une infection latente est proposée par certains
auteurs.
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Figure 3. Psoriasis des langes.
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L’atteinte du visage est plus fréquente chez
l’enfant. Un aspect sémiologique très particulier à l’enfant
est l’aspect en « clown rouge » (figure 4). Le psoriasis touche de
façon exclusive ou non, les deux joues. Les plaques sont très
inflammatoires, symétriques et très bien limitées. La localisation
aux paupières et aux plis rétroauriculaires est aussi fréquente,
mimant une dermatite atopique.
L’atteinte du visage est
plus fréquente chez l’enfant.
Les formes palmo-plantaires en plaques ou
pustuleuses sont observées chez l’enfant. L’atteinte la plus
fréquente est la pulpite sèche, souvent fissuraire. Elle a un
retentissement important pouvant entraîner des difficultés à
l’écriture (figure 5) avec retentissement scolaire.
Comme chez l’adulte, des atteintes unguéales,
linguales ou articulaires peuvent être observées. Un tiers des
enfants auraient une atteinte unguéale (figure 6 p.6) et moins de
10 % une atteinte linguale, principalement de type langue
géographique (figure 7).
Enfin, si le rhumatisme psoriasique touche 10 à 25 % des adultes
psoriasiques, il est exceptionnel chez l’enfant et toucherait plus
fréquemment l’adolescent.
Points importants pour le diagnostic
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Figure 4. Psoriasis du visage en « clown rouge
».
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Devant un enfant suspect de psoriasis, des éléments importants
sont à prendre en compte pour aider au diagnostic :
– antécédents familiaux ;
– aspect de la lésion élémentaire ;
– lésions à distance (figures 2 et 4) ;
– atteintes des zones bastions ;
– atteinte extra-cutanée (ongles et langue).
Traitements
Dans la majorité des cas, le psoriasis de l’enfant est une
maladie bénigne avec un retentissement esthétique et donc social.
L’objectif du traitement ne sera pas de guérir la maladie (ce qu’il
faudra expliquer aux parents et à l’enfant), mais de la rendre
acceptable pour l’enfant, c’est-à-dire, lui autoriser une vie la
plus normale possible, éviter les moqueries, pouvoir écrire (figure
5), aller à la piscine, etc.
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| Figure 5. Psoriasis pulpaire,
fissuraire empêchant l’utilisation « normale » du
stylo. |
Ainsi, un psoriasis du visage doit être traité alors que
l’objectif thérapeutique dans un psoriasis en gouttes aigu chez un
enfant en bas âge pourra être plus modeste. L’importance d’une
relation et d’une discussion médecin-enfantparents étroite dans la
prise en charge de l’enfant est primordiale. Elle permet à la
famille de comprendre le psoriasis, d’intervenir dans le choix du
traitement, et de s’assurer de la bonne observance thérapeutique
afin d’aboutir aux objectifs préalablement établis ensemble
(traitement de la poussée, simples émollients, etc.).
Le trépied thérapeutique associe (la première consultation est
un peu longue) :
– une phase d’éducation des parents et de l’enfant : qu’est-ce
que la maladie ? quelle est son évolution ? quels sont les
possibilités thérapeutiques ? etc. ;
– le traitement, local ou général ;
– un soutien psychologique parfois utile.
Éducation des parents et de l’enfant
Transmission et évolution de la maladie : les
questions des parents
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Figure 6. Psoriasis unguéal.
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Trois questions sont fréquemment posées en consultation : «
est-ce contagieux ? », « va-t-il avoir ça toute sa vie ? », « si
j’ai un autre enfant, risque-t-il d’avoir du psoriasis ? ». La
première question ne pose pas de problème et l’on se doit d’être
très rassurant. Le devenir du psoriasis au long terme est une
question plus difficile à aborder car l’évolution est imprévisible.
Il faudra essayer d’être rassurant même si les données concernant
le devenir au long terme du psoriasis sont contradictoires. Enfin,
le risque de développer un psoriasis si un parent est atteint
serait de 25 %, et de 60-70 % si les deux parents sont
atteints.
Le risque de développer un
psoriasis si un parent est
atteint serait de 25 %, et de 60-70 % si les deux parents sont
atteints.
L’éducation thérapeutique
Les principes du message à transmettre aux parents ne se
limitent pas aux traitements, mais il faut savoir expliquer ce
qu’est la maladie et son devenir afin de faire adhérer les parents
à la maladie de l’enfant et au projet thérapeutique.
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Figure 7. Psoriasis lingual : langue
géographique.
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On peut séparer le message en trois axes :
• physiopathologie (« ce n’est pas dans la tête ») :
– terrain génétique et immunologique prédisposant à la
maladie,
– intervention de facteurs environnementaux (dont le stress) dans
les poussées de la maladie, éviter les traumatismes (ex. : éviter
de se ronger les ongles) ;
• évolution de la maladie :
– maladie non mortelle, non contagieuse,
– maladie chronique évoluant par poussées,
– rémissions spontanées ou avec le traitement possibles ;
• traitement :
– aucune restriction alimentaire, sportive ou vaccinale,
– il n’existe pas de traitement curatif, les thérapeutiques
contrôlent les poussées,
– le traitement est adapté à la localisation des lésions, à
l’extension des lésions et à l’aspect sémiologique, – un soutien
psychologique peut être utile dans les formes sévères.
Traitements médicaux
Traitements locaux
• L’utilisation d’un émollient est, dans tous les cas, très
utile. Elle permet d’éliminer les squames et est satisfaisante d’un
point de vue cosmétique.
• Sur des lésions plus kératosiques, notamment dans les fausses
teignes amiantacées, l’adjonction d’acide salicylique (3-10 %)
permet de réduire rapidement l’hyperkératose. Il faut éviter
l’application sur des grandes surfaces, et la contre-indiquer chez
l’enfant de moins de 2 ans.
• Le traitement par dermocorticoïdes est très utile pour le
traitement d’attaque. L’application sur des grandes zones et au
long cours pose cependant des problèmes de toxicité cutanée. Il ne
faudra pas hésiter à débuter avec des corticoïdes forts ou très
forts et les utiliser de façon prolongée : plusieurs semaines,
voire mois. Le traitement « d’attaque » est à maintenir jusqu’au
blanchiment des lésions avant de débuter une décroissance très
progressive sur plusieurs semaines ou mois afin d’éviter un
rebond.
• Les dérivés de la vitamine D et les rétinoïdes locaux n’ont pas
d’AMM chez l’enfant, à l’exception du calcipotriol qui est autorisé
à partir de 6 ans.
• L’assocation calcipotriolbétaméthasone n’est, d’après l’AMM, pas
recommandée chez le patient de moins de 18 ans. Néanmoins, par
analogie au calcipotriol, il peut être utile chez l’enfant, sur des
plaques localisées.
• Le tacrolimus, bien que sans AMM dans cette indication, paraît
efficace dans les formes localisées, et notamment pour les
localisations au visage, aux plis et les atteintes
ano-génitales.
• Il est important d’expliquer aux parents les propriétés des
produits, leur puissance, leur toxicité et les propriétés
cosmétiques des produits prescrits qui permettront de choisir le
traitement local le plus adapté à l’enfant.
Le psoriasis des langes pose des problèmes thérapeutiques
spécifiques. Il faut limiter les facteurs de contact : laisser tant
que possible les fesses à l’air, changer plus fréquemment l’enfant
pour éviter les macérations, traiter les surinfections par des
antifongiques (kétoconazole, ciclopiroxolamine). D’un point de vue
thérapeutique, les dérivés de la vitamine D et les rétinoïdes sont
irritants sous occlusion. Les dermocorticoïdes sont à éviter sous
occlusion, mais peuvent être employés à condition d’utiliser un
dermocorticoïde d’activité modérée, en cure courte.
Photothérapies
Du fait de son risque carcinogène, les photothérapies sont
évitées chez le petit enfant. Il est recommandé en France d’éviter
ces thérapeutiques avant l’âge de 12 ans. La préférence serait la
photothérapie UVB, considérée comme moins carcinogène.
Antibiothérapie dans le psoriasis en gouttes
La dispersion des lésions sur tout le tégument rend
l’utilisation de traitements locaux inadaptée. Les émollients
peuvent suffire à rendre cosmétiquement acceptable cette éruption
qui va dans 50 % des cas régresser spontanément. Le rôle du
streptocoque dans la pathogenèse du psoriasis en gouttes fait
discuter l’utilisation d’antibiotiques. S’il existe un foyer
streptococcique, l’antibiothérapie par bêtalactamines ou macrolides
est justifiée. La durée du traitement est adaptée à la localisation
du foyer (5-7 jours pour une angine contre au moins un mois en cas
d’atteinte ano-génitale). Aucune étude n’a démontré l’intérêt d’une
antibiothérapie sur une infection streptococcique latente, quels
que soient la durée et le type d’antibiotique, sur l’évolution en
termes de guérison, d’évolution vers une autre forme de psoriasis
ou de nombre de récurrences de ce type de psoriasis. Si le
psoriasis en gouttes se chronicise, un traitement général,
rétinoïdes ou photothérapie, sera discuté.
Traitements généraux
L’utilisation de traitements systémiques doit être discutée chez
l’enfant si :
– il présente une forme sévère de psoriasis ;
– il existe une résistance (et non un simple défaut d’observance)
aux traitements locaux ;
– l’enfant et les parents peuvent adhérer au traitement.
• L’acitrétine (Soriatane®) trouve une excellente indication
dans ces formes sévères, notamment dans le psoriasis pustuleux.
Elle représente actuellement le traitement général de première
intention du psoriasis de l’enfant pour de nombreux «
dermato-pédiatres ». Chez l’enfant, il serait « efficace » dans 60
% des cas. La dose de départ est d’environ 0,5 mg/kg/j avec une
dose maximale de 1 mg/kg/j. Le maximum d’efficacité est obtenu au
bout de 4 à 8 semaines. Cette dose est ensuite diminuée jusqu’à
obtention de la dose minimale efficace pour une durée de 6 à 12
mois le plus souvent. L’acitrétine peut être utilisée en
association à la photothérapie. Le risque de soudure précoce des
épiphyses, qui a été longtemps un obstacle psychologique à
l’utilisation de ce traitement, semble exceptionnel à ces doses et
ne justifie pas de mesure de surveillance particulière. Cela
d’autant que, contrairement aux ichtyoses, le traitement n’est pas
destiné à être poursuivi pendant plusieurs années.
L’acitrétine représente
actuellement le traitement général de première intention du
psoriasis de l’enfant.
• Il existe peu de données concernant l’utilisation de la
ciclosporine (Néoral®) et du méthotrexate chez l’enfant. Leur
prescription doit être réservée à des formes sévères, après échec
des traitements locaux et de l’acitrétine. Ils doivent être
prescrits dans des centres habitués au maniement des ces
molécules.
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Tableau. Pour agrandir cliquez sur
l'image
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L’objectif est d’utiliser les doses minimales efficaces pour des
durées limitées (6-18 mois).
• Parmi les biothérapies ayant l’AMM pour le psoriasis (anti-TNF
alpha : infliximab, étanercept, adalumimab ; et anti-interleukines
12/23 : ustékinumab), seul l’étanercept a l’AMM chez l’enfant de
plus de 8 ans (demande d’extension d’AMM à 6 ans en cours). Sa
prescription est limitée aux formes sévères résistantes aux autres
traitements systémiques (stricto sensu : résistance ou
contre-indication à deux traitements parmi immunosuppresseurs et la
photothérapie) et son initiation doit être hospitalière.
L’utilisation des autres biothérapies devra être discutée dans
des centres de dermatologie pédiatrique. Le tableau synthétise les
principes de l’utilisation de ces médicaments systémiques.
Conclusion
Le psoriasis de l’enfant est une pathologie fréquente. Le
diagnostic en est le plus souvent aisé et aucun examen
complémentaire n’est justifié. La prise en charge de l’enfant et
des parents repose sur une relation de confiance qui permettra de
faire comprendre les problèmes chroniques liés à cette pathologie
bénigne et à optimiser la prise en charge de l’enfant.
Pour en savoir plus
• Augustin M et al. Epidemiology and comorbidity of psoriasis in
children. Br J Dermatol 2010 ; 162 : 633-6.
• Clabaut A, Viseux V; Société française de dermatologie
pédiatrique. Prise en charge du psoriasis de l’enfant. Ann Dermatol
Venereol 2010 ; 137 : 408-15.
• de Jager ME et al. Efficacy and safety of treatments for
childhood psoriasis: a systematic literature review. J Am Acad
Dermatol 2010 ; 62 : 1 013-30.
• Gelfand JMet al. Prevalence and treatment of psoriasis in the
United Kingdom: a population-based study. Arch Dermatol 2005 ; 141
: 1 537-41.
• Marrakchi S et al. Interleukin-36-receptor antagonist deficiency
and generalized pustular psoriasis. N Engl J Med 2011 ; 365 :
620-8.
• Paller AS et al. Etanercept treatment for children and
adolescents with plaque psoriasis. N Engl J Med 2008 ; 358 : 241-
51.
• Sticherling M et al. Therapy of psoriasis in childhood and
adolescence - a German expert consensus. J Dtsch Dermatol Ges 2011
; 9 : 815-23.
Copyright © Len medical, Dermatologie pratique, mars 2012
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