La «prévention» du diabète de type 2 est possible chez les sujets prédisposés

La prévalence du diabète de type 2 augmente régulièrement dans les populations des pays développés, parallèlement à celles de l'obésité et de la sédentarité.
Le Diabetes Prevention Program Research Group, qui a son siège à Rockville aux USA, s'est attaqué au problème à la racine en testant contre placebo par une étude randomisée deux méthodes de « prévention », un traitement médicamenteux par metformine, biguanide utilisé depuis des décennies dans le diabète de type 2, et un changement du style de vie.
3234 sujets à haut risque de diabète de type 2 ont été inclus dans l'essai qui a duré en moyenne 2,8 ans. Il s'agissait de sujet d'âge moyen de 51 ans, ayant une glycémie à jeun entre 0,95 et 1,25 g par litre et une glycémie deux heures après une charge de 75 g de glucose situé entre 1,4 et 1,99 g par litre associées à un Indice de Masse Corporelle (IMC) de plus de 24. Le changement de style de vie était basé sur un programme intensif qui comportait un régime alimentaire destiné à faire perdre au moins 7 % du poids du corps et au moins 2 heures et demi d'activité physique par semaine.
L'incidence du diabète a été significativement réduite dans les deux groupes de traitement « actif » passant de 11 cas pour 100 personnes- années sous placebo à 7,8 sous metformine et 4,8 grâce au programme de changement de style de vie (soit une incidence respective à 3 ans de 28,9 %, 21,7 % et 14,4 %). Cette diminution du risque était partiellement corrélée à une baisse du poids de 2,1 kg en moyenne sous metformine et de 5,6 kg grâce au changement de style de vie contre 100 g sous placebo.
Notons que dans cette étude le diabète était défini par une glycémie à jeun supérieur à 1,26 g par litre ou une glycémie supérieure à 2g après charge en glucose en accord avec les critères de l'American Diabetes Association (ADA).
En fait il paraît difficile de parler comme les auteurs de véritable prévention du diabète. En effet dans la mesure ou l'intolérance au glucose et la glycémie à jeun sont comme toujours en biologie des variables discrètes au même titre que la pression artérielle, le passage à ce que l'ADA défini comme le diabète ne constitue pas un saut qualitatif véritable puisqu'il existe dans les faits un continuum entre les sujets dits normoglycémiques et les diabétiques.
Tout se passe comme si, la metformine et plus encore le changement de style de vie, sans doute essentiellement par l'intermédiaire d'une baisse du poids, contribuaient à ralentir l'évolution vers l'élévation de la glycémie chez des sujets prédisposés.

Dr Celine Dupin


Diabetes Prevention Program Research Group : "reduction of the incidence of type 2 diabetes with lifestyle intervention or metformin." N Engl J Med 2002; 346: 393-403. © Copyright Jim Online 2002.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article