La risperidone est efficace dans le traitement symptomatique de l'autisme

L'autisme est une affection psychiatrique chronique qui débute dans la petite enfance. Ses principales manifestations cliniques consistent en des troubles relationnels et comportementaux volontiers sévères qui vont de pair avec des perturbations du langage. A ces symptômes quasi-cardinaux, s'associent d'autres troubles, tels l'agressivité, les accès de colère et les comportements auto-agressifs qui compliquent singulièrement la prise en charge thérapeutique.

Les thérapies comportementales sont utilisées à des fins symptomatiques avec un succès variable qui n'a jamais d'ailleurs été validé par les essais contrôlés.

La pharmacothérapie de l'autisme s'est révélée plutôt décevante. Seul
l'halopéridol, un antagoniste puissant des récepteurs dopaminergiques
post-synaptiques, s'avère plus efficace qu'un placebo dans le traitement des troubles comportementaux les plus sévères, mais ses indications sont
restreintes, du fait de ses effets indésirables à court et long terme.

Les agents antipsychotiques récents, dits atypiques, sont des inhibiteurs des récepteurs dopaminergiques post-synaptiques ou sérotoninergiques qui sont mieux tolérés que les antipsychotiques plus anciens et les résultats obtenus dans la schizophrénie sont encourageants, en termes de rapport coût/efficacité. Qu'en est-il au cours de l'autisme et des syndromes apparentés ? C'est à cette question que répond un essai randomisé, mené à double insu contre placebo, dans lequel ont été inclus 101 enfants (82 garçons ; âge moyen, 8,8+/-2,7 ans),atteints de troubles autistiques, incluant des accès colériques, une agressivité et des comportements auto-agressifs. Des échelles spécifiques ont permis d'évaluer l'efficacité symptomatique de la risperidone : d'une part, le score d'irritabilité (Aberrant Behavior Checklist), d'autre part, la CGI-I (Clinical Global Impressions-Improvement).

Le traitement par la risperidone (0,5 à 3,5 mg/jour pendant 8 semaines, n=49) a entraîné une diminution du score d'irritabilité de 56,9 % (versus 14,1 % dans le groupe placebo, n=52, p<0,001). Le taux de réponses positives, définies par une diminution d'au moins 25 % du score précédent et une réponse significative sur l'échelle CGI-I (amélioration nette ou très nette) atteint 69 % sous risperidone (versus 12 % sous placebo, p<0,001).

Dans le groupe traité, il existe une prise de poids, de l'ordre de 2,7+/-2,9 kg (vs 0,8+/-2,2 kg dans le groupe placebo, p<0,001). Les évènements
indésirables les plus fréquents sous risperidone sont l'augmentation de
l'appétit, l'asthénie, la somnolence, les étourdissements et la salivation
excessive (p<0,05 vs placebo, pour chaque événement). Le bénéfice obtenu à 8 semaines se maintient à 6 mois dans 2/3 des cas (23/34).

Cette étude contrôlée aboutit à des résultats encourageants. La risperidone est à la fois efficace et bien tolérée dans le traitement de certains troubles liés à l'autisme, notamment, les accès de colère, l'agressivité et les comportements auto-agressifs. Des études à plus long terme s'imposent pour préciser son rapport efficacité/acceptabilité, notamment l'incidence des dyskinésies tardives.

Dr Peter Stratford


Research Units on Pediatric Psychopharmacology autism networks. "Risperidone in children with autism and serious behavioral problems." N Engl J Med 2002; 347: 314-321. © Copyright Jim Online 2002.

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