Encore un mauvais point pour la supplémentation en vitamines B et oméga 3

Décidément, les modes diététiques du moment ont du plomb dans l’aile. Après le rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) qui, la semaine dernière, remettait en cause l’efficacité des régimes amaigrissants les plus en vogue, c’est au tour des vitamines B et des acides gras oméga 3 d’être sur la sellette.

Des études observationnelles avaient rapporté une association inverse entre les concentrations plasmatiques de vitamines B, acide folique et vitamine B 12, et les maladies cardiovasculaires. Dans ces travaux la supplémentation en vitamines B avait pour effet de diminuer de 25 à 30 % le taux sérique d’homocystéine, elle-même associée à une augmentation du risque de coronaropathie ou d’accident vasculaire cérébral. Plusieurs grands essais n’avaient toutefois pas réussi à apporter la preuve d’une efficacité significative, mais l’une des raisons pouvait être le manque de puissance statistique de ces études.

D’autres études observationnelles avaient aussi suggéré un effet protecteur cardiovasculaire des acides gras oméga 3, mais comme pour les vitamine B, les grands essais thérapeutiques n’ont pu jusqu’à présent en apporter la preuve.

Une équipe française publie ces jours-ci un nouvel essai randomisé, contrôlé, en double aveugle contre placebo, incluant plus de 2 500 patients suivis en moyenne  pendant 4,7 ans, essai intitulé SU.FOL.OM3, pour Supplémentation en Folates et Oméga 3.  Les patients ont tous des antécédents d’infarctus du myocarde, d’angor instable ou d’accident vasculaire cérébral ischémique et sont divisés en 4 groupes selon le traitement reçu.

Les patients recevant une supplémentation en vitamines B (n = 622) ont bien en effet une diminution du taux sérique d’homocystéine de 19 % par rapport au groupe recevant le placebo (n = 626), mais aucun effet significatif sur les évènements cardiovasculaires majeurs ne peut être relevé (HR = 0,90, IC 95 %, 0,66 à 1,23, p = 0,50). De la même façon, la prise d’oméga 3 augmente le taux sérique de 37 % mais sans effet non plus sur les évènements cardiovasculaires (HR = 1,08, IC 95 % 0,79 à 1,47, p = 0,64).

Les auteurs estiment que ces résultats ne vont pas dans le sens d’une recommandation de la supplémentation de l’alimentation en vitamines B et en acides gras oméga 3, en tous cas chez ce type de patients, après la phase aiguë d’un accident cardiovasculaire. Ils ne peuvent toutefois exclure que l’insuffisance des résultats ne soit liée à la durée un peu courte du suivi ou à des doses insuffisantes des vitamines et des acides gras oméga 3 administrés.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Galan P et coll.: Effects of B vitamins and omega 3 fatty acids on cardiovascular diseases: a randomised placebo controlled trial. BMJ 2010;341:c6273

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