Après les fêtes, un Spécial régime…du New England Journal of Medicine

La difficulté dans les régimes amaigrissants réside dans le maintien sur le long terme de la perte de poids. Rares sont les régimes qui permettent une stabilisation de la perte de poids au-delà d’un an. L’efficacité de tel ou tel type de régime (pauvre en graisses, en glucides, riche en protéines…) reste débattue, les études rendant des résultats contradictoires probablement en partie par manque de puissance. Dans cet article, sont présentés les résultats de la phase de maintien pondéral, après perte de poids, d’une vaste étude randomisée multicentrique européenne appelée Diogenes (Diet, obesity and genes). Les patients inclus devaient avoir perdus au moins 8 % de leur poids initial après un régime hypocalorique (800 kcal par jour) pendant 8 semaines. Les participants étaient alors randomisés et assignés à l’un des cinq régimes suivants pendant 26 semaines dans le but de prévenir la reprise pondérale :

1/ régime pauvre en protéines et en glucides ;
2/ régime pauvre en protéines et riche en glucides ;
3/ régime riche en protéines et pauvre en glucides ;
4/ régime riche en protéines et en glucides ;
5/ régime contrôle (contenu protéique modéré, apport glucidique libre).

Parmi 1 209 patients sélectionnés (âge moyen 41 ans, IMC 34), 938 ont débuté le régime hypocalorique initial et parmi eux, 773 ont été inclus dans la phase de maintien pondéral ; 548 (71 %) ont terminé l’étude. La perte de poids initiale était en moyenne de 11 kg. L’analyse des résultats montre que seul le groupe 2 (régime pauvre en protéines et riche en glucides) était associé à une reprise pondérale significative de 1,67 kg (IC 95 % : 0,48-2,87). La reprise pondérale était moindre de 0,93 kg, dans les groupes avec régime riche en protéines par rapport à ceux pauvres en protéines (p=0,003) ; elle était moindre de 0,95 kg dans les groupes avec régime pauvre en glucides versus riche en glucides (p=0,003) [analyse en intention de traiter]. D’autre part, les sorties d’essai étaient moins nombreuses dans ces groupes.

Au total, il semble qu’un régime modérément riche en protéines et pauvre en glucides améliore la compliance au régime et permet le maintien de la perte pondérale, ce qui conduit à privilégier ce type de régime. Il faut noter cependant que le recul concernant le maintien de la perte pondérale dans cette étude est faible (26 semaines).

Dr Stéphanie Girard

Référence
Meinert Larsen T et coll. : Diets with high or low protein content and glycemic index for weight-loss maintenance. N Engl J Med 2010; 363: 2102-13.

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Vos réactions (1)

  • Et l'avenir ?

    Le 04 janvier 2011

    Le vrai problème des régimes est le long terme, d'abord pour ne pas regrossir, et les différences sont ici bien ténues, mais aussi et surtout d'aller bien à terme et de ne pas aboutir à un résultat opposé au but : être en bonne santé.

    Dr Bernard Maroy

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