A.-P. BOURCIER,
Centre d’Imagerie Médicale Juras, Paris
L’engouement de la pratique sportive n’épargne pas les
femmes jeunes et moins jeunes. Les bienfaits du sport ne sont plus
discutés actuellement et on connaît ses effets positifs sur le
système cardiovasculaire et musculosquelettique. Toutefois,
certains sports favorisent la survenue de troubles urinaires à type
d’incontinence. Si le choix d’un sport est affaire de cas
individuel, il faut cependant privilégier les activités aérobiques
prolongées (faible impact) en recommandant la natation, la marche,
le vélo, le roller et la gymnastique douce.
Causes et fréquence de l’incontinence urinaire
L’incontinence urinaire de la femme reste de nos jours un
symptôme non déclaré et donc sous-évalué. Il a été récemment
reconnu et défini par l’OMS comme un handicap, au même titre que la
maladie de Parkinson ou l’athérosclérose. La prévalence de
l’incontinence urinaire (IU) dans la population féminine est de 10
% chez la femme jeune nullipare, augmente à 20-30 % dans la
population jeune active, pour atteindre 30 % chez la femme
nullipare sportive ; le pic de prévalence est observé à l’âge moyen
(40- 50 %), et sa fréquence augmente progressivement avec l’âge
pour atteindre 40-60 %.
Une femme sur deux au-delà
de 50 ans a présenté ou
présente des pertes urinaires incontrôlables et involontaires.
Il existe plusieurs types d’incontinence urinaire.
• IU à l’effort (IUE)
Elle est définie par la perte involontaire d’urine lors
d’efforts tels qu’éternuements, toux, sauts, soulèvements de
charges et non précédée de sensations de besoin ; elle est
provoquée par une augmentation brutale de la pression
intra-abdominale.
• IU par impériosité, urgenturie
Elle est définie par un désir soudain, impérieux et
irrépressible d’uriner même une faible quantité d’urine, et est en
rapport avec une contraction non inhibée vésicale. Certains
paroxysmes émotionnels (fou-rire, peur, orgasme), de même que
certaines affections neurologiques, peuvent être responsables de
fuites urinaires.
• IU mixte Elle est caractérisée par l’association IUE + IU par
urgenturie ; les deux forces d’expulsion (hyperpression et
contraction non inhibée) peuvent excéder les forces de retenue.
L’incontinence urinaire est donc multifactorielle et peutêtre
provoquée principalement par : les traumatismes obstétricaux,
certaines interventions chirurgicales génitourinaires, l’hérédité,
la ménopause, les troubles neurologiques, mais également les
activités sportives.
Sport et pathologie périnéale
La vogue de la nécessité d’une activité physique (AP) régulière
ne faiblit pas depuis son avènement il y a une trentaine d’années.
De multiples données scientifiques concluent à l’efficacité de l’AP
sur la morbidité cardiovasculaire globale. Toutes les activités
physiques qui allient un déplacement à pied sous les formes les
plus diverses (walking, footing, jogging) constituent un excellent
moyen pour acquérir et entretenir sa forme. En revanche, les études
portant sur les conséquences de l’AP et de l’activité sportive (AS)
sur le périnée en général et en particulier sur l’incontinence
urinaire, sont très récentes.
Rappelons que le périnée est un groupe musculaire qui soutient
tous les organes du petit bassin chez la femme (vagin, vessie et
rectum). Il se contracte volontairement et subit des dommages après
notamment les accouchements par voie naturelle, mais également lors
des augmentations brutales de la pression intraabdominale tels que
l’éternuement, la toux. De plus en plus, ce ne sont plus ces deux
facteurs qui amènent à consulter, mais les fuites survenant au
cours de la course, des sauts, des démarrages rapides, etc.
Une pathologie fréquente chez la sportive
La pathologie périnéale est sous-estimée et sa fréquence est
beaucoup plus importante qu’il n’est admis dans le public et même
dans le milieu médical. Le nombre de jeunes femmes et même de
jeunes nullipares se plaignant d’incontinence urinaire à l’effort
(IUE) au cours de la pratique d’une AP ou d’une AS (soulever
rapidement une charge, sauter, courir, etc.) n’est pas négligeable.
Soixante et onze pourcent des femmes françaises aiment « bouger »
et se dépenser, mais saventelles que, lorsque le sport se conjugue
au féminin, il peut aussi parfois causer des problèmes telles que
fuites urinaires ? Les services spécialisés dans la prise en charge
de l’IUE et des troubles de la statique pelvienne sont amenés à
recevoir de plus en plus souvent des jeunes femmes de haut niveau
sportif, mais également des jeunes accouchées dans le cadre de la
reprise d’une gymnastique abdominale, et surtout des femmes
assurant une pratique physique régulière (adeptes de la musculation
et de l’aérobic). On peut donc penser que la pratique sportive,
surtout intense ou très régulière, peut aggraver une pathologie par
ailleurs déjà fréquente chez la femme, en raison de son anatomie
spécifique et surtout du « traumatisme » obstétrical. Il existe peu
de données dans la littérature internationale concernant les
corrélations entre l’existence de fuites urinaires et le type de
sport pratiqué (sport porté ou non porté), le niveau de pratique,
l’âge d’apparition des premiers signes, le retentissement des
fuites en termes de volume d’entraînement et de résultats. Les
études sont toutes récentes et ont débuté dans les années 1990.
Les données de la littérature
• Dans l’étude Nygaard et coll.(1) chez 156 sportives
nullipares, il existe un taux de 28 % de fuites urinaires durant
l’exercice physique. Les sports les plus concernés sont la
gymnastique (67 %), le basket-ball (66 %), le tennis (50 %), le
hockey (42 %), la randonnée (29 %), la natation (10 %), le
volley-ball (9 %), le softball (6 %) et le golf (0 %).
• Caylet et coll.(2) révèlent, dans une étude comparative
réalisée chez un groupe de 157 athlètes de haut niveau versus 426
sujets contrôles, une grande prévalence de l’incontinence urinaire
chez les sportives : 28 % contre seulement 9,8 % chez les témoins,
avec une différence significative. Les fuites surviennent
majoritairement en seconde partie d’entraînement ou de
compétition.
• Thyssen et coll.(3) ont recueilli 291 réponses d’athlètes
féminines de haut niveau issues de huit sports différents :
– 51,9 % ont déjà présenté des fuites urinaires, 43 % durant la
pratique du sport et 42 % durant leurs activités quotidiennes
;
– parmi les femmes incontinentes pendant l’exercice physique, 9,6 %
l’étaient fréquemment, 46,4 % de temps en temps, 44 % rarement
;
– les sports les plus à risques de fuites étaient la gymnastique
(56 %), la danse (43 %), l’aérobic (40 %), le badminton (31 %), le
volley-ball (30 %), l’athlétisme (25 %), le handball (21 %), le
basket-ball (17 %) ;
– c’est durant les entraînements que les athlètes étaient le plus
souvent sujettes à ces troubles (95,5 % des incontinentes le sont
pendant l’entraînement versus 51,2 % en compétition) et l’activité
la plus à risque était le saut.
• Bourcier et Juras (NeuroUrol Urodyn 1990) ont évalué la
fréquence de l’IUE dans une population de femmes 12 mois après leur
premier accouchement ; 66 % signalent que leur IUE est directement
apparue après la reprise d’une activité sportive. Parmi ces
activités, on retrouve dans 56 % des cas la gymnastique en salle
type aérobic, 24 % le jogging et 20 % le tennis.
• Les chiffres de Thyssen et coll.(3) sont parlants : sur 291
réponses d’athlètes féminines de haut niveau, 51,9 % ont déjà
présenté des fuites urinaires et seulement 5 % de ces sportives en
avaient informé leur médecin lors d’une consultation.
• Une étude réalisée aux États- Unis chez de jeunes athlètes de
l’Illinois (Urol Nurs 2007) afin d’évaluer la prévalence et la
connaissance des jeunes femmes face à ce trouble est éloquente :
plus de 25 % des participantes ont déjà fait l’expérience de
fuites, plus de 90 % n’en n’ont jamais fait part à personne car
elles n’ont jamais été informées de quelconques mesures
préventives. 16 % déclarent que ces incontinences ont un impact
négatif sur leur qualité de vie.
• Une enquête de Salvatore et coll.(4) chez 679 femmes sportives
de loisir a révélé des fuites urinaires chez 101 d’entre elles
(14,9 %). Parmi celles-ci, 31,7 % se plaignaient de fuites durant
l’exercice physique uniquement, 47,5 % durant les activités
quotidiennes seulement et 20,8 % dans les deux circonstances. Les
fuites urinaires ont contraint 10,4 % des athlètes incontinentes à
abandonner leur sport favori et près de 20 % à diminuer leur
cadence d’entraînement.
• Dans une étude rétrospective (Int Urogynecol J Pelvic Floor
Dysfunct 2008) réalisée chez des trampolinistes suédoises de loisir
et de compétition, Eliasson et coll. ont établi que la prévalence à
10 ans de l’incontinence urinaire chez ces sportives était plus
élevée que la moyenne et que les facteurs de risques de fuites
étaient l’entraînement intensif et les années de pratique après la
ménarche.
• La pratique sportive, surtout intense ou très régulière, peut
aggraver une pathologie par ailleurs déjà fréquente chez les
femmes.
• Au même titre que les femmes qui portent des charges lourdes,
celles qui pratiquent certains sports fragilisent leur plancher
pelvien. L’incontinence urinaire de la sportive n’est pas le fait
de traumatismes directs du périnée, mais est essentiellement due à
un mécanisme indirect d’hyperpression.
Lien entre incontinence urinaire et sport
Lors de la course à pied et du saut, la pression verticale de
pesanteur s’exerce d’autant moins sur le périnée que les parois de
l’enceinte ont une bonne musculature tant abdominale que pelvienne.
Chez les femmes sportives, lorsque la paroi abdominale est très
tonique, la tension abdominale est une source de pression « vers le
bas », en direction du plancher pelvien. Les exercices physiques
qui occasionnent des sauts répétés ajoutent une pression abdominale
pouvant être multipliée par 10. Cette mécanique d’hyperpression
intraabdominale influe, à terme, sur la statique pelvienne et finit
par produire un déséquilibre entre une sangle abdominale trop
puissante et un plancher périnéal insuffisamment musclé, favorisant
des « fuites urinaires » d’effort (figure 1).
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Figure 1. Les contraintes de pression
intra-abdominale sur le plancher pelvien chez la femme
sportive.
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Les sports sont classés en sports d’endurance, de résistance ou
mixte (isotonie ou aérobie et isométrie ou anaérobie). C’est à
partir de la relation entre les exercices susceptibles d’affaiblir
le périnée et le risque de créer une IUE, qu’il a été proposé par
Bourcier (Clin Sports Med 1994) une classification des sports
entraînant une IUE, fondée sur la relation avec une augmentation de
la pression intra-abdominale (force dirigée vers le bas en
direction du périnée). En effet, la pression de repos (debout,
marche) peut être multipliée par 10 dans le saut !
Certains sports plus que d’autres créent des pressions
verticales et sont plus susceptibles de faire apparaître une
IUE.
Classification des sports : relation entre le type d’activité
sportive et le risque d’incontinence d’après Bourcier (1994)
– Groupe 1 : sports à haut risque : athlétisme (saut de haies/en
hauteur, triple saut) ; gymnastique (exercices acrobatiques, barres
asymétriques, trampoline) ; basketball/ volley-ball ; équitation ;
sports de combat.
– Groupe 2 : sports à risque modéré : tennis ; ski ; jogging.
– Groupe 3 : natation ; vélo ; patinage/roller ; golf.
L’association de certains facteurs rend le périnée
particulièrement vulnérable et devient responsable de l’apparition
des troubles urinaires. En dehors des accouchements par voie
vaginale et des perturbations hormonales, il existe des
prédispositions familiales (hérédité) et des anomalies anatomiques
congénitales (faiblesse périnéale de naissance). Aussi, lors des
activités sportives (saut, course), la pression engendrée par la
pesanteur s’exercet- elle d’autant moins qu’il existe une bonne
tonicité périnéale et abdominale. Mais lorsque le périnée est moins
tonique (constitution) ou affaibli (accouchement/ chirurgie), les
à-coups de pression intra-abdominale survenant dans les sports,
vont s’ajouter à la très grande tonicité de la paroi abdominale des
sportives (abdominaux « béton »). En effet, chez les femmes
sportives, cette tonicité excessive de la paroi abdominale aggrave
les contraintes de pression vers le bas sur les organes (vagin,
vessie et rectum). Ce mécanisme peut expliquer pourquoi on assiste
de plus en plus souvent à des prolapsus même chez les très jeunes
femmes nullipares ; généralement, ces femmes pratiquent soit un
sport du groupe 1 soit une activité plus de 5 heures par semaine.
Cette hypothèse fournit une explication possible à la recrudescence
des anomalies de la vulve chez la jeune femme tels que bruits d’air
vaginaux, écoulement d’eau après une immersion. Le sport ne crée
pas la fuite urinaire mais il la révèle. Certains sports plus que
d’autres entraînent des pressions excessives sur le petit bassin
féminin ayant pour conséquence cette « nouvelle » pathologie
périnéale.
Quel traitement proposer ?
L’essentiel de la prise en charge consiste en une meilleure
information du grand public.
Il est nécessaire de l’informer :
– des sports à risque ;
– de la structure et du rôle de la sangle périnéale, plutôt néfaste
;
– de la structure et du rôle du plancher pelvien, plutôt protecteur
;
– de la nécessité d’en parler à son médecin traitant ou à son coach
;
– de l’existence de solutions à ce trouble.
Les femmes présentant des fuites dans la vie de tous les jours,
et en particulier à la pratique sportive, relèvent de la prise en
charge habituelle de toute incontinence urinaire d’effort. Celles
qui n’ont des fuites que lors de l’activité sportive sont souvent
tentées d’abandonner leur sport. La poursuite d’une activité
physique modérée est pourtant associée à une réduction des
accidents de fuites urinaires. Il existe des solutions pour celles
qui souhaitent préserver leur activité. Il est nécessaire d’évaluer
le retentissement des fuites de façon objective grâce à un
questionnaire de qualité de vie standardisé.
Le traitement médical
Le traitement médical interfère avec le tonus urétral, mais les
thérapeutiques à base d’éphédrine, duloxétine et imipramine sont
contre-indiquées chez tout sportif compétiteur et amené à subir des
contrôles antidopage.
La rééducation
• Rééducation comportementale
Elle repose sur la prise de conscience du schéma corporel et de
la modification des habitudes mictionnelles de la patiente. La
patiente « réapprend » à inhiber une contraction vésicale et donc à
pouvoir se retenir plus longtemps. La modification des
comportements et des habitudes alimentaires peut représenter une
option thérapeutique pour les patientes souffrant d’IU par
impériosité.
• Rééducation périnéale
La rééducation périnéale doit réveiller et améliorer la
contraction de la musculature striée du périnée, à commande
volontaire, en particulier le sphincter strié de l’urètre et les
muscles releveurs de l’anus. Elle doit également apprendre à la
patiente à éviter la fuite, en suppléant l’affaiblissement du tonus
basal et de la contraction réflexe par la contraction volontaire du
périnée pratiquée avant et pendant tout effort. C’est ce que l’on
appelle l’acquisition de l’automatisme du verrouillage périnéal.
Les différentes techniques de la rééducation périnéale ont pour but
d’aider la femme à prendre conscience de sa musculature périnéale,
à la fortifier (par l’électrothérapie et les techniques actives) et
à la rendre capable de la contracter volontairement (par des
techniques actives seules).
Les techniques de rééducation utilisées sont l’électrothérapie,
le biofeedback et la kinésithérapie.
– Le biofeedback est une technique plus récente qui permet une
prise de conscience de la fonction périnéale ou
vésicosphinctérienne. Il repose sur l’intégration du réflexe
inhibiteur (IU par impériosité) et l’apprentissage du verrouillage
périnéal avant l’effort (IUE) (figure 2).
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Figure 2. Le verrouillage périnéal à l’effort
ou « Knack Technique ».
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Ces techniques sont les plus utilisées chez les femmes sportives
du fait d’une perturbation de la fonction périnéale : plus grande
tonicité, voire hypertonicité abdominale et difficulté à isoler les
muscles du périnée comparativement à la femme non sportive
(paradoxe).
– L’électrostimulation est utilisée pour la phase prise de
conscience, la diminution des contractions non inhibées vésicales
ainsi que le renforcement du mécanisme sphinctérien. Les courants
spécifiques à ce type de rééducation sont appliqués par voie
endocavitaire (sondes) ou extracorporelle (magnétique). Les sondes
utilisées chez ces patientes jeunes, souvent nullipares sont très
spécifiques. Dans la mesure où de nombreuses patientes sont très
jeunes, voire nullipares, nous préférons, en cas de nécessité de
recourir à l’électrostimulation, utiliser la technique de
stimulation magnétique sans sonde endocavitaire (figure 3).
– Les aides à la continence, solutions palliatives grâce aux
protections absorbantes, peuvent être proposées aux patientes
incontinentes en postopératoire, grabataires ou en cours de
rééducation. Dans la mesure où 1 femme sur 4 est concernée par les
fuites urinaires, il est recommandé en début de traitement de
rééducation de choisir une protection discrète et efficace
spécialement conçue pour éviter les odeurs. Pour les sportives
occasionnelles ou les sportives non tentées par une sanction
chirurgicale, une solution de choix est celle de produits
absorbants, ou « protections » qui s’apparentent à des protections
périodiques tout en disposant de capacités d’absorption beaucoup
plus importantes et adaptées aux flux urinaires. Dans les cas plus
sévères, Bourcier a proposé leMAB Program qui est une méthode
dérivée du biofeedback avec télémétrie. Elle consiste en une mesure
des activités musculaires périnéales et abdominofessières en
enregistrant par un système EMG de surface les possibilités de
verrouillage périnéal lors des activités sportives. Ces
informations recueillies sont ainsi transmises à un écran de
contrôle qui permet à la patiente de visualiser les efforts de
pression intra-abdominale et de résistance périnéale en temps réel,
en position orthostatique et même en déplacement.
Le traitement chirurgical
Il n’était pas de règle dans notre expérience de plus de 15
années, de recourir à la chirurgie pour une jeune femme très
sportive, a fortiori nullipare, qui se plaint d’une IUE
exclusivement au cours d’une activité sportive.
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Figure 3. Stimulation magnétique sans sonde
endocavitaire, appelée « fauteuil magnétique ».
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Cependant, lorsque cette jeune femme, dont l’activité
professionnelle est le sport, est très gênée dans sa profession, on
est en droit de se poser la question : quelle technique
chirurgicale et quand ? Fort heureusement est apparue une chirurgie
non invasive : le soutènement sous-urétral par bandelette non
résorbable. Cette technique avec bandelette de Prolène bénéficie de
plus de 10 années de recul et de plus de 200 publications
scientifiques. La sécurité et l’efficacité du TVT et de toutes
autres interventions avec pose de bandelette sousurétrale ont été
évaluées par l’ANAES en 2002. Cette technique s’est progressivement
imposée comme une référence dans le domaine. La technique TVT
(Urogynecol J Pelvic Floor Dysfunct 2001) présente de bons
résultats chez les patientes ayant une incontinence urinaire
d’effort (75 % de réussite) (hypermobilité urétrale) associée à une
petite insuffisance sphinctérienne. Il faut savoir que la chirurgie
de la sportive de haut niveau est plus exposée à la récidive en
raison des pressions exercées lors de la pratique sportive.
Cependant, elle peut être proposée aux femmes « normalement »
sportives qui ne souhaitent pas changer d’activité physique et qui
respecteront cependant quelques règles de bon sens : respect
obligatoire de cessation de toute activité pendant un mois ; éviter
la répétition des sauts, la reprise de la rééducation en centre
très spécialisé pour celles qui restent avec une faiblesse
périnéale. La voie rétropubienne serait aussi celle qui serait la
plus dysuriante. Cette voie assurerait un meilleur soutien de
l’urètre, s’opposant plus efficacement et plus durablement aux
augmentations très importantes de pression générées par l’effort
physique. La technique TVT pourrait être à privilégier chez la
sportive comparativement à la technique TOT. De futures études
pourront peut-être valider cette hypothèse.
• La rééducation est toujours proposée en première intention,
mais est très délicate et doit être pratiquée par de véritables
professionnels de santé très spécialisés dans ce domaine. Les
résultats sont moins satisfaisants que dans la population non
sportive et même sédentaire.
• La chirurgie sera réservée à la femme sportive après une
explication des inconvénients et du respect de certaines règles de
vie.
Références
1. Nygaard IE, Thompson FL, Svengalis SL, Albright JP. Obstet
Gynecol 1994 ; 84(2) : 183-7.
2. Caylet N, Fabbro-Peray P, Marès P, Dauzat M, Prat-Pradal D,
Corcos J. Can J Urol 2006 ; 13(4) : 3174-9.
3. Thyssen HH, Clevin L, Olesen S, Lose G. Int Urogynecol J Pelvic
Floor Dysfunct 2002 ; 13(1) : 15-7.
4. Salvatore S, Serati M, Laterza R, Uccella S, Torella M, Bolis
PF. Br J Sports Med 2009 ; 43(14) : 1115-8.
Copyright © Len medical, Gynecologie pratique, septembre 2012
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Vos réactions |
Le périnée des sportives
Le 18 octobre 2012
Bravo à Alain Bourcier pour cet article fort pertinent. Il fallait le dire et l'écrire certainement.
Des kinés spécialisés en rééducation périnéale, il y en a et de bons, grâce à la formation continue.
Mais il y a encore trop peu de kinés qui s'intéressent à la prise en charge de l'enfant et pourtant ce n'est pas une mince affaire pour les médecins qui ne savent pas où les envoyer, pour les parents qui ne savent pas où aller et comment faire et surtout pour l'enfant qui souffre de sa pathologie, qu'elle soit fonctionnelle ou organique et pas prise suffisamment en charge.
Spécialiste de la rééducation pelvienne de l'enfant, auteure du livre "L'enfant propre mode d'emploi", je me propose pour écrire un article sur Jim qui est un site lu par de nombreux médecins et confrères.
L Poumarat
18 % des jeunes femmes sans enfants présentaient une IUE
Le 18 octobre 2012
Tout à fait d'accord avec la réaction précédente : merci à Alain Bourcier pour cette excellente étude.
Toutefois, la grande question à se poser serait : existe-t-il un état d'incontinence à l'effort (IUE) chez les femmes non sportives de moins de 25 ans n'ayant pas encore eu
d'enfants ?
Étant rééducateur cardio respiratoire, je m'étais intéressé en 1988 à cette question avec André Le Mer (Val-De-Grâce) pour tenter de comprendre le mécanisme de survenue d'une IUE chez des jeunes femmes consultants pour des encombrements broncho pulmonaires (dilatations de bronches [DDB] peu ou moyennement évoluées).
Nous avions fait une étude sur 120 cas chez des jeunes femmes consultant pour cette pathologie pulmonaire, et sur un groupe témoin constitué d'étudiantes en kinésithérapie volontaires n'ayant aucun signe de DDB ni de notion de consultations médicales régulières hormis pour une contraception orale.
A notre grande surprise, nous avions trouvé 18 % de jeunes femmes sans enfants présentant une IUE pour un effort physique modéré dans les deux échantillons de patientes.
Ce chiffre avait été également évoqué par une étude américaine vers 1989.
Peut être faudrait il reprendre une démarche analogue pour définir un profil à risques d'IUE, afin de conseiller, et ou éventuellement traiter avant d'envisager une pratique sportive soutenue ?
Christian Lacomère
Expert près la cour d'Appel de Versailles
Le sport, malheureusement, n’est pas fait pour la femme
Le 19 octobre 2012
Oui, vous avez raison il faut reprendre une enquête sur l'IUE chez les nullipares, car nombre de jeunes filles que j'ai eu en "éducation périnéale" avant de faire un enfant, avait un périnée à 2/5 ce qui est très faible pour une jeune personne qui n'a pas encore accouchée.
18 % ne me semble pas exagéré si l’on considère les jeunes filles atteintes de mucoviscidose et celles qui toussent sans pathologie (fumeuses par exemple).
A l’effort physique même modéré, des nullipares de moins de 25 ans ont une IUE, parmi elles : les constipées chroniques, les intestins irritables(SII) !
Au risque, de me faire « incendier » j’ose dire que le sport, malheureusement, n’est pas fait pour la femme. De part son anatomie il y a un risque majeur d’incontinence urinaire.
Tout à fait ok avec Christian Lacomère il est souhaitable de reprendre l’étude américaine pour définir le profil à risque chez les femmes avant de pratiquer un sport.
Merci à lui de me faire parvenir son étude (si possible)que je ne connais pas.
Lucile Poumarat : l.poumarat@free.fr
Ces hommes autour de mon périnée...
Le 30 octobre 2012
Messieurs n'oubliez pas les sages-femmes. Formées à la réeducation manuelle elles sont à meme de sensibiliser les femmes à la prise de conscience périnéale. Formées à la préparation à l'accouchement, elles ont de bonnes notions de yoga, de sophro donc de statique globale et de techniques respiratoires (principalement remettre en place une respiration inversée fréquente chez les sportives et ainsi diminuer les pressions abdominales à l'effort).Nous ne faisons pas de miracle et le recours à l'EST et l'avis du spécialiste ne nous sont pas etrangers. Mais tous ces hommes autour de mon périnée...J'en ai froid dans le dos.
Brigitte Tixier,sage-femme libérale à Orange
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