Contre-pulsion intra-aortique et infarctus : des résultats contrastés

La survenue d'un choc cardiogénique compliquant un infarctus du myocarde (IDM) à la phase aiguë reste la cause principale de décès des patients hospitalisés pour cette pathologie. Bien que plusieurs études aient démontré le bénéfice apporté par la réouverture et le maintien ouvert de l'artère responsable, l'intérêt de la pose d'une contre-pulsion par ballonnet intra-aortique (CPBIA) chez les patients ayant bénéficié d'une reperfusion reste obscur. Une équipe s'est donc servie des données du registre « National Registry of Myocardial Infarction 2 » pour étudier les données de 23180 patients hospitalisés pour IDM et ayant présenté un choc cardiogénique à leur entrée ou au cours de leur séjour.

L'âge moyen des patients était de 72 ans, en majorité des blancs et pour 54% d'entre eux il s'agissait d'hommes. La mortalité totale des patients en choc cardiogénique était de 70%. Une CPBIA a été utilisée chez 7268 (31%) des patients. Son utilisation a permis de réduire significativement la mortalité des patients fibrinolysés (67% contre 49%) mais pas celle de ceux qui avaient bénéficié d'une angioplastie (45% contre 47%). En analyse multivariée, l'utilisation conjointe d'une CPBIA et d'une thrombolyse a diminué l'odds ratio des décès de 18% (odds ratio 0,82 ; intervalle de confiance [0,72 ; 0,93]).

Cette étude confirme le mauvais pronostic du choc cardiogénique post IDM et montre que la pose d'une CPBIA semble bénéfique aux patients fibrinolysés mais non aux patients ayant bénéficié d'une angioplastie à la phase aiguë. Ces résultats sont cependant à vérifier, puisqu'il ne s'agit que d'une étude d'observation.

B T


Barron et coll. : "The use of intra-aortic balloon counterpulsation in patients with cardiogenic shock complicating acute myocardial infarction : data from the National Registry of Myocardial Infarction 2." Am Heart J 2001;141 : 933-939. © Copyright Jim Online 2001.

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