P. FRAISSE*, B. de WAZIÈRES**
*Service de pneumologie, Nouvel hôpital civil de Strasbourg ;
coordonnateur du groupe Tuberculose de la SPLF
**CHU de Nîmes
La tuberculose des personnes âgées pose le problème de
son pronostic et de la transmission des bacilles en collectivité.
Le délai diagnostique moyen excède 3 mois. Il n’est pas plus élevé
chez le sujet âgé mais peut être plus préjudiciable au pronostic.
Le réduire suppose de penser à demander précocement une
radiographie au moindre doute, principalement chez les personnes
âgées ayant contracté une infection tuberculeuse dans leur
jeunesse, ayant migré ou encore vivant en collectivité. Un autre
enjeu est de détecter une infection tuberculeuse latente (ITL) chez
un patient justiciable d’un traitement
immunosuppresseur.
L’épidémiologie de la tuberculose en France est en train de se
modifier avec une incidence en baisse des tuberculoses maladies.
Toutefois, contrairement aux pays en voie de développement, la
tuberculose chez les patients nés en France reste majoritaire dans
la tranche d’âge des plus de 60 ans, alors que chez les sujets nés
à l’étranger, elle s’observe plutôt entre 30 et 50 ans. Cependant,
il y a peu de publications concernant la présentation clinique
spécifique chez les personnes âgées, les études se focalisant
plutôt sur les sujets plus jeunes (figure).
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Incidence de la tuberculose selon le lieu de
naissance et l’âge en France en 2009.
Champ : France métropolitaine
Sources : Déclaration obligatoire de tuberculose, InVS.
Source : L’état de santé de la population en France - Suivi des
objectifs annexés à la loi de santé publique -Rapport 2011 -
Incidence de la tuberculose.
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Diagnostic
Savoir y penser
Présentation clinique
Le tableau illustre la fréquence des principaux signes cliniques
révélateurs. Chez les sujets âgés, la présentation est souvent
pauci-symptomatique avec des signes banals tels que la toux, la
fièvre ou l’amaigrissement qui alertent peu. C’est particulièrement
le cas de la toux, en présence de comorbidités respiratoires ou de
fausses routes. Quant à des signes plus évocateurs tels que
l’hémoptysie ou les sueurs nocturnes, les patients seront plus
souvent dirigés en pneumologie de sorte que les gériatres verront
peu ces formes. On peut donc passer à côté du diagnostic, sauf à y
penser systématiquement.
Par ailleurs, il y a de plus en plus de patients immunodéprimés
qui peuvent révéler des tuberculoses sur des modes sémiologiques
atypiques.
Biologie sanguine
Elle n’a aucune spécificité et ne permet pas d’éliminer le
diagnostic.
● Un délai diagnostique de > 3 mois
À tout âge, les délais diagnostiques sont très longs, en moyenne
de l’ordre d’environ 100 jours après le début des symptômes. Une
étude belge récente montre par ailleurs qu’il n’y a pas de
différence significative entre sujets âgés et jeunes dans les
délais diagnostiques.
Savoir évoquer le diagnostic
L’objectif est d’évoquer une tuberculose active sans la
confondre avec une tuberculose ancienne ou une ITL.
Anamnèse
L’existence d’une tuberculose ancienne est un argument pour
rechercher une tuberculose active en cas de symptômes compatibles.
On s’appuie sur l’anamnèse (notion de tache au poumon, pleurite ou
séjour en sanatorium) et/ou des images évocatrices de tuberculose
ancienne en radiographie de dépistage.
Imagerie
Le scanner peut aider à différencier les tuberculoses anciennes
des tuberculoses actives en montrant des aspects évolutifs. Le PET
Scan peut objectiver des critères d’activité aux niveaux pulmonaire
et ganglionnaire. Les tuberculoses « anciennes » en rémission
spontanée justifient un traitement préventif à condition d’éliminer
préalablement une tuberculose active.
Tests de dépistage (tests de détection de l’interféron γ et IDR
à la tuberculine)
Aucune aide au diagnostic de tuberculose
maladie
Les tests de libération d’interféron (QuantiFERON® ou T-Spot)
requièrent une simple prise de sang. Ils sont devenus préférables à
l'intradermo-réaction à la tuberculine (en outre de réalisation
technique délicate). Mais ils n’aident en rien au diagnostic de
tuberculose maladie et ne sont pas remboursés. En effet, un test
positif ne fait la différence ni entre ITL et tuberculose maladie,
ni entre infection ancienne et infection récente. On ne peut donc
affirmer le diagnostic de tuberculose devant un test positif, et
celui-ci peut même égarer le diagnostic (par exemple, d’une part,
un cancer bronchique et, d’autre part, une ITL et un test positif).
Inversement, il y a aussi des tests faussement négatifs. Une étude
indique que, dans au moins 25 % des cas, les tests de libération
sont négatifs au cours d’une tuberculose maladie chez les sujets
âgés. C’est pourquoi le domaine d’application d’une IDR ou d’un
test de détection d’interféron est le diagnostic des ITL en vue
d’un traitement préventif.
Intérêt dans le dépistage d’une infection tuberculeuse
latente
Dans le cadre d’un suivi d’entourage autour d’un malade
contagieux, la détection d’une ITL a des limites chez la personne
âgée : tests potentiellement faussement négatifs chez les personnes
immunodéprimées ou dénutries, inversement tests positifs témoignant
d’une ITL ancienne fréquente à cet âge, IDR difficiles à réaliser
ou à lire, valeur prédictive de la survenue d’une tuberculose
ultérieure faible (entre 3 et 13 %), traitement d’ITL plus toxique
et avec davantage d’interactions médicamenteuses. Enfin, l’ITL
n’est pas un état contagieux. Aussi est-il préférable d’effectuer
un suivi clinique et radiographique thoracique durant les 2 années
suivant le contact afin de dépister des tuberculoses maladie
débutantes. Il y a une situation où il est recommandé de dépister
une ITL en vue de la mise en route d’un traitement : c’est juste
avant la mise sous un traitement immunosuppresseur, compte tenu du
risque important de transformation en tuberculose maladie. Cette
hypothèse est validée par les recommandations dans le cadre de la
mise en route d’un traitement anti-TNF. Ce dépistage n’est pas
mentionné pour la mise en route d’une corticothérapie, situation
relativement courante dans le grand âge : pourtant, le risque est
réel dans une population ayant une probabilité non négligeable
d’avoir été infectée antérieurement. À condition que le rapport
bénéfice/ risque d’un traitement préventif apparaisse favorable, on
peut discuter au cas par cas, même hors recommandation, de tester
les patients justifiables d’une corticothérapie et, en cas de
positivité, de démarrer un traitement d’infection latente,
idéalement 3 semaines avant l’instauration de la corticothérapie et
après avoir vérifié la normalité de la radiographie thoracique. Les
tuberculoses « anciennes » en rémission spontanée justifient un
traitement de type préventif, mais seulement si on est certain de
leur inactivité et en dehors de facteurs de risque
d’intolérance.
Diagnostic microbiologique
C’est la base du diagnostic de tuberculose maladie. Si le
patient est capable d’expectorer, parfois avec l’aide d’un
kinésithérapeute, le prélèvement spontané est préférable au tubage.
La bactériologie des crachats n’est pas toujours de réalisation
facile. Mais il est préférable d’éviter le recours à la technique
des aérosols hypertoniques, qui non seulement est désagréable mais
peut rendre contagieux un patient qui ne l’était pas beaucoup.
Concernant le diagnostic bactériologique, la technique de PCR est
plus sensible que l’examen microscopique direct : on peut avoir un
examen direct négatif et une PCR positive.
Elle n’est pas recommandée systématiquement mais, dans des cas
douteux ou difficiles, elle peut faire avancer le diagnostic
chronologiquement sans avoir à attendre la culture. Toutefois, les
nouvelles techniques de culture en milieu liquide permettent des
rendus de culture à 10 jours et non plus à 1 mois. Il est à noter
qu’on reçoit maintenant le résultat en quelques jours de mutations
de résistances aux antituberculeux, INH en premier lieu, sans
attendre le résultat de l’antibiogramme (1 mois). Certes les
patients âgés ont moins souvent de résistances que les plus jeunes,
à moins d’avoir déjà été traités par antituberculeux dans le passé,
être originaires de pays où les tuberculoses sont résistantes, ou
encore avoir été sujet contact d’un malade dont les bacilles
étaient résistants. Autre intérêt : la probabilité d’une
sensibilité du germe à tous les antituberculeux permet d’éviter de
prescrire de l’éthambutol dans le traitement initial.
Situations particulières
Tuberculoses extrarespiratoires
Elles représentent environ 30 % des tuberculoses et méritent des
investigations spécifiques dans l’optique d’un diagnostic précoce
:
– prélèvement avec recherche de BK et, selon les localisations,
analyse histologique : écrouelle, localisation plus ou moins
évocatrice et plus ou moins facile à ponctionner (plèvre, moelle,
LCR, ganglion, os, etc.) ;
– PET Scan, fond d’oeil (en cas de miliaire).
Pneumopathie traînante
Toute pneumopathie qui dure anormalement peut être une
tuberculose. Il faut savoir y penser même en cas de fausses routes
et s’appuyer le plus précocement possible sur une imagerie à la
recherche de signes compatibles avant de prescrire à l’aveugle une
fluoroquinolone en seconde ligne qui, en tant qu’antituberculeux
mineur, risque de négativer la recherche de BK.
Et le traitement d’épreuve ?
L’épreuve thérapeutique reste une technique diagnostique chez un
patient âgé fragile non explorable et dont l’état s’altère sans
diagnostic alternatif évident. Encore faut-il suivre une
méthodologie rigoureuse sur une durée d’un mois avant de conclure à
son efficacité ou non.
Traitement
Il n’existe que peu d’études spécifiques sur le traitement de la
tuberculose chez les sujets âgés. Le traitement standard de la
tuberculose maladie en France repose sur les recommandations
officielles.
Celles-ci ne prévoient pas de cas particulier pour la personne
âgée. L'âge en soi ne modifie donc pas le traitement. Mais il peut
amener à des réflexions thérapeutiques.
Actuellement, le traitement standardise repose sur un schema de
6 mois avec :
– 2 mois de phase d’induction en quadritherapie par isoniazide +
rifampicine + pyrazinamide } ethambutol ;
– 4 mois de bitherapie par isoniazide + rifampicine. Est-il
identique avec l’avancee en age ? Faut-il alleger ou simplifier le
traitement ? En tout cas, la duree totale de 6 mois doit rendre
tres vigilant !
Un double risque chez les patients âgés
Risque infectieux en cas de traitement
incomplet
Une mauvaise observance liee a des troubles de la memoire, de la
vision ou encore a des effets intercurrents tels qu’une confusion
ou une intolerance digestive est aussi favorisee par le nombre
eleve de comprimes a avaler.
Elle fait courir trois dangers :
– rechute ou recidive dont la probabilite reste faible et
l’impact limite ;
– selection d’une souche resistante ;
– surtout contagiosite prolongee et risque de transmission a autrui
(autres patients ou personnel).
Mauvaise tolérance
Le risque des effets secondaires hepatiques, renaux et
neurologiques est multiplie par 3. Principales raisons : les
maladies associees frequentes (insuffisance renale, hepatique,
neuropathie) et les medicaments associes responsables
d’interactions medicamenteuses. La toxicite essentielle pour tous
les antituberculeux est hepatique, se manifestant au depart par une
elevation des transaminases qui va necessiter une surveillance
majoree pendant toute la duree du traitement. Une elevation des
ALAT > 3 fois la normale doit conduire a verifier les doses
d’INH, a controler les medicaments associes eventuellement
hepatotoxiques (paracetamol, AINS, alcool…) et a surveiller de
maniere rapprochee. Si l’elevation des ALAT depasse 5N, il vaut
mieux interrompre tous les antituberculeux et les reintroduire sous
surveillance rapprochee en evitant le pyrazinamide.
Stratégie antibiotique de base
Éviter l’éthambutol autant que possible
Dans le traitement standard, l’ethambutol n’ajoute rien a
l’association isoniazide + rifampicine + pyrazinamide en cas de
souche multisensible. Il est seulement positionne en premiere
intention pour prendre en compte l’hypothese que le patient soit
porteur d’une souche resistante a l’INH. Quand on sait que la
souche est multisensible, le fait d’ajouter l’ethambutol n’ajoute
rien a l’efficacite de la tritherapie. Son indication est donc
d’autant plus rare que, dans la majorite des cas, le risque de
resistance a l’INH est tres faible. En effet, chez les patients
ages, la tuberculose est le plus souvent une reactivation d’une
infection tuberculeuse ancienne qui n’a pas beneficie d’une
antibiotherapie a l’epoque. Il s’agit donc a priori d’une forme
sensible, ce qui permet d’envisager de ne pas utiliser l’ethambutol
de principe. Ce principe actuellement valable pourra evoluer avec
des patients migrants devenus ages, issus de pays ou il existe de
plus en plus de BK resistants.
Les 3 principaux antituberculeux utilisés
● Isoniazide (médicament principal)
L’INH est disponible par voies orale et veineuse. Il existe une
triple toxicite majoree dans le grand age : hepatique (risque
augmente par l’association avec la rifampicine), neurologique
peripherique (majoree par l’existence d’une neuropathie
peripherique et necessitant d’associer de la vitamine B6),
neurologique centrale (risque de convulsion, excitation, insomnie).
La toxicite etant dosedependante, la posologie chez les patients
ages ne saurait depasser 4 mg/kg (entre 3 et 4).
● Rifampicine
Elle est disponible par voies orale et veineuse. Les deux
principaux problemes sont la majoration de la toxicite hepatique de
l’INH et la frequence des interactions medicamenteuses avec les
medicaments frequemment prescrits dans le grand age : AVK,
corticoides, etc. La posologie est de 10 mg/kg.
● Pyrazinamide
Utilise a la dose de 25 a 30 mg/kg, c’est le plus hepatotoxique
des trois antituberculeux majeurs. La toxicite est cumulative et
s’exprime surtout apres 2 mois de traitement. Dans le schema
habituel, il est arrete au bout de 2 mois. L’hyperuricemie est
constante, le plus souvent asymptomatique. Les arthralgies sont
tres frequentes, mais le plus souvent sans lien avec
l’hyperuricemie : les crises de goutte sont rares.
Et quand une de ces 3 molécules ne peut être utilisée
?
Les recommandations stipulent que, des que l’on n’utilise pas de
molecule de 1re ligne, il faut augmenter la duree du traitement :
augmentation a 9 mois en cas de contre-indication a l’isoniazide ou
au pyrazinamide, a 12 mois en cas de contre-indication a la
rifampicine. Quant au choix des medicaments, des lors qu’un des 4
antituberculeux majeurs est contre-indique ou doit etre arrete
prematurement, les recommandations prevoient un schema
therapeutique ayant recours aux 3 restants, voire a l’historique
streptomycine (faisant aussi partie des 5 antituberculeux majeurs
de 1re ligne). Dans tous les cas, l’appel au specialiste est
necessaire afin d’evaluer si des medicaments antituberculeux
mineurs tels que l’amikacine (plutot que la streptomycine) ou les
fluoroquinolones ne peuvent pas avantageusement etre essayes pour
ameliorer le rapport benefice/ risque. Quoi qu’il en soit, le
clinicien se retrouve piege entre un risque de recidive
tuberculeuse accru en cas de sous-traitement et un risque iatrogene
majore par une duree de traitement prolongee.
Comment faciliter la conduite du traitement ?
Réduire durée et dose ?
● En phase d’induction : tous les auteurs s’accordent a
preconiser constamment une duree de 2 mois pour une tritherapie,
l’ethambutol etant souvent non necessaire chez les patients ages.
Pendant cette periode, le nombre de prises peut etre diminue afin
de faciliter l’administration des antituberculeux, tout en
permettant une baisse significative de l’inoculum. Il existe ainsi
des schemas recommandes notamment par l’American Thoracic Society
(ATS) qui preconisent la prescription pendant les 2 mois : – soit
de 3 prises hebdomadaires d’emblee ; – soit de 2 prises
hebdomadaires apres 2 semaines de prises quotidiennes.
● En phase de continuation : toutes les recommandations
internationales font etat de 4 mois de bitherapie a condition qu’il
y ait eu 2 mois de tritherapie initiale avec les 3 medicaments
principaux.
Neanmoins, certaines recommandations considerent la possibilite
d’arreter apres 2 mois de continuation si la culture est negative
ou si l’inoculum est considere comme faible(preuve d’une population
bacillaire peu importante). L’une d’entre elles (ATS) propose une
duree de 2 mois avec 3 prises par semaine de rifampicine-INH.
Faciliter la prise ?
Si le patient est en mauvais etat, un apport parenteral est
possible initialement (pas pour le pyrazinamide). Une sonde
gastrique se discute aussi. Les formes combinees (Rifater,
Rifinah), certes, permettent moins de comprimes, mais au prix d’une
adaptation posologique difficile a faire et necessitent de
recalculer en fonction du poids des patients. Enfin, plutot que de
delivrer le traitement a 6 h du matin, il est plus pertinent et
mieux tolere de l’administrer le matin en milieu de matinée (2
heures apres le petit-dejeuner).
Des traitements adjuvants ?
La vitamine B6 contribue a limiter la toxicite neurologique de
l’INH (neuropathie peripherique). La corticotherapie est validee
dans certaines indications : pericardite, meningite. Elle est
discutee en cas de pleuresie. Elle peut aider dans certaines formes
de tuberculose (miliaire disseminee, voire tuberculose
ganglionnaire) bien qu’elle n’ait jamais ete validee dans ces
indications. Le recours a l’heparinotherapie preventive en phase
initiale de tuberculose peut etre licite du fait du risque
thromboembolique accru. Mais attention a l’equilibration d’un
traitement AVK du fait de la rifampicine. Reste la question
fondamentale de la renutrition, souvent delicate a mettre en
oeuvre.
Faut-il isoler le patient et pendant combien de temps ?
La duree exacte de la contagiosite est difficile a estimer. Un
isolement respiratoire de 15 jours est la duree moyenne, surtout si
dans le service d’hospitalisation cohabitent des patients
immunodeprimes.
Cette duree est a porter a 3 ou 4 semaines chez des patients qui
ont des cavernes, qui toussent encore ou qui ont un inoculum tres
important au depart et selon les resultats des frottis sous
traitement. Dans le cas d’un patient suspect de tuberculose
pulmonaire sur l’argument de lesions parenchymateuses compatibles
et si, en depit d’un examen direct negatif, on est suffisamment
convaincu de la presomption diagnostique pour mettre en route un
traitement antituberculeux, il est logique de preconiser 15 jours
d’isolement. L’isolement pourra etre arrete si le BK n’a toujours
pas pousse au bout de 15 jours : en effet, si le diagnostic est
confirme par la suite, l’inoculum est probablement peu
important.
Questions spécifiques
Le traitement d’épreuve
Il n’y a pas de reponse tres claire a sa methodologie. Si un
traitement d’epreuve est debute, il doit etre parfaitement mene et
se faire avec des criteres stricts pour pouvoir juger de son impact
et de sa valeur diagnostique.
On peut proposer les principes suivants :
– prescrire une tritherapie initiale en se donnant les moyens
d’une bonne observance ;
– disposer de criteres pour juger de l’efficacite du traitement :
fievre, anomalie biologique, en sachant que la fievre peut
disparaitre aussi bien en quelques jours que bien plus lentement
;
– se donner un delai suffisant : si au bout d’1 mois aucun effet
benefique n’est observable, on peut considerer que la tuberculose
sensible n’est pas le bon diagnostic et donc arreter le
traitement.
Une tuberculose épiphénomène doit-elle être traitée
?
Si la tuberculose est un evenement parmi d’autres chez un
patient institutionnalise denutri avec d’autres pathologies
majeures et dont le pronostic global est pejoratif, on peut choisir
de ne pas traiter ou a la rigueur de prescrire une bitherapie pour
limiter sa diffusion dans un but de prevention d’une transmission
!
Copyright © Len medical, Gerontologie pratique, mai 2012
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