La toxine botulinique est un traitement de la spasticité après AVC

Chaque année, près de 750 000 Américains sont victimes d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Dans la plupart des cas, une spasticité résiduelle et invalidante se développe au niveau du membre touché par l'hémiplégie. La gêne porte sur l'habillage, la toilette et d'autres activités de la vie quotidienne.
Selon certaines études, la toxine botulinique de type A (TBA) diminue le tonus des muscles spastiques, mais les données démontrant l'utilité d'un tel traitement dans les suites d'un AVC constitué font défaut.

Une étude multicentrique, menée à double insu contre placebo, a évalué l'efficacité et l'acceptabilité d'une injection intramusculaire unique (200 à 240 unités) chez 128 malades atteints d'une hypertonie des muscles fléchisseurs du poignet et des doigts. Les critères d'évaluation primaires ont consisté en une auto-évaluation du handicap dans 4 domaines : hygiène personnelle, habillage, douleur et position du membre atteint. Une échelle à 4 points (de la gêne nulle à maximale) a été utilisée 6 semaines après le traitement. A l'état basal, chaque malade a choisi l'un des domaines précédemment définis où il existait un handicap modéré ou sévère qui a permis de définir l'objectif primordial de l'intervention thérapeutique.

Dans le groupe traité par la TBA, l'amélioration du tonus des muscles fléchisseurs du poignet et des doigts est supérieure à celle enregistrée dans le groupe placebo (p<0,001 pour toutes les comparaisons), ceci jusqu'à la 12ème semaine du suivi. Toujours dans le groupe traité, l'amélioration concernant la cible primordiale du traitement précédemment définie est supérieure à celle du groupe placebo, aux semaines 4, 6, 8 et 12 (p<0,001, p=0,03 et p=0,02, respectivement). A la 6ème semaine, 40 des 64 malades du groupe traité (62 %) (versus 17/62 dans le groupe placebo, 27 %), rapportent une amélioration d'au moins 1 point sur l'échelle d'évaluation du handicap pour ce qui est de la cible primordiale du traitement (p<0,001). Aucun effet indésirable majeur n'a été associé à l'injection intramusculaire de la TBA.

Cette étude contrôlée démontre que les injections intramusculaires de TBA sont capables de réduire significativement la spasticité du poignet et des doigts survenant dans les suites d'un AVC, laquelle contribue grandement à leur handicap et à la détérioration de leur qualité de vie. Elle marque un progrès considérable dans la prise en charge des AVC avec séquelles motrices.

Dr Peter Stratford


Brashear A et coll. Intramuscular injection of botulinum toxin for the treatment of wrist and finger spasticity after a stroke. N Engl J Med 2002; 347: 395-400. © Copyright Jim Online 2002.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article